Le fret aérien mondial a repris de la hauteur en avril 2026, après un trou d’air en mars lié au conflit au Moyen‑Orient. Selon l’ Association du transport aérien international (IATA), les volumes ont progressé d’environ 4% sur un an en avril, et restent en hausse de 3,6% sur les quatre premiers mois de l’année, au‑dessus déjà du record de 2025.
L’IATA rappelle que 2025 avait déjà marqué un sommet historique pour le fret, avec des volumes mondiaux au plus haut, portés par le e‑commerce et la demande de produits à forte valeur ajoutée. En 2026, la tendance demeure positive : sur la période janvier‑avril, le fret aérien mondial affiche une croissance de 3,6% en tonnes‑kilomètres de chargement par rapport à la même période de 2025.
Le mois d’avril confirme ce rebond, avec une hausse d’environ 4% des volumes transportés par rapport à avril 2025, après une contraction de 4,8% en mars, au démarrage de la guerre au Moyen‑Orient.
Effet Moyen‑Orient : du choc de mars au rebond d’avril
En mars, les grands hubs du Golfe avaient été durement touchés par la fermeture ou la restriction de certains espaces aériens, entraînant une chute de 4,8% de la demande globale de fret. L’IATA expliquait alors ce recul par « les graves perturbations dans les grands aéroports pivots du Golfe en raison de la guerre au Moyen‑Orient », combinées à l’effet saisonnier du Nouvel An lunaire en Asie.
En avril, le marché « a rebondi », souligne l’association : la demande globale repasse en territoire positif, même si les compagnies aériennes du Moyen‑Orient restent en net retrait. Les compagnies aériennes de la région voient encore leur demande chuter de 18,2% sur un an en avril, ce qui contraste avec la dynamique observée dans le reste du monde. Elles restent pénalisées par la guerre et par la désorganisation des routes traditionnelles entre l’Asie, l’Europe et l’Afrique.
L’Asie‑Pacifique en tête, Europe et Amérique du Nord suivent
La croissance du fret est tirée par l’Asie‑Pacifique, qui reste le premier marché mondial avec près de 36% de part de marché. Les compagnies aériennes de la région ont vu leurs volumes progresser de 10,5% en avril sur un an, portés par des « flux commerciaux asiatiques résilients », note l’IATA.
Les transporteurs européens enregistrent eux aussi une progression, avec une hausse de 6% de la demande de fret en avril par rapport à 2025. En Amérique du Nord, la croissance est plus modérée mais réelle, autour de 5% en tonnes‑kilomètres sur la même période, dans un contexte de commerce transpacifique et transatlantique toujours actif.
Les transporteurs d’Amérique latine et d’Afrique, plus petits en volume, bénéficient en partie du report de flux et de la recherche d’itinéraires alternatifs. L’IATA estime toutefois que ces marchés restent dépendants de la santé du commerce mondial et des capacités offertes par les grandes alliances intercontinentales.
Fret aérien, grand gagnant d’un monde sous tensions
Pour l’association, la résilience du fret aérien s’explique par son rôle de « filet de sécurité » logistique, en particulier lorsque le maritime est perturbé. La guerre au Moyen‑Orient et les risques sur certaines routes maritimes ont renforcé l’attrait du transport par avion pour l’électronique, les médicaments ou les produits frais à haute valeur.
« La croissance a été soutenue par des flux commerciaux asiatiques résilients », souligne l’IATA, qui voit le fret comme l’un des segments les plus solides du transport aérien en 2026. Après une année 2025 déjà record, l’association anticipe ainsi une nouvelle progression des volumes annuels, confirmant le rôle clé du fret dans les revenus des compagnies aériennes.

©Airbus
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