La compagnie nationale bangladaise Biman Bangladesh Airlines engage une expansion de flotte sans précédent. Après une commande ferme de 14 Boeing 787 Dreamliner et 737 MAX annoncée fin avril, le transporteur étudie l’acquisition de 11 appareils Boeing supplémentaires et maintient un projet de dix Airbus, composé d’A350-900 et d’A321neo.
Biman Bangladesh : Boeing prend l’avantage avec 14 avions commandés
La compétition entre Boeing et Airbus s’intensifie au Bangladesh, où Biman Bangladesh Airlines entend moderniser ses moyens long-courriers et développer son réseau régional. Le constructeur américain a déjà remporté une première manche importante : le 30 avril 2026, la compagnie publique a annoncé la commande de 14 appareils Boeing, la plus importante de son histoire. Le contrat comprend huit 787-10, deux 787-9 et quatre 737-8 MAX. Les huit 787-10, version la plus capacitaire de la famille Dreamliner, doivent être affectés en priorité aux liaisons très demandées vers le Moyen-Orient. Les deux 787-9 visent le développement des opérations long-courriers vers l’Europe et l’Amérique du Nord, tandis que les 737 MAX 8 doivent renforcer les dessertes régionales, notamment vers l’Inde, l’Asie du Sud-Est et les pays du Golfe.
La forte communauté opérationnelle avec les appareils déjà exploités par Biman est également un argument déterminant : la compagnie connaît déjà les 777-300ER, les 787-8, les 787-9 et les 737 de génération précédente.
Vers 25 Boeing, avec 11 appareils supplémentaires envisagés
L’offensive de Boeing pourrait toutefois ne pas s’arrêter à ces 14 avions. Plusieurs médias bangladais rapportent que Biman prépare un accord complémentaire portant sur 11 appareils du constructeur américain, sans que les variantes retenues, les modalités de financement ou le calendrier précis de livraison aient, à ce stade, été rendus publics.
Si cette seconde tranche se concrétise, Biman disposerait d’un réassort de 25 Boeing neufs. Les livraisons de la commande annoncée en avril sont prévues entre 2031 et 2035. Ce décalage explique aussi la recherche de capacités à court terme : le gouvernement bangladais avait évoqué en juillet la location possible de jusqu’à dix avions d’ici à 2027, dont trois 787-9 en location sèche pour une durée de six ans.
La compagnie cherche ainsi à éviter un trou de capacité entre ses ambitions commerciales immédiates et l’arrivée de ses futurs avions neufs. Elle ambitionne de consolider son rôle à Dhaka, à la croisée de l’Asie du Sud, du Golfe et des grands marchés de la diaspora bangladaise en Europe et en Amérique du Nord.
Airbus tente d’imposer l’A350 et l’A321neo
Airbus n’a pas renoncé à entrer dans la flotte de Biman. Le gouvernement bangladais a confirmé en juillet son intention d’acheter dix appareils européens, dans le cadre d’une stratégie revendiquée de flotte mixte. La proposition étudiée associe quatre A350-900 gros-porteurs et six A321neo monocouloirs. Les A350-900 seraient naturellement destinés aux lignes long-courriers, où ils pourraient compléter ou concurrencer les Boeing 787 sur les liaisons vers l’Europe et l’Amérique du Nord. Les A321neo, de leur côté, offriraient une capacité adaptée aux marchés régionaux, au Moyen-Orient et à certaines destinations asiatiques à moyen-courrier.
L’enjeu dépasse la seule technique aéronautique. Airbus avait renforcé son lobbying au Bangladesh depuis la visite du président français Emmanuel Macron en 2023, tandis que le contrat Boeing s’inscrit dans un environnement de relations commerciales plus larges entre Dacca et Washington. Le choix d’une flotte combinant les deux grands constructeurs permettrait donc au Bangladesh de ménager ses partenaires économiques et diplomatiques, tout en diversifiant ses approvisionnements.
Une flotte mixte : souplesse commerciale, coût opérationnel accru
L’arrivée d’Airbus constituerait une rupture pour Biman, dont la flotte à réaction est aujourd’hui largement dominée par Boeing. Le site de la compagnie recense 21 avions : quatre 777-300ER, quatre 787-8, deux 787-9, six 737 et cinq Dash 8-400. D’autres sources locales évoquent une flotte opérationnelle de 19 appareils, ce qui suggère que les chiffres peuvent varier selon la prise en compte des avions temporairement indisponibles, retirés ou affectés à certaines missions.
Faire cohabiter Boeing et Airbus accroît nécessairement la complexité : qualifications et formation des pilotes, stocks de pièces détachées, outillages de maintenance, contrats de soutien, planification des équipages, simulateurs et ingénierie cabine. Airbus aurait proposé à Biman un ensemble comprenant maintenance, réparation et révision, formation des personnels navigants, planification de flotte et accompagnement sur l’aménagement des cabines, selon des informations de presse bangladaises.
Objectif : 47 appareils et un rôle régional accru
Le plan de développement de Biman est à la mesure des ambitions du Bangladesh : faire passer la flotte à 47 appareils à l’horizon de l’exercice 2034-2035, moderniser le pavillon national et renforcer la connectivité internationale du pays.
Biman dessert actuellement 22 destinations internationales depuis Dhaka, dont plusieurs grands marchés du Golfe, d’Asie du Sud et d’Europe. Sa liaison la plus longue relie Dhaka à Toronto via Istanbul, exploitée en 787-9. Les nouveaux appareils pourraient accompagner l’ouverture ou le renforcement de routes vers l’Amérique du Nord, l’Extrême-Orient et l’Australie, des marchés régulièrement évoqués dans la stratégie d’expansion de la compagnie.

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