Quelles seront, dans les années à venir, les retombées pour le Mexique et son secteur touristique de sa participation à l’organisation de la Coupe du monde de football 2026 ? Alors que les États-Unis affichent un bilan en berne, le pays d’Amérique centrale a bénéficié d’une forte couverture médiatique et pourrait en tirer un renforcement durable de son attractivité internationale pour devenir l’une des destinations touristiques les plus populaires au monde. Cette exposition devrait notamment stimuler la demande de voyages au Mexique, qu’il s’agisse de séjours culturels, balnéaires ou d’itinéraires itinérants à travers le pays.
Un succès d’image et d’ambiance
Pour de nombreux commentateurs, l’organisation mexicaine a été un succès. Alors que la compétition sportive a été entachée de plusieurs controverses aux États-Unis (difficultés de visas, conditions d’accueil de certaines équipes), le Mexique a offert un contraste marqué en termes d’ambiance et d’hospitalité. Le stade Azteca est devenu le premier stade de l’histoire à accueillir des matchs de trois Coupes du monde différentes (1970, 1986 et 2026). Les images de liesse entre supporters mexicains et étrangers ont circulé massivement, incarnant pour beaucoup un contre-modèle à la forte mercantilisation observée ailleurs. Cette victoire médiatique n’était pourtant pas acquise. En février 2026, l’élimination d’un puissant chef de cartel avait déclenché une vague de violences dans plusieurs régions, provoquant des annulations de séjours. Malgré les craintes, l’État mexicain a déployé un important dispositif de sécurité dans les trois villes hôtes (Mexico, Guadalajara et Monterrey), permettant aux visiteurs de se sentir en confiance. Le sentiment de sécurité reste cependant l’un des principaux leviers pour développer davantage le tourisme, encore concentré dans les zones bien contrôlées.
Retombées modestes, mais forte anticipation post-Mondial
Au-delà de l’image de la destination Mexique, la question des retombées économiques immédiates suscite une certaine déception. Le gouvernement mexicain avait évoqué des prévisions élevées. Selon les bilans officiels de la Secretaría de Turismo (SECTUR), environ 7,8 millions de voyageurs (nationaux et internationaux, y compris excursionnistes) ont fréquenté les villes hôtes entre début juin et mi-juillet, générant une importante retombée économique. Environ 3 millions de visiteurs auraient passé au moins une nuit sur place. Des analyses indépendantes, comme celle de Deloitte, estiment cependant que le nombre de touristes spécifiquement liés au Mondial a été nettement inférieur aux anticipations initiales (autour de 494 000 au total, dont une part d’étrangers plus limitée). L’occupation hôtelière a été mitigée dans certaines villes, tandis que les tarifs ont fortement augmenté, compensant en partie la moindre fréquentation. Cette situation s’explique en partie par le report de voyageurs « classiques » face aux prix élevés des billets d’avion et des hébergements. L’erreur classique serait toutefois de juger l’impact du Mondial uniquement sur les mois de juin et juillet. Comme pour les Jeux de Paris 2024, les retombées se mesurent généralement sur 12 à 36 mois, via le narratif positif d’un pays capable d’organiser un événement d’ampleur.
Aussi, de nombreux voyagistes se préparent à l’après-Coupe du monde en renforçant leurs offres de voyages au Mexique. L’agence française Comptoir des Voyages, spécialiste reconnu du voyage sur mesure, propose une large gamme d’itinéraires personnalisables : l’autotour « Authentique Mexique » (Mexico, Puebla, Oaxaca, Puerto Escondido), des formules familiales dans le Yucatán (Cancún, Chichén Itzá, Mérida, Akumal), des circuits complets de Mexico au Yucatán via le Chiapas, ou encore des séjours axés sur la culture et la nature. Ces programmes mettent l’accent sur les rencontres avec les habitants et les expériences locales. Ils répondent à la demande croissante de voyages sur mesure au Mexique, adaptés au rythme, au budget et aux centres d’intérêt de chaque voyageur. D’autres opérateurs multiplient également les voyages organisés. Evaneos et ses agences locales offrent des circuits immersifs en famille ou en petit groupe (Yucatán authentique, Basse-Californie et observation de baleines). Amerigo propose des circuits classiques de type « Les incontournables du Mexique » ou « Essentiel du Mexique ». FRAM, Selectour ou encore Double Sens mettent en avant des formules combinant sites archéologiques, villes coloniales et extensions balnéaires sur la Riviera Maya ou la côte Pacifique. Ces offres, qu’il s’agisse d’autotours au Mexique en liberté, de circuits accompagnés ou de circuits sur mesure au Mexique, permettent de découvrir le Mexique au-delà des stades de football, en misant sur la diversité culturelle et naturelle du pays.
Un tourisme déjà robuste et un « soft power » renforcé
En 2025, le Mexique a accueilli environ 47,8 millions de touristes internationaux, en hausse de 6,1% par rapport à 2024, confirmant son statut de grande destination mondiale. Les premiers mois de 2026 ont également montré une dynamique positive. Le Mondial a surtout servi de vitrine : infrastructures modernisées (dont l’aéroport Benito Juárez de Mexico) et démonstration d’hospitalité ont renforcé l’image du pays. L’autorité touristique SECTUR a souligné que l’événement avait réaffirmé l’intérêt de s’appuyer sur les grands rendez-vous internationaux pour développer le tourisme : « Notre objectif est que chaque visiteur qui arrive au Mexique découvre non seulement une ville hôte, mais l’énorme diversité d’expériences que le pays offre. » Des observateurs du secteur touristique mexicain estiment que le Mondial a impulsé positivement l’image du pays à l’étranger et qu’il faut désormais capitaliser sur ce capital. L’enjeu sera de convertir cette visibilité en séjours organisés au Mexique et en projets de découverte de régions moins connues du grand public.
Une grande destination à (re)découvrir
Les professionnels du voyage placent souvent le Mexique parmi leurs premières recommandations pour un voyage culturellement riche et dépaysant. Pour un premier séjour, Mexico reste incontournable : capitale fascinante, cœur battant du pays, où l’art et la culture populaire sont omniprésents. Oaxaca, dans le sud, offre un Mexique authentique, avec un patrimoine artisanal exceptionnel et une cuisine inscrite au patrimoine immatériel de l’UNESCO. À proximité, Puerto Escondido séduit par son ambiance surf et ses couchers de soleil. Pour un séjour hivernal (décembre-mars), la péninsule du Yucatán allie sites mayas (Chichén Itzá, Tulum), villes coloniales (Valladolid, Mérida) et plages. Cancún reste pratique, tandis qu’Akumal offre plus de calme et d’observation de tortues. Pour un Mexique plus sauvage, la Basse-Californie séduit par ses paysages spectaculaires et sa relative sécurité : La Paz comme point de départ vers l’île Espíritu Santo (otaries, requins-baleines), Loreto ou Todos Santos.
Le Mexique sort du Mondial avec une image renforcée d’hospitalité et de capacité d’organisation. Si les retombées immédiates ont été plus mesurées que certaines prévisions, le potentiel de long terme – sur le « soft power » et l’attractivité – apparaît solide, à condition de consolider la sécurité et de continuer à valoriser la diversité du territoire. Cette diversité se prête particulièrement à un séjour organisé au Mexique comme à un voyage individuel, de la découverte des cités mayas aux itinéraires gastronomiques, en passant par les plages du Yucatán et les grands espaces de Basse-Californie. Josefina Rodríguez Zamora, secrétaire au Tourisme du Mexique, s’en félicite : « Pendant quelques semaines, le monde a eu les yeux rivés sur le Mexique, mais le plus important, c’est que des millions de visiteurs ont pu découvrir le cœur de notre pays. Ils sont reparties en parlant de nos saveurs, de nos traditions, de nos paysages, et surtout de l’hospitalité des Mexicains et des Mexicaines. C’est le legs le plus précieux que laisse le Mondial et la meilleure promotion touristique que puisse avoir notre pays. » Et elle conclut : « Ils sont venus pour le Mondial, ils reviendront pour le Mexique. »

©VINCI Airports
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