Afrique: FastJet passe à l’Embraer 190

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La compagnie aérienne low cost FastJet a décidé de troquer ses Airbus A319 pour des Embraer 190 plus petits, afin d’adapter ses capacités à la demande – et tenter de redresser sa situation financière délicate.

Le nouveau CEO de la spécialiste du vol pas cher basée à l’aéroport de Dar es Salaam-Julius Nyerere en Tanzanie, Nico Bezuidenhout (ex-South African Airways), a dévoilé le 21 septembre 2016 une perte semestrielle de 15 millions de dollars, alors qu’elle affichait au premier semestre 2015 un profit de 6,4 millions de dollars. La période a été « très difficile », reconnait le dirigeant qui veut en priorité « stabiliser la compagnie, réduire les coûts et s’assurer que Fastjet a la flotte désirable en termes de nombre d’avions comme de types ». Dans ce dernier cas, la traduction a été immédiate : les cinq Airbus A319 (quatre en Tanzanie, un chez la filiale au Zimbabwe) seront progressivement remplacés par des Embraer 190. Un nouvel appareil sera opéré dès la fin du mois (pris à court terme en wet lease avec équipages, avec une transition vers le dry lease au début 2017), et deux autres seront mis en service d’ici décembre. A la fin de l’année, FastJet n’aura plus que trois A319 : le seul qu’elle possède en propre et qui est en vente, et deux autres qui devraient rester en Tanzanie pour assurer la transition jusqu’à la signature de contrats de location pour les E190 suivants. Au total, la modification de la flotte devrait entrainer une baisse de 15% des capacités et des coûts associés, estime le dirigeant.

Selon Airlineroute, les trois premiers E190 seront déployés fin octobre entre Dar es Saalam et Kilimandjaro (11 vols par semaine dont 3 poursuivant leur route vers Entebbe), Mbeya (11) et Mwanza (4).

Hormis la flotte, l’autre annonce de FastJet concerne son siège actuel, à l’aéroport de Londres-Gatwick : il sera déménagé au début de l’année prochaine vers Johannesburg, la plus importante escale de son réseau. Tout n’est pourtant pas noir pour la low cost : le lancement d’une nouvelle liaison entre Harare et Johannesburg a été un succès, son chiffre d’affaires a progressé au premier semestre de 1,6 million à 33,1 millions de dollars, et son trafic a progressé de 9,6% à 399.000 passagers. Mais la low cost a dans la même période augmenté ses capacités de 58%, entrainant une chute de son coefficient d’occupation de 70% à 48% ; et par rapport au S1 2015, la recette unitaire est passée de 7,61 cents à 5,06 cents.

On notera que Fastjet est passé chez Amadeus le 19 septembre dernier, ce qui pourrait aider la convalescence dans un continent où ATW estime que 80% des ventes de billets d’avion se font encore en agence de voyage.

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http://www.air-journal.fr/2016-09-23-afrique-fastjet-passe-a-lembraer-190-5169860.html

Commentaire(s)

  1. Clama92

    EasyJet y rêvait de faire prospérer son modèle econonique à travers sa filiale fastjet… Ça semble mal parti !

    Le marché de l’Afrique est très complexe. Certains s’y sont cassés les dents , d’autres sont sur le lit d’hôpital ( saa, Kenya airways ) . Sans perfusion des états états respectifs , le transport aérien ne peut y exister.

  2. nom

    Ils auraient dû prendre aussi du embraer170 voir du C100 plus apte a un Coefficient d’occupation performant.

  3. Le modèle économique du low-cost dans les pays riches n’est pas nécessairement duplicable dans les pays africains, où le pouvoir d’achat, le temps de loisirs et les distances n’ont rien de comparable.
    L’A319 s’est, sans surprise, rapidement révélé trop grand pour ces marchés. Reste à trouver le meilleur compromis capacité/rayon d’action/coût. L’E190 est certainement un meilleur choix, l’E170 offrant des coûts pratiquement identiques pour une capacité inférieure.
    Souhaitons quand même qu’ils réussissent leur pari de développer le transport sur un continent qui en a bien besoin, et surtout d’offrir un transport digne du nom, loin des clichés des Cies poubelles de certains pays africains.

  4. En Afrique seuls Ethiopian et dans une moindre mesure la RAM savent comment faire des bénéfices. Les taxes d’aéroports (qui sont loin d’être justifiées vu la gueule des installations) sont plus élevées que partout ailleurs.

  5. Bigger is not better il vaut mieux des avions plus petts faciles a remplir que de faire voler des grosses unites lourdes etc a380 747-8i en font les frais
    Les embraer et crj n’ont pas de concurence sur ces marches emergents lorsqu’il s’agit de moderniser les flottes peut etre une carte a jouer ?

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