Le 21 février, sur un vol Transavia entre Hurghada et Amsterdam (HV6134, assuré en Airbus A321neo immatriculé PH‑YHC), deux passagères – une femme et une jeune fille – auraient été invitées à voyager durant tout le vol sur les jumpseats du cockpit afin de résoudre un cas de surbooking, au lieu d’être refusées à l’embarquement conformément au régime européen de droits des passagers. La compagnie a ouvert une enquête interne, l’épisode soulevant de sérieuses questions de sûreté.

Selon un passager assis en rang 2, le vol HV6134 au départ d’Hurghada était surbooké lorsque l’équipage a commencé l’embarquement le 21 février. Plutôt que d’appliquer strictement le règlement européen EU261/2004, qui prévoit notamment la recherche de volontaires puis, le cas échéant, le refus d’embarquement contre compensation financière, le commandant aurait demandé à voix haute des volontaires pour prendre place sur les sièges rabattables du cockpit.

Deux personnes – décrites comme « une femme corpulente et une fillette d’environ dix ans » – auraient alors été choisies et installées à l’avant, dans un espace classé « zone de sûreté à accès restreint » depuis de nombreuses années. « Au lieu d’indemniser des passagers, le commandant a résolu le surbooking en laissant deux personnes non autorisées occuper les jumpseats du cockpit pendant tout le vol », résume le témoin, qui dit avoir transmis une vidéo et un rapport formel à l’autorité néerlandaise de supervision (Inspectie Leefomgeving en Transport, ILT) ainsi qu’à l’Agence européenne de la sécurité aérienne (AESA).

Présence prolongée en poste de pilotage et questions de sûreté

D’après ce même récit, les deux passagères seraient restées dans le cockpit durant les cinq heures de vol, y compris lors des phases critiques de décollage et d’atterrissage à Amsterdam‑Schiphol. Une telle présence prolongée de personnes extérieures à l’équipage pose plusieurs problèmes : exposition au travail des pilotes, gestion des procédures d’urgence, surcharge potentielle en cas d’incident, mais aussi risque accru en matière de sûreté, quand bien même les intéressées ne présenteraient pas de menace apparente.

Depuis le 11‑Septembre, les cockpits des avions de transport public sont protégés par des portes renforcées, verrouillées en vol, et leur accès est strictement limité aux membres d’équipage ou, à titre exceptionnel, à des personnes autorisées selon des procédures encadrées par les autorités et les manuels d’exploitation des compagnies. En Europe, les règles de l’AESA n’interdisent pas totalement toute présence non‑membre d’équipage au poste de pilotage, mais la pratique est devenue rare en exploitation commerciale régulière, et les conditions sont très restrictives : autorisation préalable, évaluation de sûreté, accord de la compagnie et des pilotes, et interdiction fréquente durant les phases critiques.

L’autorité néerlandaise juge la situation « indésirable »

Dans une réaction relayée par la presse néerlandaise, l’Inspection de l’environnement humain et des transports (ILT), chargée de la supervision de l’aviation civile aux Pays‑Bas, a qualifié la situation d’« indésirable » et indiqué avoir exprimé ses préoccupations à Transavia. L’autorité n’a toutefois pas, à ce stade, ouvert d’enquête formelle de sécurité, préférant s’en remettre dans un premier temps à la démarche interne de la compagnie, tout en restant en dialogue avec elle.

Transavia, compagnie à bas coûts du groupe Air France‑KLM, a confirmé l’existence de l’incident et annoncé une enquête interne ainsi qu’un ajustement de ses procédures. La société reconnaît que des personnes non membres d’équipage ont pris place dans le cockpit, tout en insistant sur le fait qu’il n’y a jamais eu de mise en danger volontaire des passagers ou de l’avion. Elle n’a pas, en revanche, précisé si des mesures disciplinaires pourraient viser l’équipage.

La conclusion de l’enquête interne dira si la décision du commandant de bord sera considérée comme une simple erreur de jugement, un manquement individuel plus grave, ou le symptôme de pressions commerciales insuffisamment encadrées par l’organisation. L’ILT, elle, devra déterminer si l’épisode justifie des recommandations plus générales, voire un rappel formel des bonnes pratiques d’accès au cockpit pour l’ensemble des compagnies opérant sous supervision néerlandaise.

Surbooking chez Transavia : deux passagères installées en cockpit provoquent une enquête interne aux Pays‑Bas 1 Air Journal

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