Airbus a demandé à plusieurs compagnies exploitant des A330neo de prévoir des contrôles additionnels lors des opérations de maintenance programmées. Ces vérifications visent à s’assurer de l’absence d’outils ou de corps étrangers dans la structure de l’empennage horizontal, après un incident de production qui avait déjà fortement ralenti les livraisons du long-courrier cet été.

Un contrôle préventif sur des avions déjà en service

Le constructeur européen a pris contact avec certains opérateurs d’A330neo afin qu’ils réalisent une inspection supplémentaire de leurs appareils lors de prochaines visites de maintenance. Selon Bloomberg, la campagne concerne un nombre déterminé d’avions construits entre 2021 et juillet 2026, sans que le nombre précis d’exemplaires ou les compagnies concernées aient été divulgués.

L’origine de cette démarche remonte à la découverte d’un outil resté dans la structure de l’empennage horizontal — ou plan horizontal réglable — d’un A330neo encore en production. Dans l’industrie aéronautique, ce type d’élément oublié est désigné sous le terme de foreign object debris (FOD), ou corps étranger. Même lorsqu’aucune conséquence opérationnelle n’est identifiée, un tel constat déclenche généralement une recherche de causes et des contrôles de périmètre sur les appareils susceptibles d’avoir suivi le même processus de fabrication. « Après avoir identifié un constat isolé sur un avion en production, nous sommes déterminés à écarter l’existence de situations similaires sur les avions actuellement en service. Nous ne transigeons pas avec la qualité et la sécurité », a déclaré Airbus à Bloomberg.

Le groupe entend ainsi privilégier des inspections intégrées aux arrêts programmés, ce qui doit limiter l’impact opérationnel pour les compagnies. Cette demande précède une possible formalisation réglementaire : l’Agence européenne de la sécurité aérienne (EASA) devrait fixer, d’ici la mi-novembre, une échéance à laquelle les contrôles des avions concernés devront être achevés.

L’EASA ne relève pas de risque immédiat

Airbus a précisé que l’EASA avait confirmé l’absence de problème de sécurité immédiat. Il ne s’agit donc pas, à ce stade, d’une immobilisation générale de la flotte mondiale d’A330neo, mais d’une action de précaution ciblée sur des appareils construits au cours d’une période définie.  Cette nuance est importante : l’empennage horizontal est une structure essentielle à la stabilité longitudinale de l’avion et au contrôle du tangage, notamment par l’intermédiaire des gouvernes de profondeur. La présence d’un objet non prévu dans sa structure impose par conséquent une évaluation rigoureuse, même si l’autorité de surveillance n’a pas identifié de danger immédiat en exploitation.  Les modalités exactes des inspections — accès à la zone, étendue du démontage éventuel et critères de remise en service — n’ont pas été rendues publiques.

Des livraisons A330neo ralenties tout l’été

L’affaire avait déjà eu des conséquences visibles sur le programme A330neo. Début septembre, Airbus inspectait l’ensemble des A330 présents dans son système de production après la découverte de l’outil, lors d’un contrôle avant livraison. Airbus avait alors qualifié le problème d’« isolé », indiqué que sa cause racine avait été identifiée et assuré que les livraisons avaient repris. Les données de livraison publiées par Airbus illustrent l’ampleur du ralentissement. Aucune livraison d’A330neo n’a été enregistrée en janvier et février 2026. Trois appareils ont été remis en mars, deux en avril et quatre en mai, soit neuf exemplaires sur les cinq premiers mois de l’année. Aucune livraison n’a ensuite été comptabilisée en juin et juillet. Un seul A330-900 a été livré en août, à la compagnie taïwanaise Starlux Airlines.

Les inspections menées sur les appareils en cours d’assemblage n’ont pas nécessairement interrompu la production elle-même, mais elles ont retardé les réceptions clients, certains avions devant attendre des vérifications complémentaires avant leur livraison.

Un épisode sensible pour un programme en montée en cadence

L’A330neo, décliné principalement en A330-800 et A330-900, reste un programme stratégique pour Airbus sur le segment des gros-porteurs de capacité intermédiaire. L’avionneur ambitionne de faire progresser sa production vers cinq appareils par mois à l’horizon 2029, dans un contexte où les livraisons de long-courriers sont particulièrement suivies par les compagnies, confrontées à des besoins de renouvellement de flotte et à des retards sur plusieurs programmes industriels.

À ce stade, l’avionneur maintient que le problème est isolé et que les opérations commerciales ne sont pas affectées par un risque immédiat de sécurité.

Airbus demande des inspections sur certains A330neo après la découverte d’un outil dans l’empennage 1 Air Journal

@P.Pigeyre/Airbus