La Federal Aviation Administration (FAA) américaine a autorisé Boeing à engager la phase 4A de l’Autorisation d’inspection de type (Type Inspection Authorization, TIA) de son 777‑9, marquant une nouvelle étape, attendue de longue date, dans le parcours de certification du futur long‑courrier vedette de l’avionneur américain.
Selon des sources citées par The Air Current, la FAA a donné son feu vert le 17 mars pour le lancement de la phase 4A des essais de certification du 777‑9, première déclinaison de la famille 777X. Cette autorisation permet à Boeing d’engager une nouvelle série d’essais en vol et au sol destinés à démontrer que des systèmes supplémentaires de l’appareil respectent les exigences réglementaires américaines.
Le directeur financier de Boeing, Jay Malave, avait lui‑même laissé entendre, lors d’une conférence investisseurs, que cette approbation était imminente, déclarant que le groupe s’attendait à l’obtenir « très prochainement ». Boeing a ensuite confirmé avoir reçu l’aval du régulateur pour débuter cette nouvelle phase de tests, qui s’inscrit dans un processus d’Autorisation d’inspection de type structuré en cinq grandes étapes.
Ce que recouvre la phase 4 de certification
Dans l’architecture de la TIA, la phase 4 est elle‑même scindée en deux volets, 4A et 4B, qui représentent ensemble un volume d’essais comparable à celui de la phase 3, entamée en novembre 2025. La phase 3 est généralement considérée comme l’un des segments les plus denses, couvrant un large éventail d’essais en vol et de vérifications des systèmes principaux, dont les commandes de vol et l’avionique avancée.
Avec la phase 4, l’accent se déplace vers des essais plus complets de systèmes dits « secondaires » en conditions opérationnelles réalistes, combinant vols et essais au sol afin de documenter finement la conformité de l’appareil aux normes de navigabilité. Comme souvent dans ce type de programme, les différentes phases peuvent se chevaucher, plusieurs appareils d’essais étant mobilisés simultanément et l’ouverture d’une nouvelle étape ne supposant pas l’achèvement complet des précédentes.
Après la phase 4 : vers ETOPS et fiabilité systèmes
Une fois la phase 4 bouclée, le 777‑9 entrera dans une phase 5 annoncée comme plus limitée, centrée sur un nombre réduit de tests de validation finale. Cette dernière étape sera suivie d’évaluations complémentaires, notamment la certification d’opérations étendues (ETOPS) et les essais de fonctionnalité et de fiabilité (F&R), qui exigent l’emploi d’appareils très proches de la configuration de livraison.
Ces volets sont particulièrement sensibles pour un gros-porteur destiné à de longues liaisons transocéaniques, car ils conditionnent la capacité de l’appareil à opérer sur de vastes segments au‑dessus des océans ou des zones isolées avec des marges de sécurité renforcées. Dans le cas du 777‑9, ces validations revêtent une importance accrue dans un contexte de surveillance réglementaire renforcée de Boeing après la crise du 737 MAX.
Un programme clé, mais six ans en retard
Le 777‑9 constitue la première version de la nouvelle famille 777X, et reste au cœur du carnet de commandes long‑courrier de Boeing, où les marges et les revenus unitaires demeurent nettement supérieurs à ceux des monocouloirs. Destiné à remplacer les 777‑300ER et à concurrencer les Airbus A350 sur le segment des gros porteurs à long rayon d’action, il a accumulé environ six années de retard, alors qu’une entrée en service était initialement envisagée autour de 2020.
Aux difficultés techniques et industrielles s’ajoutent la crise sanitaire, des problèmes de moteurs, des mouvements sociaux ainsi qu’une surveillance accrue de la FAA, autant de facteurs qui ont ponctuellement ralenti le programme. Reuters rappelle que Boeing a déjà passé quelque 15 milliards de dollars de charges sur le programme 777X, illustrant la dérive de coûts d’un projet devenu aussi stratégique que délicat.
Un projet à boucler pour renflouer les caisses
Sur le plan financier, la montée en puissance du 777‑9 est jugée déterminante pour la génération future de trésorerie de Boeing. Les livraisons de l’appareil doivent permettre de débloquer des milliards de dollars de revenus différés liés à des commandes clients de longue date, tout en améliorant les flux de trésorerie via des paiements d’étapes et les soldes versés à la livraison. Le programme 777X totalise quelque 619 commandes fermes, à ce jour, toutes versions confondues (777‑8, 777‑9 et 777‑8F). Sur ce total, 521 commandes concernent le 777‑9.

Ah Bon ? a commenté :
20 mars 2026 - 9 h 50 min
..les essais de fonctionnalité et de fiabilité (F&R), qui exigent l’emploi d’appareils très proches de la configuration de livraison…”
Avec plus de 25 appareils déjà produits, ils auront le choix