Des créanciers de JetBlue ont sollicité des spécialistes de la restructuration, alors que l’action et les obligations de la compagnie américaine ont touché des niveaux historiquement bas. Alourdi par la flambée du kérosène, le transporteur poursuit son plan de redressement et sa montée en gamme.

Dette de JetBlue : les créanciers prennent conseil

La défiance des marchés place JetBlue devant une nouvelle épreuve. Selon le Wall Street Journal, un groupe de créanciers de premier rang travaille avec la banque d’affaires PJT Partners et le cabinet d’avocats Akin Gump Strauss Hauer & Feld. Bloomberg précise que ce groupe comprend des détenteurs de 2 milliards de dollars d’obligations arrivant à échéance en 2031 et des prêteurs au titre d’un emprunt garanti de premier rang de 742 millions de dollars. Ces conseils sont mandatés par les créanciers. Leur intervention traduit une volonté de défendre leurs intérêts face à la dégradation financière du transporteur, sans préjuger d’une restructuration judiciaire.

Le signal envoyé par les marchés reste sévère. Jeudi 22 octobre, l’action JetBlue a perdu près de 10%, terminant à 2,65 dollars, son plus bas niveau depuis l’introduction en Bourse de 2002.

Le kérosène absorbe la progression des recettes

Les résultats du deuxième trimestre illustrent le décalage entre la dynamique commerciale et la rentabilité. JetBlue a enregistré 2,697 milliards de dollars de chiffre d’affaires, en hausse de 14,5% sur un an, mais une perte nette de 247 millions de dollars, contre 74 millions un an auparavant. La perte d’exploitation a atteint 141 millions de dollars. Le carburant explique une large part de cette détérioration. Son prix moyen a augmenté de 76,3%, à 4,23 dollars le gallon américain. La facture trimestrielle a ainsi bondi de 80,7%, à 911 millions de dollars, tandis que les volumes consommés ne progressaient que de 2,5%. Malgré la hausse des recettes, la compagnie n’a donc pas compensé l’ensemble du surcoût énergétique.

L’endettement réduit sa marge de manœuvre. Au 30 juin, JetBlue affichait environ 8,5 milliards de dollars de dettes et d’engagements de location-financement, pour 1,66 milliard de trésorerie et équivalents de trésorerie.

JetForward : améliorer les recettes sans relâcher les coûts

Lancé en juillet 2024 sous la direction de Joanna Geraghty, le plan JetForward doit rétablir durablement les comptes en agissant sur le réseau, les coûts, la fiabilité opérationnelle et les produits commercialisés. En juillet dernier, JetBlue lui attribuait 470 millions de dollars d’amélioration cumulée du résultat d’exploitation avant intérêts et impôts. Ce montant mesure l’effet estimé des initiatives, et non un bénéfice effectivement dégagé par la compagnie. « Deux ans après le lancement de JetForward, nous sommes encouragés par les progrès accomplis et les résultats obtenus dans l’ensemble de l’entreprise », déclarait Joanna Geraghty dans le communiqué des résultats du deuxième trimestre.

BlueFirst, le pari d’une nouvelle cabine premium

Malgré les tensions financières, JetBlue poursuit sa montée en gamme. Le 15 octobre, elle a ouvert les réservations de BlueFirst, sa nouvelle première classe destinée aux appareils dépourvus de cabine affaires Mint. Le premier vol commercial est prévu le 8 décembre entre Boston-Logan et Fort Lauderdale, avant un déploiement progressif sur plus de trente liaisons proposées à la vente.

Cette cabine en configuration deux-deux disposera de sièges inclinables, d’écrans individuels de 13,3 pouces et de services prioritaires. Une prestation de repas est annoncée sur les vols d’au moins 899 miles. L’enjeu est de mieux valoriser chaque départ en captant une clientèle prête à payer davantage pour le confort, sans généraliser le produit Mint.

JetBlue renforce parallèlement Fort Lauderdale, où ses capacités ont augmenté de près de 40% sur un an au deuxième trimestre. Les résultats du troisième trimestre, attendus le 27 octobre, permettront de mesurer si ces leviers commerciaux et la discipline sur les dépenses suffisent à rapprocher la compagnie de l’équilibre, dans un environnement énergétique qui continue de fragiliser son redressement.

Des créanciers de JetBlue font appel à des spécialistes de la restructuration 1 Air Journal

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