Airbus a livré 67 avions commerciaux en juillet, soit exactement le même nombre qu’un an plus tôt. Avec 418 appareils remis à 82 clients depuis le début de 2026, l’avionneur européen devra toutefois nettement hausser le rythme au cours des cinq derniers mois de l’année pour tenir son objectif d’environ 870 livraisons.

En parallèle, le groupe a enregistré 204 commandes durant le mois, notamment grâce à la confirmation de contrats chinois et à une spectaculaire commande du loueur SMBC Aviation Capital.

Une cadence à relever d’ici décembre

Airbus a conclu le mois de juillet sur une note contrastée : une activité commerciale toujours solide, mais une production qui devra encore gagner en fluidité. Les 67 avions livrés à 39 clients représentent une stabilité sur un an, mais aussi un repli par rapport aux 89 appareils remis en juin.

Depuis janvier, Airbus totalise 418 livraisons, contre 373 à la même période de 2025. Pour atteindre la cible annuelle d’« environ 870 » avions commerciaux, confirmée lors de la publication semestrielle fin juillet, le constructeur doit désormais fournir 452 appareils entre août et décembre. Soit une moyenne légèrement supérieure à 90 avions par mois.

Ce niveau suppose une fin d’année particulièrement soutenue. Airbus avait déjà démontré sa capacité à concentrer une part importante de ses remises de flotte au dernier trimestre, période cruciale pour la comptabilisation du chiffre d’affaires des avionneurs. Mais l’exercice demeure tributaire de la disponibilité des moteurs, des équipements de cabine et de l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement.

Objectif de 870 livraisons : une fin d’année sous pression

Au premier semestre, Airbus avait livré 351 avions, dont 271 appareils de la famille A320, 44 A220, 10 A330 et 26 A350. Le deuxième trimestre, à lui seul, avait atteint 237 livraisons, un record trimestriel pour la période avril-juin. Le groupe vise environ 870 avions livrés en 2026, contre 793 l’an dernier. Ce cap dépasserait le précédent record historique de 863 appareils atteint en 2019, avant la crise sanitaire.

Cette ambition repose largement sur les monocouloirs A320neo et A321neo, qui constituent le cœur des volumes d’Airbus. Elle dépend aussi de l’amélioration progressive de la situation chez les motoristes, en particulier Pratt & Whitney. Lors de ses résultats du deuxième trimestre, le groupe s’était montré plus confiant sur sa capacité à gérer les contraintes d’approvisionnement en moteurs, sans pour autant faire disparaître les risques industriels qui pèsent sur les cadences.

La Chine confirme son poids dans le carnet de commandes

Sur le front commercial, Airbus a enregistré 204 commandes brutes en juillet. Sur les sept premiers mois de l’année, le total atteint 1 090 commandes brutes et 1 024 commandes nettes, après prise en compte de 66 annulations.

Le mois a notamment permis au constructeur d’intégrer des contrats chinois annoncés précédemment. Hainan Airlines a commandé 40 A320neo, avec des livraisons attendues entre 2028 et 2032. De son côté, China Eastern Airlines a signé pour 25 A330neo, qui doivent être livrés de 2029 à 2033.

Pour China Eastern, cette commande de gros-porteurs est stratégique. La compagnie de Shanghai prévoit d’utiliser ces appareils pour développer ses capacités internationales et renouveler une partie de sa flotte long-courrier. Le calendrier prévoit quatre livraisons en 2029, puis cinq en 2030, six en 2031, sept en 2032 et trois en 2033.

Cette double séquence illustre l’importance du marché chinois pour Airbus (qui possède à Tianjin deux lignes d’assemblage final dédiées à la famille A320, dont la seconde doit contribuer à la montée en cadence des A320neo et A321neo. Le groupe s’y trouve bien positionné pour sécuriser simultanément des débouchés sur le segment des monocouloirs, dominé par la famille A320neo, et sur celui des gros-porteurs avec l’A330neo.

Autre fait marquant : Airbus a officiellement inscrit dans ses livres la commande ferme de 100 appareils de la famille A320neo passée par SMBC Aviation Capital au salon de Farnborough. L’accord porte sur 65 A321neo et 35 A320neo.

Un carnet commercial solide, un défi industriel intact

Le bilan de juillet confirme donc la robustesse de la demande pour Airbus, portée par les compagnies chinoises comme par les grands loueurs internationaux. Les annulations de 15 A330neo par AirAsia X, intervenues dans le cadre d’un accord plus large incluant 150 A220, n’empêchent pas le constructeur de conserver un niveau de commandes nettes supérieur au millier d’appareils depuis le début de l’année.

Airbus doit accélérer avec 90 avions par mois nécessaires pour atteindre son objectif 1 Air Journal

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