Boeing a franchi une nouvelle étape clé dans la certification du 737 MAX 10, plus grand modèle de la famille 737 MAX, en réussissant les essais de freinage « énergie maximale » (Maximum Brake Energy, MBE) sur la base d’Edwards, en Californie. Ce test spectaculaire, qui consiste à arrêter un appareil au poids maximal au-delà de 200 mph uniquement avec des freins usés, rapproche un peu plus le 737‑10 et le 737‑7 de leur certification attendue fin 2026.
Un 737‑10 lancé à 333 km/h… puis arrêté sur 3,3 km
À Edwards Air Force Base, dans le désert californien, un Boeing 737‑10 lancé à 180 nœuds, plein à son poids maximal de 197,900 livres (89,8 tonnes), a été stoppé sans l’aide des inverseurs de poussée, uniquement grâce à un nouveau système de freinage renforcé. L’essai MBE du 737‑10 a été conduit sur une piste de 15 000 ft (4 572 m) à Edwards AFB, base d’essais bien connue des programmes civils et militaires américains. L’avion de test a d’abord roulé environ trois miles au sol pour simuler un roulage classique du parking à la piste, une étape qui contribue à échauffer les freins avant même le début de la course au décollage.
Chargé à son poids maximal au décollage de 197 900 lb (89 765 kg), le 737‑10 a ensuite accéléré jusqu’à 180 kt, soit environ 333 km/h, avant que les pilotes d’essais ne coupent les gaz et n’appliquent uniquement les freins de roues. La distance d’arrêt a été d’environ 11 000 ft, soit un peu plus de 3,3 km, laissant une marge de sécurité appréciable sur la longueur totale de la piste. Le commandant d’essais Kevin Zeznick, aux commandes lors de l’essai, rappelle l’esprit de cette démonstration : « Les freins usés sont en réalité une exigence pour montrer le pire scénario possible. Nous chargeons l’avion au maximum et nous le faisons accélérer à la vitesse typique d’un décollage, puis nous prouvons qu’il peut s’arrêter et rester sûr. »
Des freins renforcés, avec un cinquième rotor
Pour tenir compte de la masse accrue et du fuselage allongé du 737‑10, Boeing a renforcé le système de freinage du 737 MAX et modifié le train d’atterrissage. Les freins carbone de la nouvelle version intègrent désormais un cinquième rotor et un tube de torsion allongé, afin d’augmenter la force de serrage et de réduire les distances d’arrêt.
« C’est clairement le frein le plus performant que nous ayons jamais installé sur un 737 », souligne l’ingénieur de conception Evan Preston. « Nous avons ajouté un cinquième rotor et un tube de torsion plus long pour obtenir davantage de force de freinage et de meilleures performances à l’arrêt. » Ces évolutions s’inscrivent dans la continuité des freins carbone de fournisseurs comme Safran Landing Systems, déjà largement présents sur les 737NG et 737 MAX.
Pour les compagnies aériennes, cette amélioration n’est pas seulement un gage de sécurité : « Pour chaque décollage, nous devons connaître précisément la performance de freinage afin de savoir que l’avion pourra s’arrêter même si quelque chose se passe mal », explique l’ingénieur de certification Colston Polly. « Tout gain de performance peut se traduire par un bénéfice pour nos clients, par exemple la possibilité d’emporter plus de passagers ou plus de fret. » Le 737‑10 est conçu pour accueillir jusqu’à 230 passagers, soit une dizaine de sièges de plus que le 737‑9, afin de mieux affronter la concurrence de l’Airbus A321neo sur le segment des monocouloirs à forte capacité.
Chaleur extrême, fusibles thermiques et attente de cinq minutes
Au point d’arrêt, l’équipage a maintenu l’avion immobile pendant cinq minutes, un délai qui correspond au temps de réaction pris en compte par la réglementation pour l’intervention des services de secours d’aéroport auprès d’un appareil immobilisé sur la piste. Durant cette période, la température des freins a dépassé 2 500 °F, soit près de 1 370 °C, valeur typique d’un essai MBE où l’énergie cinétique est intégralement dissipée par les ensembles roues-freins.
Les roues du 737‑10 sont équipées de multiples « fusibles thermiques » conçus pour fondre au‑delà d’une certaine température et libérer progressivement la pression des pneus, évitant ainsi leur éclatement brutal. Lors de cet essai, les quatre freins ont supporté la charge thermique maximale pendant les cinq minutes réglementaires avant que les pompiers n’interviennent pour arroser et refroidir les ensembles de freinage.
Observatrice au sol, l’ingénieure navigante d’essais Lauren Auerbach résume le résultat : « Les freins ont fonctionné comme prévu. Nous avons obtenu la pression de freinage attendue, l’énergie maximale sur les freins, et l’anti‑dérapage a également rempli son rôle. » Kevin Zeznick abonde : « L’accélération et les distances d’arrêt étaient très proches des prédictions. L’avion a vraiment très bien réagi. »
Deux fournisseurs de freins, deux essais séparés
Le programme 737 MAX fait appel à deux fournisseurs pour les freins, ce qui impose de dupliquer les essais d’énergie maximale afin de qualifier chaque matériel auprès des autorités de certification. Boeing a ainsi réalisé deux séquences MBE complètes, chacune avec un jeu de freins différent, pour démontrer la conformité de l’ensemble du système de freinage du 737‑10.
Après chaque essai, les équipes au sol ont levé l’avion au vérin, démonté les roues dégonflées et remplacé les freins et pneus par un nouveau jeu, permettant de dégager rapidement la piste et de remettre l’appareil en configuration de remorquage. Safran Landing Systems figure parmi les principaux fournisseurs de roues et freins carbone sur la famille 737NG/737 MAX, avec plusieurs milliers d’appareils équipés dans le monde, mais d’autres acteurs comme Collins Aerospace se partagent ce marché stratégique.
Selon Boeing, les deux essais ont atteint ou dépassé les performances prévues par les modèles de calcul internes, confirmant la robustesse de la nouvelle architecture de freinage. Ce succès intervient alors que le constructeur américain tente de restaurer la confiance autour de la famille 737 MAX, après plusieurs années marquées par les accidents, l’immobilisation mondiale de la flotte et de récents problèmes de qualité de production.
Une étape décisive vers la certification du 737‑10
Les essais MBE du 737‑10 s’inscrivent dans la phase finale de certification des deux derniers membres de la famille MAX, le 737‑7 et le 737‑10, dont l’approbation par la FAA est désormais visée « plus tard en 2026 » selon Boeing. Plusieurs compagnies, dont Ryanair, misent sur une certification au troisième trimestre 2026 pour pouvoir intégrer les premiers 737‑10 en flotte à partir de 2027, en remplacement ou en complément des 737‑800/8 existants.
Le 737‑10, motorisé par des CFM LEAP‑1B et doté d’un train principal modifié pour gérer la longueur accrue du fuselage, vise le segment des monocouloirs de 200 à 230 sièges, où l’Airbus A321neo et ses dérivés LR/XLR se sont imposés ces dernières années. La réussite des essais d’énergie maximale de freinage constitue un jalon indispensable avant la clôture des campagnes d’essais en vol et la finalisation de la documentation de certification par Boeing et les autorités.



Zobb737 a commenté :
7 mai 2026 - 9 h 50 min
Il sait s’arrêter, c’est bien! Bientôt il pourra même voler…
Test « redoutable, spectaculaire « … a commenté :
7 mai 2026 - 10 h 45 min
…qu’ont franchi toutes les versions de tous les appareils commercialisés par tous les constructeurs aéronautiques de la planète…
Rien de nouveau sous le soleil,donc!
Ah Bon ? a commenté :
7 mai 2026 - 12 h 22 min
Rien de nouveau ? Pour Boeing, oui, c’est nouveau.
Un appareil qui fonctionne, quia TOUS ses bouchons de porte, qui a un système de dégivrage qui fonctionne….
GVA1112 a commenté :
7 mai 2026 - 11 h 25 min
Il lui a fallu 3.30 km pour arrêter un avion … lancé à 333km/h.
Soit une perte d’environ 100 km/h par 1’000 m parcouru !! Pour une voiture, on compte à 100 km/h, un distance ~ 80-90 mètres.
Brrr, vous connaissez beaucoup de pistes et d’aéroports qui permettent de lancer l’avion à plus de 300km/h et de l’immobilier aussi …… lentement et sur une distance aussi grande (dans le cas d’un refus de décollage) !!
Dans 99.9% des cas, l’avion serait déjà dans les champs, sur une autoroute ou dans une zone habitable !!!!
La plus part de pistes sont entre 2.00 et 2.50 km de long.
Ce B737/10 n’est pas uniquement destiné pour des aéroports ayant de longues longues pistes.
Grinch' a commenté :
7 mai 2026 - 12 h 58 min
Bonjour GVA1112.
Dans un premier temps, je me suis fait la même réflexion que vous, puis j’ai compris que les 3300 mètres sont la distance totale en ajoutant l’accélération au freinage. Sinon ça fait effectivement très long pour uniquement freiner…
Pacolo a commenté :
7 mai 2026 - 13 h 48 min
Bonjour.
Ce test est réalisé en utilisant uniquement les freins de roues.
Lors d’un décollage avorté s’ajoute le ralentissement procuré par les inverseurs de poussée.
Et la vitesse pour rejeter un décollage c’est moins que la vitesse de décision V1 soit entre 120 et 140 nœuds, entre 220 et 260 km/h, bien moins que les 300 km/h de ce test de certification.
Il n’est pas possible de comparer des choux et des patates.
V1 a commenté :
8 mai 2026 - 8 h 28 min
La certification prévoit tous les cas , pas seulement les Londres Ibiza . Si tu décolles de LA PAZ en 14/32 au poids MAX tu es en limitation pneus soit autour des 180 kts .
GVA1112 a commenté :
8 mai 2026 - 12 h 09 min
Tout le monde se félicite d’un test ou :
– les freins sont super usés, donc invraisemblable dans la vraie vie,
– La vitesse de refus est 60% en dessous (250 km/h) donc on atteint jamais les 333 km/h, donc invraisemblable dans la vraie vie,
– On utilise les aérofreins des ailes et les inverseurs de poussée, donc on ne se retrouve jamais avec un seul dispositif (les freins), donc invraisemblable dans la vraie vie,
.. on se félicite pour RIEN !!
NOM a commenté :
7 mai 2026 - 11 h 33 min
le seul avion où il faut pousser sur le manche pour une remise de gaz ….
CHECK LAST a commenté :
7 mai 2026 - 12 h 00 min
L enclume freine !!…Incroyaaaaaaaable !!
Tu parles d un exploit !!….Je suis écroulé de rire
Et le comique toto le mytho va nous dire que cette daube est un avion ultra moderne un combo gagnant si associé au barbecue…
Cette casserole bas du cul et courte sur pattes est un 707 raccourci a 70 ans mais l illettré le trouve maaaaaaaaaaaaagnifique avec son nez agressif et si élégant !!!
Je suis écroulé de rire …
Pendant ce temps Airbus en à peine un mois vend presque 400 320 et 220 à 3 compagnies sans l aide d aucun chantage aux taxes d un président psycho et inculte !!…
La ringardise d un coté et l excellence de l autre !!
MoMoDeRabat a commenté :
7 mai 2026 - 15 h 05 min
Checklooser, votre message est un naufrage. Entre vos délires sur les casseroles et vos erreurs techniques énormes (confondre un 737 et un 707…), on finit par s’inquiéter pour votre santé mentale.On sent que vous n’êtes plus très lucide : votre haine pour Boeing tourne à l’obsession pathologique. À ce niveau d’agressivité et de délire, ce n’est plus un débat, c’est un appel à l’aide.
Lâchez un peu la bouteille et allez voir quelqu’un, car voir des complots et des “enclumes” partout, ça ne se soigne pas avec un verre d’eau. Reposez-vous, vous en avez manifestement besoin.
momodagdal a commenté :
8 mai 2026 - 9 h 35 min
Cheklooser a raison concernant le 737 qui est un fuselage du 707 raccourci . Et même fuselage pour le 727 …..
MoMoDeRabat a commenté :
8 mai 2026 - 11 h 57 min
🤣🤣🤣👏👏👏C’est amusant de vous voir recycler ce vieux cliché technique pour tenter de donner de la crédibilité au checklooser de service.
Vous savez ce qu’on dit : “Quand le sage montre la lune, l’imbécile regarde le doigt”. Ici, checklooser pointe du doigt des absurdités techniques, et vous, vous fixez le doigt avec admiration en répétant ses bêtises.
Confondre une section de fuselage héritée avec la conception d’un avion moderne, c’est comme dire qu’une Porsche est une Coccinelle parce qu’elles ont quatre roues. Soutenir quelqu’un qui ne sait plus aligner trois mots cohérents avec des arguments aussi limités, c’est vraiment toucher le fond du débat.
Tilo a commenté :
8 mai 2026 - 23 h 05 min
@Momo je ne sais même pas pourquoi tu répond à ses personnes là, la plupart d’entre eux sont des pro Airbus très chauvins qui travaillent dans l’aéronautique français, des employés et stagiaires d’Airbus donc tu te fatigue pour rien ils te donneront jamais raison .
MoMoDeRabat a commenté :
9 mai 2026 - 8 h 35 min
Tu as raison Tilo!
C’est le problème avec ces pseudo-experts d’Airbus : dès qu’on dépasse le stade du slogan chauvin, il n’y a plus personne. Entre le checklooser qui éructe des insultes de comptoir et ses acolytes qui se prennent pour des ingénieurs en chef parce qu’ils ont lu une brochure à Toulouse, on est en plein délire.
Comme dit le proverbe, quand le sage montre la lune, l’imbécile regarde le doigt. Ici, ils sont tellement occupés à se fixer le doigt qu’ils en oublient les bases de la physique. Je les laisse donc à leurs certitudes de vestiaire et à leur fanatisme ; après tout, s’ils ont besoin d’être aussi agressifs pour exister, c’est que leur expertise est aussi solide qu’une aile en carton.
Je vais suivre ton conseil et m’épargner cette fatigue, laissons-les entre “experts” de la bouteille leur donnant l’illusion d’une vie moins ….ique.
nom a commenté :
9 mai 2026 - 8 h 40 min
Pour avoir été CDB et instructeur 5 ans sur 737 je confirme que c’était une grosse m**** . Un bout de 707 sur lequel on a ajouté une aile épaisse qui buffetait haut dès .78 . Des gros coups de trim à chaque changement de régime ….
Autant j’ai aimé le 707 et le 747 , autant j’ai détesté le 737 .
NDR a commenté :
7 mai 2026 - 13 h 59 min
God bless America 🇺🇸 and Nike 👟 Europa 🇪🇺
Vive Boeing vive Airbus peace ☮️
D’ici quelques mois airbus va vouloir être achetée par boeing ou comac 😉
derner a commenté :
8 mai 2026 - 0 h 43 min
???
Checklist a commenté :
7 mai 2026 - 19 h 58 min
Ce 737MAX10 devrait enfin pouvoir être en service.
Il commence à bien se vendre un peu comme le 787-10 qui aurait eu son ”bump” de masse accrue (HGW)
(!) Notons que pour les remplacements des A320neo et 737 MAX on devrait normalement commencer à entendre parler des ces successeurs. 2030 d’ici deux ans une page passionnante devrait être écrite
Remplacement A320 Airbus VS remplacement 737 de Boeing…
Boeing ne sera pas plus devancé par un challenger d’un avion plus récent de 20 ans …
Ça veut dire quoi ?
Ça veut dire que Boeing à tout à gagner si il réussit mieux qu’Airbus. Déjà leader dans le long courrier avec ses avions phares (747, 767, 777, 787 et même le 777X) Airbus devrait être sous pression…
Les anti Boeing devrait commencer à s’inquiéter ou se rassurer. Seul le temps le dira…
NDR a commenté :
9 mai 2026 - 16 h 52 min
+1
Le Max7XLR se vendra comme des petits pains et le a319 a été euthanasier sans raison
Sont pas bons le bi de airbus : 4 avions projets qui ont bouffé un fric de fous et qui ont été euthanasier prématurément : a330neo800 , a380 , a340-500 , a319 etc…
Aïe a commenté :
8 mai 2026 - 11 h 41 min
C’est décidément de plus en plus moche le protoxyde d’azote.