La Federal Aviation Administration (FAA) impose des inspections de certains Boeing 787-8, 787-9 et 787-10 après avoir constaté l’absence de preuves attestant la réalisation de contrôles obligatoires de mastics dans le réservoir central de voilure, lors de leur fabrication. L’enjeu : prévenir l’apparition d’une source d’inflammation en cas de foudroiement. La mesure, qui concerne selon l’agence 60 appareils immatriculés aux États-Unis, entrera en vigueur le 7 décembre 2026.

Boeing 787 : des contrôles de production insuffisamment documentés

La décision porte sur un élément discret, mais important pour la sécurité des réservoirs du Dreamliner : les mastics appliqués à l’intérieur du caisson central de voilure. Dans une consigne de navigabilité publiée le 2 novembre au Federal Register, l’autorité américaine exige des inspections détaillées, des essais d’adhérence et, si nécessaire, des réparations sur les avions concernés. Cette directive, référencée 2026-22-05, vise certains exemplaires des trois versions du 787, et non l’ensemble de la flotte mondiale.

À l’origine de la mesure figure un signalement selon lequel certaines applications de mastic n’avaient pas reçu les inspections visuelles et les essais d’adhérence requis pendant la production. Dans sa réponse aux commentaires recueillis avant l’adoption du texte, la FAA précise le périmètre du problème : les appareils retenus sont ceux pour lesquels les éléments disponibles ne permettent pas d’établir que ces contrôles ont effectivement été réalisés. Il ne s’agit donc pas d’affirmer que tous les mastics de ces avions sont défectueux, mais de vérifier un état que les dossiers de fabrication ne suffisent pas à garantir.

Foudre et réservoirs : le risque identifié par la FAA

Le scénario redouté est celui d’un défaut de mastic favorisant l’apparition d’une source d’inflammation à l’intérieur du réservoir lors d’un impact de foudre. La FAA formule explicitement le danger : « Cette situation dangereuse, si elle n’est pas corrigée, pourrait entraîner l’apparition d’une source d’inflammation à l’intérieur du réservoir et un risque d’explosion du réservoir lors d’un foudroiement », indique l’agence dans sa consigne de navigabilité.

Quelles inspections pour les réservoirs du Dreamliner ?

Les opérations s’appuient sur le bulletin Boeing Alert Requirements Bulletin B787-81205-SB570053-00 RB, dans sa première édition datée du 5 novembre 2025. Elles visent des applications de mastic dans les zones de jonction entre la voilure et le fuselage, sur les parties gauche, droite et centrale, ainsi que dans les secteurs compris entre la nervure située au droit du flanc du fuselage et la nervure numéro 2.

Les techniciens devront rechercher les défauts du mastic et les dépressions de surface, puis vérifier l’adhérence des applications identifiées. Les anomalies découvertes devront faire l’objet des actions correctives prescrites, pouvant comprendre une réparation selon une méthode approuvée.

Un coût estimé à 2 890 dollars par avion, hors réparations

L’autorité américaine évalue les inspections et les essais d’adhérence à 34 heures de main-d’œuvre par appareil. Au taux retenu de 85 dollars de l’heure, le coût atteint 2 890 dollars par avion, soit 173 400 dollars pour les 60 appareils immatriculés aux États-Unis entrant dans son estimation. Ces 34 heures représentent une charge de travail : elles ne constituent pas une estimation de la durée d’immobilisation de chaque avion.

Ce chiffrage ne couvre pas les réparations qui pourraient s’avérer nécessaires. La FAA indique ne pas disposer de données suffisamment précises pour en estimer le montant. Selon les informations communiquées par le constructeur à l’agence, tout ou partie des coûts liés à la directive pourrait toutefois être pris en charge au titre de la garantie.

Une mesure ciblée, pas une inspection de tous les Boeing 787

Le chiffre de 60 appareils correspond à l’estimation de la FAA pour le registre américain, et non à un décompte mondial des Dreamliner potentiellement concernés. L’applicabilité technique de la consigne dépend de l’identification des avions dans le bulletin Boeing ; le texte ne fournit pas de ventilation par compagnie ni de total pour les autres registres.

Interrogée par la Foundation for Aviation Safety sur les pratiques actuelles de production, la FAA affirme avoir vérifié que les contrôles requis sont bien réalisés sur les avions situés hors du périmètre de cette directive. « La FAA a confirmé que les inspections des applications de mastic à l’intérieur du réservoir central de voilure sont effectuées pendant la production sur les avions auxquels cette consigne ne s’applique pas », précise l’autorité. La mesure vise donc à lever une incertitude sur une population déterminée d’appareils, tout en rétablissant la conformité des installations qui présenteraient des défauts.

Réservoirs du Boeing 787 : des contrôles de fabrication non vérifiés déclenchent une directive de la FAA 1 Air Journal

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