La « nouvelle » compagnie aérienne Alitalia pourrait rationaliser sa flotte à trois familles seulement, Airbus A220 pour CityLiner, A320 pour le moyen-courrier et Boeing 787 Dreamliner pour le long-courrier.

Selon le Corriere della Sera, la compagnie italienne désormais renationalisée aurait déjà commencé à négocier avec Airbus et Boeing sur une flotte modernisée. Alitalia opère actuellement 65 monocouloirs Airbus (A319, A320 et A321), quatorze A330-200, onze Boeing 777-200ER et un 777-300ER, plus 19 Embraer 170 et 190 – et aucun avion en attente de livraison.

Le renouvellement verrait donc les Embraer sortir de la flotte, remplacés par des A220 (probablement -100 et -300), et les Triple Sept et A330 remplacés par des Dreamliner (787-8 et 787-9). Pour les monocouloirs, les sources du quotidien estiment que le choix des A320neo coûterait à Alitalia 44,5 millions d’euros par appareil en moyenne ; le passage à la famille 737 aurait été écarté en raison des coûts de transition. Le remplacement des gros-porteurs par des Dreamliner serait en parti justifié par le fait que certaines pièces des 787 sont fabriquées en Italie ; Airbus aurait cependant présenté une contre-offre avec des A330neo et A350 à prix cassés, et une flotte tout-Airbus aurait sans doute les faveurs de l’Europe qui vient de prêter 209 milliards à l’Italie…

Tous les nouveaux avions devraient être achetés neufs avec des remises « d’au moins 50% », et devraient apporter « des avantages opérationnels de 100 millions d’euros par an, en plus des économies d’environ 200 millions d’euros dues à la baisse de la consommation de carburant ».

Aucun accord n’a été signé et les deux constructeurs refusent comme toujours de commenter des négociations en cours, mais de « premiers contacts » auraient été pris. Rappelons que la nouvelle Alitalia-Tai, avec Francesco Caio comme président et à ses côté l’administrateur délégué et CFO Fabio Lazzerini (ancien responsable d’Emirates en Italie), dispose d’un « matelas » de 3 milliards d’euros. Parmi les ambitions affichées début juillet l’ouverture de nouvelles liaisons intérieures en particulier vers le sud de l’Italie (Bari, Brindisi, Reggio di Calabria, Lampedusa, Pantelleria), et de façon beaucoup plus vague un regain de « concurrence sur les marchés internationaux ».

Placée sous « administration extraordinaire » depuis plus de deux ans, suite au rejet par les syndicats d’un plan de relance de l’actionnaire Etihad Airways, et ayant déjà reçu deux prêts d’Etat de plusieurs centaines de millions d’euros, la compagnie de l’alliance SkyTeam devra être « réellement différente » de la précédente Alitalia, sans quoi la Commission européenne pourrait lui refuser l’aide d’Etat. Quant aux syndicats, ils s’attendent toujours à une suppression de 4000 à 5000 postes ; en avril alors qu’Alitalia avait perdu 97% de son chiffre d’affaires, ils avaient trouvé un accord avec la direction pour mettre plus de 6600 salariés au chômage technique.

Nouvelle Alitalia : que des A220, A320 et 787 ? 1 Air Journal

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