Airbus espère faire décoller pour la première fois son A350F dès la troisième semaine de septembre. Cette échéance, encore susceptible de glisser vers le début octobre, ouvrirait une campagne d’essais particulièrement resserrée avant la certification visée en 2027 et la première livraison attendue au second semestre de la même année.
A350F : Airbus vise un premier vol fin septembre
Le calendrier du futur avion-cargo d’Airbus se précise. Selon des sources industrielles citées par Reuters, le constructeur européen envisage un premier vol de l’A350F au cours de la troisième semaine de septembre. Cette date reste toutefois provisoire : elle pourrait être repoussée au début du mois d’octobre, sans que cela remette formellement en cause l’objectif officiel d’un premier envol avant la fin de 2026.
Airbus n’a pas confirmé ce créneau précis. L’avionneur maintient publiquement une feuille de route visant une entrée en service en 2027, mais le programme a déjà connu plusieurs ajustements. Lancé en 2021, l’A350F devait initialement entrer en exploitation en 2025 ; la montée en maturité industrielle et les difficultés sur certains éléments spécifiques au cargo ont décalé cette ambition de deux ans au moins.
L’enjeu dépasse le symbole du premier décollage. Ce jalon marque le passage effectif à la démonstration en vol d’un appareil qui, tout en dérivant de l’A350-1000, comporte des évolutions structurelles profondes : fuselage raccourci, plancher principal renforcé, architecture de manutention cargo et, surtout, immense porte latérale sur le pont principal.
La porte cargo, un élément critique du programme
C’est précisément cette porte qui a contribué à mettre le programme sous pression. Reuters avait rapporté au printemps des retards liés à cet équipement produit en Espagne. Airbus a toutefois annoncé, le 23 avril, avoir achevé la fabrication et l’assemblage de la première porte de pont principal dans son usine d’Illescas, près de Tolède, avant son acheminement vers la chaîne d’assemblage final de Toulouse.
Avec une ouverture utile de 4,3 mètres de large et 3,15 mètres de haut, cette porte arrière est présentée par Airbus comme la plus grande de l’industrie pour un avion-cargo de cette catégorie. Sa position à l’arrière du fuselage vise notamment à préserver le centrage de l’appareil pendant les opérations de chargement. Fabriquée en matériaux composites et actionnée électriquement, elle constitue l’une des principales signatures techniques de l’A350F.
« Airbus a achevé la fabrication et l’assemblage de la première porte de fret de pont principal de l’A350F » à Illescas, a indiqué le constructeur dans son communiqué d’avril. « Elle a été livrée à la ligne d’assemblage final de Toulouse », où elle doit être intégrée au premier avion d’essais.
Le constructeur prévoit d’utiliser deux avions A350F dans la campagne d’essais en vol, qui doit s’étendre de 2026 à 2027. La marge paraît étroite : Airbus vise une certification au deuxième trimestre 2027, suivie d’une mise en service au second semestre.
Un dérivé de l’A350-1000 taillé pour le fret
L’A350F reprend la voilure, le cockpit et les moteurs Rolls-Royce Trent XWB-97 de l’A350-1000, mais il n’est pas une simple conversion d’un avion passagers. Sa longueur est ramenée à 70,8 mètres et son poids maximal au décollage atteint 319 tonnes. Airbus revendique une charge utile maximale de 111 tonnes et un rayon d’action de 4 700 milles nautiques — environ 8 700 km — avec 109 tonnes de fret.
L’appareil pourra accueillir 30 conteneurs sur le pont principal et 40 unités de chargement LD3 en soute. Ces capacités le placent dans le segment des gros-porteurs cargo appelés à remplacer, à terme, les Boeing 747 cargo vieillissants et une partie des 777F actuellement exploités sur les grandes routes intercontinentales.
Airbus met également en avant l’amélioration environnementale par rapport aux générations précédentes. « Propulsé par les derniers Rolls-Royce Trent XWB-97, l’avion réduira la consommation de carburant et les émissions de carbone jusqu’à 20% » à capacité charge utile-rayon d’action comparable, affirme le groupe. Il sera certifié pour une utilisation avec jusqu’à 50% de carburant d’aviation durable (SAF) lors de son entrée en service, avec un objectif de compatibilité à 100% en 2030.
Un duel stratégique avec le Boeing 777-8F
Pour Airbus, l’A350F représente une offensive attendue sur un marché du fret long-courrier largement dominé par Boeing. L’avionneur américain dispose d’une vaste base installée de 747 Freighter et de 777F ; Airbus, de son côté, n’a enregistré que 38 ventes pour son précédent A330-200F.
Le nouvel appareil européen vise donc à installer durablement Airbus dans le segment supérieur du cargo dédié. Il doit affronter le futur Boeing 777-8F, dont le développement est également décalé. Le duel se jouera autant sur les performances opérationnelles que sur la capacité des deux industriels à respecter leurs calendriers de certification, à sécuriser leur chaîne d’approvisionnement et à rassurer les clients sur la fiabilité des dates de livraison.
Airbus a déjà engrangé 107 commandes pour l’A350F. Parmi les clients annoncés figurent notamment Air France-KLM, Cathay Pacific, Etihad Airways, Singapore Airlines et Turkish Airlines.

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