La hausse du kérosène menace les marges des compagnies aériennes à l’approche de la saison hivernale. Chez Transavia France, la baisse habituelle d’activité après l’été rend le surcoût plus difficile à absorber. Air France-KLM est en partie protégé par ses couvertures carburant, sans échapper à une facture plus élevée.

Le 3 septembre, le kérosène livré en Europe du Nord-Ouest se négociait à 1 476 dollars la tonne, son plus haut niveau depuis mai, selon Reuters. Et selon le relevé hebdomadaire de l’IATA pour la semaine achevée le 18 septembre 2026, le prix moyen mondial du kérosène atteignait 194,90 dollars le baril, en hausse de 7,4% sur une semaine. A noter cependant que les prix de marché ne correspondent pas nécessairement au montant payé par chaque compagnie aérienne, notamment lorsqu’elle a couvert une partie de ses achats.

Transavia redoute la basse saison
« C’est quasi impossible », répond Olivier Mazzucchelli, directeur général de Transavia France, lorsqu’on l’interroge sur la possibilité d’être rentable avec un carburant aussi cher. Dans un entretien accordé à l’AFP, il souligne que les recettes ont été bonnes en juillet et août. Mais les coûts liés au pétrole dépassent les prévisions budgétaires de la clow cost française, filiale du groupe Air France-KLM.

La période la plus délicate est encore à venir. Le dirigeant anticipe un creux d’activité jusqu’à Noël, hormis les vacances de la Toussaint. « On n’a pas la possibilité d’offrir des prix complètement élastiques avec l’augmentation du prix du pétrole », explique-t-il. Une hausse des tarifs des billets d’avion ne peut donc pas compenser automatiquement celle du carburant.

Pour réduire sa consommation, Transavia France poursuit le remplacement de ses Boeing 737-800 par des nouveaux Airbus de la famille A320neo. A ce jour, elle comptet 31 Airbus sur une flotte de 96 monocouloirs. Cinq A321neo de 232 sièges doivent arriver à partir de mars 2027. Olivier Mazzucchelli estime que ces avions offrent un coût par siège plus favorable sur les lignes capables de les remplir. Il attribue aussi à l’optimisation des plans de vol des économies de carburant de 2 à 3% par an.

Air France-KLM partiellement protégé
Le groupe Air France-KLM avait couvert 67% de sa consommation de carburant prévue pour 2026 et 40% de celle de 2027, selon ses résultats publiés fin juillet. Ces contrats atténuent les variations du marché sur les volumes concernés. Ils ne suppriment toutefois pas le surcoût sur les achats non couverts. Le groupe prévoyait une facture carburant de 8,9 milliards de dollars en 2026, soit 2 milliards de plus qu’en 2025. Au deuxième trimestre, la hausse du prix du carburant a pesé à hauteur de 804 millions d’euros sur ses résultats par rapport à l’année précédente. Air France-KLM indique avoir compensé environ 85% de cet effet par ses recettes, notamment grâce à l’évolution des prix des billets d’avion.

Les situations diffèrent selon les activités. Au deuxième trimestre, la facture carburant de Transavia — filiales France et Pays-Bas réunies — a augmenté de 50,1% sur un an, à 306 millions d’euros. Malgré une hausse du trafic et un coefficient de remplissage de 91,2%, l’activité a enregistré une perte d’exploitation ajustée de 35 millions d’euros.

Des programmes sous surveillance
Air France-KLM a ramené sa prévision de croissance des capacités pour 2026 à une fourchette de 2 à 3%, contre 2 à 4% auparavant. Pour Transavia France et Pays-Bas, la prévision a été abaissée à environ 8%, contre 8 à 10%. Le groupe franco-néerlandais dit adapter son réseau et ses tarifs dans un contexte volatil. Ces ajustements ne constituent pas, à ce stade, une annonce de réductions supplémentaires pour l’hiver.

La saison hivernale testera ainsi la capacité des transporteurs à remplir leurs avions hors des périodes de vacances, à ajuster leurs prix et à limiter leur consommation. Le niveau réel de leur facture dépendra aussi de l’évolution du marché pétrolier selon le contexte sécuritaire au Moyen-Orient et des contrats de couverture déjà conclus.

Kérosène en hausse : les compagnies aériennes françaises abordent l’hiver sous pression 1 Air Journal

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