Les dernières rotations passagers des Boeing 757 et 767 d’Icelandair se précisent. Selon les programmes actuellement publiés, le 757-200 doit effectuer son ultime vol le 4 janvier 2027 entre Londres-Heathrow et Keflavík, tandis que le dernier 767-300ER quitterait Boston le lendemain, pour rejoindre l’Islande le 6 janvier. Encore susceptibles d’évoluer, ces dates marquent une nouvelle étape dans le renouvellement de la flotte internationale de la compagnie, désormais articulée autour des Boeing 737 MAX et des Airbus A321LR.
Boeing 757 et 767 : les derniers vols prévus début janvier 2027
Pour Icelandair, la fin d’une époque se dessine dans les horaires de l’hiver 2026-2027. D’après les données de programmation arrêtées au 11 octobre et publiées le 13 octobre par le spécialiste AeroRoutes, le Boeing 757-200 figure encore sur plusieurs liaisons européennes pendant les fêtes, avant une dernière journée d’exploitation prévue le 4 janvier sur Londres-Heathrow. Le Boeing 767-300ER doit, lui, rester programmé quotidiennement entre Keflavík et Boston jusqu’au 5 janvier. Le dernier vol au départ des États-Unis arriverait en Islande le 6 janvier, après une traversée nocturne de l’Atlantique. Le biréacteur gros-porteur apparaît également sur certaines rotations européennes jusqu’au début de l’année, notamment vers Copenhague et Paris-Charles de Gaulle jusqu’au 5 janvier.
Ces échéances doivent toutefois être considérées comme des dates prévisionnelles, et non comme l’annonce de vols d’adieu définitivement arrêtés. Les affectations d’appareils et les horaires peuvent encore changer, comme le souligne AeroRoutes. Elles s’inscrivent néanmoins dans le calendrier de retrait annoncé par Icelandair, qui prévoit de mettre fin à l’exploitation passagers des deux familles d’avions en janvier 2027.
Un retrait accéléré par le coût du carburant
La compagnie islandaise avait initialement envisagé de conserver ses derniers 757 jusqu’à la fin de l’été 2027. Le renchérissement du carburant a accéléré leur sortie : face aux monocouloirs de nouvelle génération, ces appareils deviennent plus coûteux à maintenir au programme, en particulier sur les vols où leur consommation pèse davantage sur l’équilibre économique. La situation des prix du carburant ayant un « effet direct » sur son programme de vols, elle avait décidé de les retirerer « dès l’hiver prochain ».
La compagnie a ensuite formalisé ce changement de calendrier dans un communiqué du 29 juillet 2026 : elle y indiquait avoir accéléré le retrait de ses Boeing 757 et 767 et prévoir de cesser leur exploitation en transport de passagers à partir de janvier 2027.
Le Boeing 757, pilier du hub transatlantique de Keflavík
Le départ du 757 revêt une portée particulière pour Icelandair. Pendant des décennies, son association d’une autonomie transatlantique et d’une capacité relativement contenue a accompagné le modèle de la compagnie : relier des villes européennes et nord-américaines en organisant les correspondances à Keflavík. Un appareil suffisamment endurant pour traverser l’Atlantique, sans imposer le volume de sièges d’un gros-porteur, constituait un outil particulièrement adapté à cette architecture de réseau.
À son apogée, en 2018, Icelandair exploitait 26 Boeing 757 sur son réseau international, aux côtés de quatre 767. Le retrait des derniers exemplaires ne représente donc pas seulement une évolution du parc : il clôt le cycle d’une flotte étroitement associée au développement transatlantique de la compagnie. L’échéance de janvier concerne les vols passagers : elle ne signifie pas la disparition immédiate de tous les 767 du groupe, puisque Icelandair Cargo possède toujours un 767-300 converti en avion-cargo.
Airbus A321LR et Boeing 737 MAX prennent le relais
Le renouvellement ne se résume pas à un passage de Boeing à Airbus. Les 737 MAX occupent déjà une place centrale dans la flotte internationale d’Icelandair : la compagnie exploite 21 appareils de cette famille, répartis entre 17 MAX 8 et quatre MAX 9. Ils ont progressivement repris une partie des missions auparavant confiées aux 757.
L’Airbus A321LR apporte, de son côté, une réponse aux besoins des liaisons transatlantiques. Icelandair a réceptionné son premier exemplaire, baptisé Esja, en décembre 2024. Motorisé par des Pratt & Whitney GTF, l’appareil dispose de 187 sièges, dont 22 en classe affaires et 165 en classe économique. Airbus avait annoncé cette première livraison le 3 décembre 2024, marquant l’entrée de la compagnie parmi ses opérateurs. L’A321LR a été choisi pour succéder aux 757-200. Lors de son introduction, Icelandair indiquait que son autonomie lui permettait de desservir l’ensemble des destinations de son réseau jusque-là accessibles en 757.
Dix A320neo supplémentaires, avant l’A321XLR en 2029
Pour accompagner cette transition, Icelandair a également sécurisé dix Airbus A320neo de seconde main. Quatre appareils loués auprès d’AviLease doivent rejoindre la flotte au printemps 2027, tandis que six autres, obtenus auprès d’Aircastle, doivent entrer en service avant l’été 2028. Construits entre 2018 et 2020, ces avions sont motorisés par Pratt & Whitney.
« Notre renouvellement de flotte soutient également nos ambitions de renforcer notre réseau, de simplifier la flotte et de continuer à offrir aux clients un service de qualité et une excellente expérience de voyage », déclarait Bogi Nils Bogason, directeur général d’Icelandair, dans le communiqué du 29 juillet. Le dirigeant mettait aussi en avant des avions de nouvelle génération consommant « jusqu’à 30% de carburant en moins par siège ».
Une nouvelle étape est attendue à partir de 2029 avec l’arrivée de l’Airbus A321XLR, dont Icelandair a commandé 13 exemplaires. Après le retrait des 757 et 767 passagers, cette version à autonomie accrue doit prolonger la modernisation du dispositif transatlantique de la compagnie. D’ici là, les premières journées de janvier 2027 restent, sous réserve de modifications du programme, le dernier rendez-vous annoncé avec ses deux familles de Boeing historiques.

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