AirAsia Group a perdu environ 176 millions d’euros au deuxième trimestre 2026, pénalisé par l’envolée du prix du kérosène et par un effet de change défavorable. Le transporteur à bas coûts malaisien répond par une réduction de son offre, l’arrêt de liaisons déficitaires et une politique tarifaire plus offensive.

AirAsia dans le rouge au deuxième trimestre, mais prépare un rebond de fin d’année

AirAsia Group Berhad — l’ancienne AirAsia X Berhad, devenue l’entité consolidant les activités aériennes du groupe — a dégagé un chiffre d’affaires d’environ 1,08 milliard d’euros entre avril et juin 2026, en léger recul de 1% sur un an. Cette stabilité a été obtenue alors que la capacité, mesurée en sièges-kilomètres offerts, reculait de 11%, le groupe privilégiant le rendement de ses vols au volume de passagers.

La perte nette atteint environ 176 millions d’euros, contre 830,5 millions de ringgits malaisiens dans les comptes publiés. Elle est notamment alourdie par une perte de change de quelque 70 millions d’euros. Hors cet effet, la perte nette aurait été proche de 106 millions d’euros. Malgré ce déficit, AirAsia est demeurée positive sur le plan opérationnel, avec un EBITDA de près de 94 millions d’euros, en baisse de 56% sur un an.

Le kérosène atteint 183 dollars le baril

La performance trimestrielle a été lourdement affectée par la hausse des coûts de carburant. AirAsia fait état d’une progression de 58% de sa facture de kérosène sur un an, dans un contexte où le prix moyen du jet fuel a atteint 183 dollars le baril au deuxième trimestre.

Pour absorber le choc, la compagnie a relevé ses prix et activé des surcharges carburant. Son revenu unitaire par siège-kilomètre disponible, le RASK, a augmenté de 11% pour atteindre 21,28 sen — soit environ 4,5 centimes d’euro. Le groupe estime avoir compensé autour de 70% de la hausse de sa facture carburant par ses ajustements tarifaires et ses réductions de coûts.

En avril, les marges de manœuvre sont toutefois restées limitées : une grande partie des sièges avait été vendue avant la flambée énergétique. Les hausses tarifaires se sont pleinement matérialisées en mai et juin, lorsque les prix moyens ont progressé de plus de 20% sur un an, selon le groupe.

AirAsia réduit son réseau en Asie du Sud-Est

Les tensions les plus fortes se concentrent dans les opérations court-courriers en Thaïlande, aux Philippines et en Indonésie, ainsi que dans le long-courrier au départ de Malaisie. A l’inverse, les activités court-courriers malaisiennes et cambodgiennes sont restées bénéficiaires durant le trimestre.

AirAsia a donc suspendu des liaisons long-courriers malaisiennes jugées insuffisamment rentables et a repoussé l’ouverture du hub de Bahreïn. Les filiales des Philippines et d’Indonésie verront également leurs flottes réduites afin de concentrer les ressources sur les lignes intérieures et les grands axes de l’ASEAN, où la demande et les rendements sont considérés comme plus solides.

« Là où des lignes ou des entités sous-performaient, notamment dans le long-courrier malaisien, en Indonésie et aux Philippines, nous avons agi rapidement pour supprimer les capacités non viables, ajuster la flotte et différer des projets non essentiels comme Bahreïn », a déclaré Bo Lingam, directeur général d’AirAsia Group.

Une capacité réduite de 20% à 25% cet été

Le groupe prévoit de réduire sa capacité de 20% à 25% au troisième trimestre 2026, comparativement à la même période un an plus tôt. AirAsia entend protéger ses marges durant une période traditionnellement moins favorable au trafic régional en Asie du Sud-Est, plutôt que de multiplier des vols dont les recettes ne couvriraient pas les coûts.

La direction compte, ensuite, restaurer progressivement la capacité au quatrième trimestre afin de profiter de la demande des fêtes de fin d’année. Les réservations anticipées sur le réseau central de l’ASEAN seraient actuellement comparables à celles de 2025.

« Nous considérons le deuxième trimestre 2026 comme notre trimestre plancher », a affirmé Bo Lingam. « Nous ne prévoyons pas que le prix du kérosène reste durablement au niveau extrême de 183 dollars le baril observé pendant la période. »

Vingt-cinq avions retirés et des A220 attendus en 2028

Sur le plan de la flotte, AirAsia prévoit de restituer 25 avions anciens au cours de l’exercice 2026. L’objectif est de réduire les charges fixes de location associées aux appareils les moins performants, tout en alignant la flotte sur une capacité plus sélective.

Le groupe maintient cependant son projet de croissance à plus long terme. Les premières livraisons d’Airbus A220 et d’A321XLR sont attendues à partir de 2028. L’A220 doit permettre de mieux adapter l’offre aux marchés régionaux secondaires, tandis que l’A321XLR ouvrira des perspectives sur des lignes moyen-courriers de plus long rayon d’action avec un coût unitaire compétitif.

AirAsia avait auparavant annoncé une commande ferme de 150 A220-300, présentée comme la plus importante jamais passée pour ce modèle. Après avoir visé un retour à sa pleine capacité opérationnelle à l’été 2026, le groupe opère donc un ajustement stratégique dicté par la crise énergétique : moins de sièges, des prix plus élevés et une concentration renforcée sur les liaisons les plus rentables.

AirAsia : hausse des tarifs, coupes dans le réseau et flotte renouvelée à l’horizon 2028 1 Air Journal

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