Le tourisme vietnamien poursuit son expansion à deux chiffres. Selon les chiffres de l’Autorité nationale du tourisme du Vietnam, le pays a reçu environ 17,7 millions de visiteurs internationaux entre janvier et septembre 2026, soit une progression de 14,5% par rapport à la même période de 2025. Sur le seul mois de septembre, les arrivées ont atteint environ 1,77 million, en hausse de 16,1% sur un an.

À l’issue des neuf premiers mois, le Vietnam avait ainsi réalisé près de 71% de son objectif de 25 millions d’arrivées internationales pour l’ensemble de 2026. Le secteur vise également 150 millions de voyages touristiques domestiques. L’Autorité nationale du tourisme du Vietnam estime que ces objectifs restent atteignables. Elle compte notamment sur la haute saison de fin d’année et l’élargissement des marchés cibles pour soutenir les derniers mois de l’exercice.

La Chine et la Corée du Sud dominent, l’Europe accélère
La Chine et la Corée du Sud demeurent les deux premiers marchés émetteurs du Vietnam. Ensemble, ils représentent près de 40% des arrivées internationales, avec respectivement environ 3,9 millions et 3 millions de visiteurs sur neuf mois. Leur évolution diffère toutefois : les arrivées chinoises ont augmenté de 1,5%, tandis que celles en provenance de Corée du Sud ont reculé de 5,5%.

La croissance apparaît beaucoup plus marquée sur les marchés européens, dont la fréquentation progresse de 55%. La Russie se distingue avec environ 1,1 million de visiteurs et une hausse de 160,6%, ce qui en fait le troisième marché émetteur et le premier marché européen dans les statistiques nationales. Cette dynamique s’appuie notamment sur l’amélioration de la connectivité aérienne et sur une demande de séjours balnéaires, de vacances prolongées et d’évasion hivernale. Plusieurs marchés d’Europe occidentale contribuent également à la progression : les arrivées françaises augmentent de 13,6%, les arrivées allemandes de 16,1% et celles du Royaume-Uni de 9,7%. La Pologne affiche une hausse de 49%, devant la République tchèque, à 26,6%. 

Un rapport qualité-prix apprécié des professionnels du voyage
Pour les agences de voyages, l’attrait du Vietnam ne tient pas seulement à son accessibilité aérienne. « Je pense qu’il y a quand même un effet tarifaire et un effet de service », explique Jérôme Caro, dirigeant de l’agence de voyages Destino Mundo. Le professionnel met en avant un rapport qualité-prix favorable et « un niveau de service intéressant », dans un pays dont il conseille également la gastronomie : « Au Vietnam, on y mange bien ! »

La diversité culturelle entre le Nord, le Centre et le Sud permet aussi d’envisager plusieurs découvertes de la destination. « L’offre est assez riche pour faire au moins deux voyages, ça, c’est sûr, entre le Nord et le Sud », estime-t-il. Un parcours complet en un seul voyage reste possible, à condition de prévoir « une bonne quinzaine de jours ». Pour relier les principales étapes, Jérôme Caro privilégie volontiers l’avion au train de nuit. « L’avantage du Vietnam, c’est que les vols intérieurs ne sont pas chers », souligne-t-il. À l’inverse, sur des trajets comme Hanoï–Hué, le train présente, selon lui, « un confort très relatif » et peut se révéler « fatigant ». Après une croisière dans la baie d’Along, le voyagiste recommande ainsi de rejoindre directement l’aéroport, sans repasser par le centre de Hanoï : « Vous partez directement à la fin de votre croisière […] sur l’aéroport, donc vous ne rentrez même pas dans Hanoï. » Cette organisation permet d’enchaîner avec une étape dans le centre du pays en limitant les déplacements intermédiaires.

Entre incontournables et hors des sentiers battus
Les voyagistes français affichent à leur catalogue la destination, avec différentes approches, entre découverte des grands sites et itinéraires plus régionaux. Destino Mundo propose ainsi « Parenthèse vietnamienne, hors des sentiers battus », un circuit privé de 12 jours et 10 nuits. Le parcours associe Hanoï, une croisière dans la baie de Lan Ha, Hué et Hoi An, avant de rejoindre les hauts plateaux du Centre, avec des étapes hors des sentiers battus à Kon Tum, Pleiku et au lac Lak. Il conjugue ainsi plusieurs incontournables et une découverte de l’intérieur du pays. Autre exemple, les Maisons du Voyage commercialisent « Le Vietnam intime », un circuit accompagné de 15 jours et 12 nuits. L’itinéraire relie notamment Hanoï, Mai Chau, Ninh Binh, la baie d’Along, Hué, Hoi An, Hô Chi Minh-Ville et le delta du Mékong. Une formule qui permet de parcourir les trois grandes régions du pays en un seul voyage. Asia organise « Vietnam Essentiel », un circuit en groupe de 12 jours et 9 nuits. Le programme réunit les principales étapes d’une première découverte, de Hanoï à Saïgon, en passant par la baie d’Along et le delta du Mékong.

Le Vietnam se prête également aux circuits en groupe. Jérôme Caro souligne l’expérience du pays dans l’accueil de clientèles nombreuses, notamment chinoises : « Avant le Covid, ils ont quand même eu toute une vague de touristes chinois qui voyageaient massivement en groupe. » Le dirigeant de Destino Mundo apprécie également la disponibilité et l’amabilité du personnel touristique : « Ils sont toujours quand même serviables, toujours avec le sourire. »

L’avion, première porte d’entrée du pays
Au Vietnam, la dépendance du tourisme international à l’égard de l’aérien reste particulièrement forte. Sur les neuf premiers mois de l’année, 83,2% des arrivées étrangères ont été effectuées par avion, contre 15,4% par voie terrestre et 1,4% par voie maritime. L’offre de sièges et l’accessibilité des destinations vietnamiennes jouent donc un rôle déterminant dans la poursuite de la croissance touristique du pays.

Le développement de la fréquentation se retrouve dans les aéroports. Selon l’Autorité de l’aviation civile du Vietnam (CAAV), les plateformes vietnamiennes ont enregistré près de 102 millions de mouvements de passagers entre janvier et septembre, soit une progression de 12% sur un an. Le trafic international dépasse 39 millions de passagers, en hausse de 14%, tandis que le trafic domestique représente plus de 62 millions de passagers, en augmentation de 11%. Les compagnies vietnamiennes ont, pour leur part, transporté plus de 46 millions de passagers sur la même période, dont près de 15 millions sur les lignes internationales et plus de 31 millions sur le réseau intérieur.

Pour l’ensemble de 2026, la CAAV prévoit un marché aérien d’environ 94 millions de passagers, en hausse de 13%, et de plus de 1,6 million de tonnes de fret, en progression de 9,3%. Ces prévisions portent sur une autre mesure d’activité que le trafic aéroportuaire et ne doivent pas être comparées directement aux 102 millions de passages enregistrés dans les plateformes.

Des flottes et des infrastructures en développement
Les compagnies aériennes vietnamiennes poursuivent leurs projets de développement pour répondre à la demande. Selon la CAAV, Vietnam Airlines, Vietjet, Sun PhuQuoc Airways et Vietravel Airlines prévoient notamment d’ajouter des appareils, par achat ou location. L’autorité accompagne également l’organisation du programme de vols de l’hiver 2026-2027 et l’ajustement des paramètres d’exploitation des principaux aéroports.

Le renforcement des infrastructures constitue l’autre volet de cette stratégie. Près de Hô Chi Minh-Ville, le nouvel aéroport international Long Thành doit entrer en exploitation commerciale en décembre 2026 pour désengorger l’actuel aéroport Tân Sơn Nhât, selon le calendrier rapporté par Việt Nam News. Cette échéance reste un objectif de mise en service, et non une ouverture déjà acquise. Les préparatifs portent notamment sur la répartition des opérations et les connexions aux réseaux autoroutiers et ferroviaires. Les autorités accélèrent parallèlement le développement de l’aéroport Gia Bình de Hanoï. Elles mettent en avant la nécessité de mieux articuler les plateformes aériennes avec les autres modes de transport, afin de réduire la pression sur les aéroports existants et d’accompagner le développement économique des territoires.

Carburant et pointes de trafic : les fragilités de la croissance
La progression de la demande ne supprime pas les contraintes d’exploitation. La CAAV cite la volatilité des prix du carburant, les tensions géopolitiques et les perturbations des chaînes d’approvisionnement parmi les risques qui pèsent sur le secteur aérien. Ces facteurs peuvent compliquer l’augmentation des capacités et la maîtrise des tarifs. La gestion des périodes de pointe constitue un autre enjeu. Pour la fin de l’année et les congés du Têt 2027 (nouvel an vietnamien), l’autorité prévoit d’adapter les conditions d’exploitation des principaux aéroports et de coordonner les programmes de vols. Elle souhaite également encourager les compagnies aériennes à maintenir des tarifs raisonnables pendant les périodes de forte demande.

La priorité consiste ainsi à faire progresser simultanément les capacités de transport et la qualité de l’expérience touristique. L’Autorité nationale du tourisme met désormais l’accent non seulement sur le nombre de visiteurs, mais aussi sur l’allongement des séjours, l’augmentation des dépenses et la valeur ajoutée des prestations.

Voyage au Vietnam : l'essor du tourisme porté par l’aérien, malgré des tensions dans les aéroports 1 Air Journal

@Nina N./DR