L’équipementier français Latécoère a été choisi par la start‑up américaine Radia pour concevoir le système électrique du WindRunner, un appareil cargo géant destiné au transport de charges hors normes.
Latécoère annonce avoir été sélectionné par Radia pour développer l’Electrical Wiring Interconnection System (EWIS) du WindRunner. Ce système couvre l’ensemble des faisceaux de câblage, des connexions et de l’architecture électrique de l’avion. Dans un communiqué, l’industriel français met en avant son « expertise approfondie des systèmes électriques aéronautiques acquise dans le cadre de programmes civils et de défense ».
La collaboration portera sur la définition de l’architecture électrique, l’intégration des systèmes et la mise en place d’une base technique capable de répondre aux contraintes spécifiques du programme. Les équipes de Latécoère travailleront depuis le bureau d’études de Toulouse, mais aussi sur site chez Radia, aux États‑Unis, à Boulder dans l’État du Colorado, afin d’accompagner les différentes étapes de développement de l’appareil.
WindRunner, un géant dédié aux charges hors normes
WindRunner est un projet d’avion cargo géant conçu par Radia pour transporter directement des composants de très grande taille, notamment pour l’industrie éolienne. L’appareil est annoncé comme « le plus grand avion cargo au monde », avec des dimensions hors normes : environ 109 m de long, 80 m d’envergure et 24 m de hauteur.
Selon Radia, l’avion pourra emporter jusqu’à 72,6 tonnes de charge utile, mais surtout des pièces de 105 mètres de long, 10 mètres de large et 9 mètres de hauteur, grâce à une soute offrant un volume d’environ 6 800 à 7 700 m³, très supérieur à celui des cargo actuels. L’appareil est conçu pour opérer depuis des pistes de 1 800 m, y compris non revêtues, avec une vitesse de croisière autour de Mach 0,6 et une portée d’environ 2 000 km à charge maximale.
À titre de comparaison, un Boeing 747‑400F offre une charge utile maximale d’environ 110 tonnes, mais avec un fuselage nettement plus court et une soute beaucoup moins volumineuse, pensée surtout pour des palettes standardisées et du fret conteneurisé plutôt que pour des pièces hors gabarit. Le Boeing 777F affiche une capacité de l’ordre de 100 tonnes de fret et une autonomie largement supérieure, mais son volume de soute et ses dimensions restent loin derrière celles annoncées pour WindRunner, qui privilégie le transport de composants XXL à portée intermédiaire plutôt que le fret classique sur très longues distances.
| Avion | Longueur / envergure | Charge utile | Volume de soute |
|---|---|---|---|
| WindRunner | 109 m /80 m | 73 t | Très grand volume (jusqu’à 7 700 m³) optimisé pour pièces XXL (pales, sections de tours, charges hors gabarit) |
| Boeing 747‑400F | 70 m / 64 m | 110–120 t | Forte capacité poids, soute et pont principal pour palettes et conteneurs standardisés, fret général long‑courrier |
| Boeing 777F | 64 m / 65 m | 100–105 t | Fret classique à haute densité sur très longues distances, soutes optimisées pour ULD/palettes mais volume moins adapté aux charges hors norme |
Radia présente WindRunner comme une solution pour « livrer les plus grandes et les plus efficaces turbines directement sur les parcs éoliens », en contournant les contraintes de transport routier et maritime pour les composants XXL. La start‑up vise également des applications dans la défense, l’aérospatial et le transport de cargaisons commerciales hors gabarit.
Un écosystème industriel en construction
La sélection de Latécoère s’inscrit dans une série de partenariats annoncés par Radia autour du programme WindRunner. La start‑up a également retenu Stirling Dynamics pour les systèmes de commandes de vol et l’intégration de certains systèmes critiques. « Ces partenariats visent à faire avancer le développement du plus grand avion cargo au monde et à renforcer la base industrielle du programme », explique Radia, qui insiste sur la contribution des fournisseurs européens dans la conception de l’appareil.
Selon le site anglophone Aviation Week, cette stratégie permet à la start‑up de « continuer à mettre en avant des fournisseurs européens » alors que WindRunner est aussi présenté comme une réponse aux besoins de transport stratégique de l’OTAN. Egalement, Latécoère voit dans ce contrat une opportunité de consolider sa position de partenaire de préférence sur les grands programmes aéronautiques. L’équipementier français estime que ce projet « démontre la capacité de son bureau d’études et de ses équipes à accompagner des programmes complexes, y compris dans des architectures d’avions entièrement nouvelles ».
Un calendrier encore à préciser
Radia vise un premier vol du WindRunner dans la seconde moitié de la décennie, avec une mise en service commerciale envisagée autour de 2030, sous réserve de la progression du développement et des certifications. Le projet reste à ce stade un programme en développement, mais l’arrivée de partenaires comme Latécoère renforce sa crédibilité industrielle.
« Ces collaborations renforcent des capacités critiques dans l’intégration des systèmes d’avion, les commandes de vol et l’architecture électrique, au moment où le programme WindRunner entre dans une nouvelle phase de développement », résume Radia dans sa communication officielle.

WindRunner (image de synthèse) @Radia/Latecoere

WindRunner (image de synthèse) @Radia/Latecoere
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