Air France appelle l’Union européenne à instaurer un mécanisme de compensation sur les carburants durables afin d’éviter une concurrence jugée « déséquilibrée » face aux compagnies non européennes.
Sur BFMTV Business, le directeur général d’Air France-KLM, Benjamin Smith, met en cause le règlement européen RefuelEU Aviation, qui impose une part croissante de carburant d’aviation durable (SAF) au départ des aéroports de l’Union européenne (UE). À partir de 2030, les compagnies aériennes devront incorporer au moins 6% de SAF, puis 20% en 2035, un produit « actuellement environ trois fois plus cher que le kérosène classique », rappelle le dirigeant.
Ces surcoûts en SAF risquent de rendre non rentables plusieurs liaisons long-courriers directes, notamment vers l’Asie. Air France-KLM a ainsi prévenu qu’en l’état, le groupe franco-néerlandais pourrait devoir réduire « jusqu’à 45% » de son réseau asiatique à l’horizon 2030, y compris des lignes stratégiques comme Paris–Pékin ou Amsterdam–Shanghai. Une telle contraction pousserait les passagers vers des correspondances via Doha, Dubaï ou Istanbul, où les compagnies aériennes du Golfe et de Turquie ne sont pas soumises aux mêmes obligations de SAF sur le tronçon extra‑européen.
Un mécanisme pour rééquilibrer le marché
Selon Benjamin Smith, Air France-KLM n’est pas « dans une situation pour combattre [ses] concurrents ». Le dirigeant appelle Bruxelles à mettre en place un « mécanisme » pour rétablir des conditions de concurrence équitables. L’idée, déjà portée par le lobby Airlines for Europe (A4E), serait de créer un mécanisme d’ajustement type MACF (Mécanisme d’ajustement carbone aux frontières) appliqué au SAF, obligeant les transporteurs non européens à contribuer aussi au coût du carburant durable lorsqu’ils vendent des billets au départ de l’UE.
Air France-KLM plaide ainsi pour une contribution basée sur la « destination finale » du passager, et non sur le seul tronçon intra‑UE, afin de toucher également les vols opérés via des hubs hors UE. « Nous ne demandons pas de protections ou de subventions, mais simplement que les mêmes règles s’appliquent à tous », insistent Benjamin Smith et d’autres dirigeants de l’aérien européen, qui réclament une « neutralité compétitive sur le SAF ».
La crainte d’un recul de l’Europe sur le long‑courrier
Pour les compagnies aériennes européennes, le risque est double : perte de parts de marché au profit des compagnies concurrentes (principalement celles du Golfe) et inefficacité climatique. Elles soulignent que des passagers redirigés vers des itinéraires plus longs via des hubs intermédiaires peuvent générer davantage d’émissions globales, alors même que les transporteurs européens supportent les coûts de la transition.
Des études sectorielles citées par ces acteurs anticipent déjà une baisse de la part de l’Europe dans le trafic mondial, de 26% à moins de 20% d’ici vingt ans, pendant que l’Asie-Pacifique grimperait vers 46%. Dans ce contexte, les compagnies aériennes françaises affirment que l’empilement de taxes, redevances et obligations environnementales, sans mécanismes correcteurs, menace « la compétitivité et la souveraineté aérienne » du vieux continent.
Les demandes d’Air France-KLM s’inscrivent dans une série de prises de position similaires des acteurs de l’aérien européen. En 2025, les fédérations française (FNAM) et allemande (BDL) de l’aviation avaient déjà dénoncé des « distorsions de concurrence » causées par les règles européennes sur les carburants durables, estimant que les transporteurs européens long‑courriers étaient plus pénalisés que leurs rivaux turcs ou du Golfe. Elles proposaient alors une « contribution SAF sur les billets » liée à la destination finale, y compris pour les passagers empruntant une correspondance hors UE, ou un supplément spécifique pour les trajets via un hub extra‑européen.
Un débat au croisement du climat et de la compétitivité
La Commission européenne défend le règlement RefuelEU Aviation comme un pilier de la décarbonation du secteur aérien, en fixant un signal de demande minimum pour stimuler la production de SAF. Le débat devrait se poursuivre au niveau européen, entre partisans d’un durcissement rapide de la politique climatique et ceux qui redoutent de voir l’aérien européen perdre des lignes, des emplois et de l’influence au profit de hubs concurrents mieux lotis sur le plan réglementaire. Air France, à travers Air France-KLM et le lobby A4E, a déjà fait savoir qu’elle continuerait à pousser pour un mécanisme de correction, estimant qu’il en va autant de la transition énergétique que de la place de l’Europe dans le ciel mondial.

©KLM
SERGE13 a commenté :
22 février 2026 - 11 h 12 min
ça fera travailler un peu plus les EK QR et autre TK. Ma foi.
Nico a commenté :
22 février 2026 - 18 h 45 min
Donc c’est pas bon ma foi
JMW a commenté :
22 février 2026 - 11 h 22 min
Comme tout cela est bien compliqués. Quel cinéma. A force d’imposer des contraintes écologiques pour les entreprises ou des taxes pour l’environnement pour les particuliers, les Européens se créent eux-mêmes des problèmes et creusent la tombe de leurs industries. Après les voitures, ils s’attaquent aux compagnies aériennes. Tout ce qui est renouvelable est cher et ne fonctionne que par des taxes ou des subventions. Et finalement c’est le citoyen qui paie. SVP, supprimez toutes ces contraintes écologiques inventées par le lobby vert de la commission européenne. Le réchauffement climatique, rien ne sert de le combattre, il faut s’y adapter.
@JMW a commenté :
22 février 2026 - 13 h 58 min
S’y adapter va malheureusement coûter infiniment plus cher que de le combattre … Mais, comme vous le mettez en exergue, il s’agit de dépenses immédiates comparées à des dépenses futures.
Le choix est vite fait pour ceux qui refusent de voir plus loin que le bout de leur nez.
Refuser le changement est un comportement humain parfaitement normal. Savoir le reconnaître et agir en conséquence exige un peu de réflexion .
CCO18 a commenté :
23 février 2026 - 7 h 29 min
L’Europe représente 10% des émissions, mais veut en compenser 100%.
Nous (l’Europe) ne sauverons pas la planète mais nous devrions nos industries en essayant de la sauver. l’Asie récupère le travail qui était décarbonné chez nous et le remplace par du super-carbonné.
Pouvez-vous nous expliquer en quoi notre suicide sauve la planète ?
Vous avez dit lobby ? a commenté :
23 février 2026 - 20 h 24 min
Votre commentaire contient deux mots intéressants, auxquels on n’accorde pas toujours l’attention qu’ils méritent :
.lobby(ies) : qui peut dire qui ils sont vraiment ? des Suédois fervents adeptes du fameux “flygkskam” ? des écolos sortis de leurs Zads ? d’anciens pilotes de lignes repentis, qui se sont reconvertis dans l’élevage de chèvres dans le Larzac ? Qu’est-ce qui fait que leur “pouvoir ” ou prétendu tel peut influencer des votes ?
.l’union européenne : c’est ce nuage flou qui flotte à Bruxelles… Au-delà de l’image plus que contestable -et des actions contestées- de sa présidente Mme Von der Leyen, qui connaît vraiment les identités de tous ceux qui composent la “commission européenne ” ? qui signe les décisions ? quel est le véritable processus qui mène à l’adoption d’un texte ?
Bien peu nombreux sont ceux qui, en France comme ailleurs, sans doute, sont capables de le dire… et la meilleure façon d’entretenir la colère, la frustration, le doute, les accusations plus ou moins fantaisistes, voire l’opposition violente, et les envies de Frexit, c’est ce secret qui règne dans la façon dont l’Europe nous gouverne vraiment.
Et lorsque l’on ajoute, spécificité bien française, le fait qu’en France, on surtranspose les directives Européennes en leur ajoutant une couche réglementaire à la Française… Demandez aux agriculteurs…
Depuis la fameuse histoire de la “cambrure des bananes”, directive pondue par un de ces “bureaucrates grassement payés”, (mais si, vous vous en souvenez) l’Union Européenne, si elle a fait des progrès dans certains domaines, n’en a fait aucun sur un sujet-clé : la transparence de sa gouvernance.
C’est la meilleure façon de se tirer une balle dans le pied.
Y’a a commenté :
22 février 2026 - 13 h 59 min
L’écologie punitive, l’UE, la sur fiscalisation Macron vont bien arriver à « flinguer » le transport aérien français après avoir mis en péril la filière nucléaire, ruiner l’agriculture et torpiller l’industrie automobile ! Allez, encore un petit effort et ça sera le tour d’AFKLM… une seule solution face à ce massacre économique, le Frexit ! Vite, qu’on retrouve tous notre souveraineté, notre autonomie, nos marges de manœuvre et nos libertés torpillées par Van der La Yenne !
Quatre ans déjà … a commenté :
22 février 2026 - 14 h 15 min
En terme de carburant un problème pourtant central n’est pas abordé. Les routes vers l’Asie sont particulièrement touchées en raison de l’impossibilité du survol de la Russie pour les compagnies européennes. Cela allonge considérablement les distances, la consommation de carburant et donc les coûts .
Les compagnies chinoises ne sont pas soumises à cette interdiction ce qui leur permet des temps de parcours et donc de consommation carburant bien plus faibles.
Prendre une compagnie chinoise pour se rendre en Chine présente néanmoins un risque pour les passagers européens : quid de leur traitement en cas de déroutement, en raison d’une panne, sur le sol russe ?
Seront ils internés pour servir de moyen de pression ?
Le risque est faible mais il existe .
Yao a commenté :
22 février 2026 - 19 h 01 min
internés des passagers ayant pris des compagnies chinoises ? non je ne pense pas qu’ils joueraient à ça. quels messages enverraient ils à la Chine en faisant ça ? c’est se tirer une balle dans le pied.
beurk a commenté :
22 février 2026 - 20 h 53 min
Ben voyons… on nous fait du Tom Clancy maintenant… Aussi bête que nous faire croire que la Russie va envahir l’Europe après 6 ans de guerre en Ukraine où les russes ont conquis à peiner l’équivalent de la… Suisse… A ce rythme, les russes seront à Paris en 2050… Il faudrait arrêter les délires…
@Beurk a commenté :
23 février 2026 - 1 h 12 min
Défaut de visa = rétention administrative = internement .
C’est pas du Tom Clancy , ce sont les lois sur l’immigration que beaucoup de pays, dont la Russie, ont tendance à appliquer avec rigueur voire sévérité si ça leur chante.
Après, il est très facile pour les autorités locales de faire durer les choses plus ou moins longtemps, le temps de réaliser toutes les formalités légales et administratives…. Les russes sont très fort pour cela .
Souvenez vous par exemple du détournement du vol Ryanair sur Riga . Suite à l’impossibilité de survoler la Biélorussie les compagnies européennes ont dû modifier leur plans de vols. Il a fallu des semaines de traitement du côté russe pour que les compagnies européennes soient en mesure de reprendre leur vols vers le Russie.
Dans le cas d’un déroutement, les passagers sont le plus souvent parqués dans des hôtels mais certains pays non coopératifs bloquent les passagers dans l’enceinte de l’aéroport voire même dans l’avion . C’est ce qui s’est passé récemment en Azerbaïdjan ( qui comme chacun sait a les meilleures relations avec la France …) avec un vol Air France .
Ok Beurk ?
Mu a commenté :
22 février 2026 - 14 h 22 min
Lorsque l’Union européenne soutien la guerre en Ukraine et veut la guerre contre la plus grande puissance militaire, il est évident qu’elle nous prend pour des imbéciles avec ses mesures soi-disant écologiques et d’asservissement de tous les peuples de l’Union européenne alors que le parti écologiste qui ne représente que dalle dans chaque élection ça peut se comprendre les gens en ont ras le vol avec leur députés qui roulent dans des voitures à plus de 60000 € payée par les contribuables!
julien31 a commenté :
22 février 2026 - 18 h 41 min
sortir de l’UE me semble indispensable à la survie de la France
Yoann a commenté :
22 février 2026 - 22 h 10 min
L’Europe est INDISPENSABLE à la France qui doit par contre se débarasser de citoyens proférant de telles inepties
beurk a commenté :
22 février 2026 - 23 h 20 min
Plus personne ne veut de l’UE de la décroissance, de la pauvreté, du chômage, de la fracture sociale, des impôts, de l’insécurité, de l’invasion migratoire, de la guerre… PLUS PERSONNE… L’UE qui est en train de tuer le transport aérien pour le plus grand bonheur des compagnies aérienne d’Asie et du MO.
Nico a commenté :
22 février 2026 - 18 h 47 min
Entre ça, les taxes aéroports qui flambent, les TSBA et autres contributions obligatoires, ça commence vraiment à faire beaucoup.
l’Europe veut détruire l’aviation européenne.
nickel a commenté :
22 février 2026 - 20 h 59 min
Le seul et unique “salut” de la croissance, des industries françaises, de la croissance de son agriculture, de ses entreprises, de ses filières d’excellence (aéronautique, nucléaire, défense, agriculture, espace, etc.) est de sortir d’urgence de l’UE. L’UE est une machine à broyer les économies, à surtaxer, à sur reglémenter, à créer du chômage, des dépendances, l’appauvrissement des nations et des peuples, sans parler de leur contrôle… Il serait temps que les français se réveillent !
Xian a commenté :
23 février 2026 - 5 h 41 min
L’UE ne save que créer des taxes de tous genres sur des problèmes qu’elle se crée,affaiblissant les sociétés qui travaillent dur pour mettre leur tête hors de l’eau.. première réaction de l’UE à un problème= taxation..c’est tout pour résoudre,,et les politiques savent comment dépenser l’argent récolté,,pas pour l’état,, pour leur pomme! pourquoi élire des gens qui seront là pour vous taxer et non vous aider à mieux travailler,gagner votre vie.chercher des gens qui pensent et agissent pour renforcer votre pays, votre société,et non les détruire..de beaux parleurs et après être élus,ils se gavent de taxes et oublient leurs promesses..
Quelle image du pays où nous vivons,que nous laissons à nos enfants.pour Air-France,leur PDG a raison,,car ces politiciens ne savent que se tirer dans les pieds et mettre la pagaille dans le déroulement du travail des sociétés,de ceux qui renforcent le pays.. exemple,,la cour des miracles à l’Élysée! Quelle foutaise!
HERMANT a commenté :
23 février 2026 - 13 h 13 min
Il est indispensable de sortir au plus vite de cette Europe de la contrainte décidée par des fonctionnaires hors sol