Royal Jordanian et Air China ont signé à Pékin un protocole d’accord destiné à approfondir leur coopération commerciale et opérationnelle. L’enjeu principal est la préparation d’une future liaison sans escale entre les capitales jordanienne et chinoise, qui ne disposent pas aujourd’hui de service direct régulier.
Royal Jordanian poursuit son ouverture vers l’Asie. La compagnie nationale jordanienne a annoncé, le 22 août, la signature à Pékin d’un memorandum of understanding (MoU) avec Air China, le transporteur national chinois. Conclu en marge de la visite du roi Abdallah II de Jordanie en Chine, l’accord doit permettre aux deux compagnies d’étudier des partages de codes, de renforcer leurs accords interlignes et de développer leurs coopérations dans les domaines du fret, de l’assistance au sol et de la restauration aérienne.
Au cœur du projet figure une future ligne sans escale entre Amman et Pékin. Ni calendrier de lancement, ni programme de vols, ni type d’avion n’ont toutefois été annoncés à ce stade. Il s’agit donc encore d’une intention stratégique, qui devra être suivie d’accords commerciaux et réglementaires, puis d’une mise en vente effective.
Un pont aérien envisagé entre la Jordanie et la Chine
Les deux partenaires veulent s’appuyer sur leurs plates-formes respectives : l’aéroport international Queen Alia d’Amman pour Royal Jordanian, et Pékin-Capitale pour Air China. L’idée est double : assurer la viabilité d’une éventuelle liaison directe entre les deux capitales, mais aussi élargir les possibilités de correspondances au-delà des seuls marchés point à point.
Samer Majali, vice-président et directeur général de Royal Jordanian, présente Pékin comme « une porte d’entrée essentielle vers la Chine et les marchés asiatiques au sens large », tandis qu’Amman constitue « un hub majeur pour le Levant », selon le communiqué de la compagnie jordanienne. Il ajoute : « En renforçant notre coopération commerciale et en explorant de futures possibilités de partage de codes, nous visons à étendre la portée de notre réseau, à offrir aux passagers des correspondances plus fluides et à soutenir le succès du projet de liaison directe entre les capitales des deux pays. »
Selon les données OAG, Royal Jordanian relie Amman à 63 destinations dans 33 pays en août 2026, avec environ 682 000 sièges aller-retour proposés ce mois-ci. Air China, de son côté, programme près de 10,8 millions de sièges et dessert 169 destinations depuis Pékin-Capitale, dont 107 en Chine continentale.
Codeshares, interligne, fret et services au sol
Le document signé ne se limite pas au futur Amman-Pékin. Les deux compagnies ont prévu d’examiner la mise en place de partages de codes sur plusieurs axes, sans en préciser la liste. Le MoU couvre aussi les accords interlignes, la formation aux produits et services, la promotion des marques, ainsi que plusieurs volets opérationnels : assistance au sol, fret aérien et catering à Amman et Pékin. Ces éléments sont essentiels à la mise en place d’un partenariat plus intégré, notamment si les deux compagnies souhaitent proposer des correspondances avec enregistrement des bagages jusqu’à destination et une meilleure coordination des opérations.
Qu Guangji, président de China National Aviation Holding Corporation et d’Air China, a assuré que la compagnie chinoise apporterait son « plein soutien » au lancement du service direct envisagé. Il a souligné que le rapprochement devait favoriser les échanges touristiques, économiques et culturels entre les deux pays.
Cette initiative intervient alors que Royal Jordanian accélère simultanément l’expansion de son réseau et la modernisation de sa flotte. Au premier semestre 2026, la compagnie a ajouté notamment Munich, Hambourg, Sharjah, Alexandrie, Dallas, Vienne et Tachkent à son réseau. Elle a reçu, sur la même période, deux Boeing 787-9.

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