La menace de grève chez easyJet France n’a plus rien d’hypothétique. Après l’échec d’une ultime réunion entre la direction et les syndicats de personnels navigants commerciaux (PNC), un préavis a été déposé pour les prochains jours, avec un risque de perturbations en juillet et en août, au cœur de la haute saison aérienne.

Dans un communiqué très offensif, le SNPNC-FO met directement en cause la direction de la compagnie, qu’il accuse d’avoir laissé se dégrader les plannings, les conditions de travail et l’organisation des équipages.

Le conflit entre dans une phase décisive

La réunion dite de la dernière chance, tenue le 23 juillet, s’est soldée par un échec, ouvrant la voie à une mobilisation syndicale des PNC easyJet France. Le syndicat SNPNC-FO, qui relaie la colère d’une partie des équipages, affirme qu’un préavis a été envoyé et que la grève pourrait provoquer des annulations massives de vols si aucun compromis n’intervient. Le ton est particulièrement dur, le syndicat accusant la direction de porter « l’entière responsabilité des annulations massives à venir », selon son communiqué du 23 juillet 2026.

Dans son message aux passagers comme à l’opinion publique, le SNPNC-FO décrit une situation « intenable » pour les navigants, en invoquant notamment l’instabilité chronique des plannings et le recours à des déplacements à l’étranger pour compenser les manques d’effectifs. Le syndicat dénonce aussi la multiplication de vols de nuit et l’impact de ces organisations sur la vie personnelle et la fatigue des équipages. Ces griefs s’inscrivent dans un climat social déjà tendu chez easyJet France depuis plusieurs mois.

Pourquoi l’été est si sensible

Le calendrier rend ce conflit particulièrement sensible pour la compagnie. En aviation commerciale, la fin juillet et le mois d’août concentrent une part majeure des flux loisirs, avec des appareils très chargés et peu de marge pour absorber une désorganisation interne. Une grève de PNC sur un opérateur comme easyJet peut donc avoir un effet immédiat sur l’exploitation, même si les impacts exacts dépendront du taux de participation et des mesures de reprogrammation mises en place par la compagnie.

Le syndicat estime aussi que les échanges avec la direction n’ont pas abouti à des propositions suffisantes et accuse l’entreprise d’avoir cherché à gagner du temps. Le communiqué va plus loin en reliant la tension sociale à un contexte capitalistique plus large, évoquant un possible rachat par des fonds d’investissement américains et une priorité donnée à la rentabilité immédiate. Pour rappel, les fonds Apollo et Castlelake sont en lice pour une éventuelle offre sur easyJet, la valorisation évoquée par Apollo, supérieure à celle de Castlelake atteignant 5,7 milliards de livres, soit environ 6,6 milliards d’euros. Apollo a jusqu’au 7 août pour déposer une offre ferme. La date limite pour Castlelake est quant à elle fixée au 3 août.

Cette dimension n’est pas anodine pour une compagnie low-cost, où la productivité cockpit-cabine et la régularité opérationnelle sont des variables stratégiques. Dans les faits, le cœur du conflit reste toutefois social et opérationnel : calendrier de travail, fatigue, effectifs et qualité de vie au sein des équipages. L’annonce intervient que la low cost orange a annoncé un bénéfice avant impôts chuter de 70% lors de son troisième trimestre de l’exercice 2026.

EasyJet France : la grève du personnel de cabine se précise, le pic estival menacé 1 Air Journal

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