Emirates a rétabli environ 91% de ses capacités opérationnelles d’avant le conflit au Moyen-Orient, selon son président Tim Clark. Lors de la conférence Routes World 2026, à Francfort, le dirigeant a souligné la résilience de la demande malgré la guerre avec l’Iran et la hausse du coût du carburant. Les revenus de la semaine précédant son intervention ont ainsi dépassé ceux de la période comparable de 2025.
« Les revenus que nous avons enregistrés la semaine dernière étaient supérieurs à ceux de la même semaine l’an dernier », a déclaré Tim Clark le 21 octobre, selon des propos rapportés par le site Emirates 27/7. Selon lui, la demande reste soutenue sur une grande partie du réseau d’Emirates. Ce niveau de capacité ne doit pas être toutefois confondu avec un taux de remplissage. Le constat commercial est néanmoins positif, alors même que l’environnement opérationnel demeure contraint, a indiqué le dirigeant.
Dans un entretien accordé au site The Points Guy, Tim Clark a souligné la solidité des marchés sur lesquels Emirates est traditionnellement présente. « La demande dans les différents segments sur lesquels nous sommes traditionnellement positionnés reste forte pour nous », a-t-affirmé. Le président d’Emirates a cité notamment Bangkok, où les vols de la compagnie de Dubaï restent pleins, pour illustrer cette résistance de la clientèle. Il estime également que la compagnie émiratie pourra rebondir rapidement lorsque les effets du conflit avec l’Iran s’atténueront.
Le carburant pèse sur les performances
Les revenus en hausse ne signifie pas que les conséquences financières du conflit sont effacées. Les prix élevés du carburant, les itinéraires modifiés et les réserves supplémentaires emportées à bord continuent de peser sur les coûts d’exploitation. « Sans le carburant, nous serions devant l’an dernier », a affirmé Tim Clark, mettant ainsi en évidence le décalage entre une activité commerciale solide et des dépenses opérationnelles accrues. Il n’a pas communiqué, dans les déclarations rapportées, de bénéfice actualisé ni d’évaluation globale du coût de la crise pour Emirates.
Le dirigeant a rappelé qu’Emirates a déjà traversé des périodes de pétrole très cher : « Le coût du carburant est un problème. Nous le savons. Nous avons déjà connu un baril à 140 dollars ».
Des avions repositionnés et davantage de carburant à bord
Pour maintenir son activité, Emirates s’appuie sur son centre de contrôle des opérations. Celui-ci permet de repositionner les avions, de retenir certains vols à différents points du réseau et d’adapter les rotations en fonction de l’évolution des menaces et des restrictions d’espace aérien.
Tim Clark a notamment cité des vols au départ de Paris à destination de Dubaï. Certains appareils ont emporté suffisamment de carburant de précaution pour pouvoir revenir à Paris plutôt que de poursuivre leur route vers un espace aérien potentiellement dangereux au Moyen-Orient. Cette marge de sécurité entraîne un coût supplémentaire, assumé par la compagnie émiratie.
« J’ai besoin que les avions soient en sécurité. J’ai besoin que les passagers soient en sécurité », a expliqué à AviationWeek le dirigeant, en évoquant ses consignes sur les dépenses de carburant. La protection des passagers, des équipages et des appareils prime, selon lui, sur ces surcoûts.
Un exercice 2025-2026 déjà record
Sur l’année close le 31 mars 2026, la compagnie de Dubaï a enregistré un chiffre d’affaires de 130,9 milliards de dirhams, soit 35,7 milliards de dollars, en hausse de 2%. Son bénéfice avant impôt a atteint 22,8 milliards de dirhams, soit 6,2 milliards de dollars, en progression de 7%. Il faut distinguer ces résultats de ceux d’Emirates Group, qui comprend également la filiale de services dnata et d’autres activités. Au total, le groupe aérien émirati a réalisé un chiffre d’affaires de 150,5 milliards de dirhams, soit 41 milliards de dollars, et un bénéfice avant impôt de 24,4 milliards de dirhams, soit 6,6 milliards de dollars, sur le même exercice.
La comparaison hebdomadaire évoquée par Tim Clark à Routes World 2026 constitue donc un indicateur récent de résilience commerciale. Elle ne permet pas, à elle seule, de conclure à une hausse des bénéfices sur l’exercice en cours. Les revenus restent soutenus, mais le coût du carburant et les contraintes opérationnelles continuent de peser sur la compagnie de Dubaï.

@Dubai Airports
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