AirBaltic appelle l’État letton à la rescousse pour faire face à l’explosion de sa facture de carburant, sur fond de guerre au Moyen-Orient et de tensions croissantes sur le marché mondial du kérosène. La compagnie demande un prêt de trésorerie, présenté comme une mesure de stabilisation préventive, afin de préserver son programme de vols et son rôle de hub régional à Riga.
La compagnie aérienne nationale lettone airBaltic a sollicité un prêt à court terme auprès du ministère des Transports, invoquant la hausse des prix du carburant d’aviation causée par le conflit militaire au Moyen-Orient, selon une déclaration de la compagnie publiée le 31 mars. Le montant exact du prêt n’a pas été officiellement rendu public. Des estimations avancées à la mi-mars évoquaient toutefois un besoin de 100 à 150 millions d’euros de liquidités, reflet de la brutale dégradation de l’environnement énergétique pour les transporteurs aériens européens. Selon l’agence lettone LETA et plusieurs médias locaux, le gouvernement a néanmoins déjà validé le principe d’un prêt à court terme de 30 millions d’euros, qui doit encore être définitivement approuvé par le Parlement (Saeima).
Un secteur frappé par le choc du kérosène
La demande d’airBaltic intervient dans un contexte de flambée généralisée des prix du carburant aviation, alimentée par l’aggravation de la guerre au Moyen-Orient et les perturbations des flux de pétrole via le détroit d’Ormuz, axe majeur pour l’acheminement d’hydrocarbures. Les prix du kérosène dans le Golfe, qui représente environ un tiers du marché mondial, ont par moments quasiment doublé, ce qui renchérit brutalement les coûts d’exploitation des compagnies.
Ce choc n’épargne aucun réseau : plusieurs grands transporteurs, de l’Europe à l’Asie, ont relevé leurs tarifs, introduit des surcharges carburant ou réduit leur offre afin d’absorber cette poussée des coûts. Pour une compagnie de taille moyenne comme airBaltic, opérant une flotte homogène d’Airbus A220 fortement exposée au coût du carburant, l’augmentation des prix du kérosène se traduit immédiatement par une pression accrue sur la trésorerie et les marges.
Le gouvernement invoque un enjeu stratégique
« Ayant reçu et examiné la lettre d’airBaltic concernant la nécessité d’accorder un prêt à court terme comme l’une des mesures préventives possibles de stabilisation, j’ai proposé que cette question soit inscrite à l’ordre du jour de la réunion du Cabinet d’aujourd’hui », a indiqué le ministre des Transports, Atis Švinka (Progressistes). Le ministre ajoute : « Il est essentiel de garantir la continuité des opérations de la compagnie à un moment où des facteurs externes ont un impact particulièrement fort sur le secteur aérien ».
Pour l’exécutif letton, l’enjeu dépasse la seule santé financière d’un transporteur national : la Première ministre Evika Siliņa a rappelé qu’airBaltic est « critique pour le renforcement de la sécurité nationale de la Lettonie et l’amélioration de la connectivité », ce qui justifie, selon elle, le recours à un prêt de court terme dans un contexte de flambée des prix du carburant. Le gouvernement souligne toutefois que la décision finale sur le financement reste conditionnée à l’examen réglementaire complet et à l’obtention de toutes les autorisations nécessaires.
Un réseau maintenu, malgré des suspensions ciblées
Selon le ministère des Transports, la compagnie continue pour l’instant d’exploiter ses vols conformément à son programme prévu. Le recours à un prêt, s’il est effectivement accordé, doit lui permettre de maintenir un réseau stable, en évitant des ajustements brutaux de capacité et en amortissant l’impact de la hausse du carburant sur ses opérations.
Parallèlement, airBaltic a été contrainte, pour des raisons de sécurité, de suspendre ses liaisons vers Tel-Aviv et Dubaï, à l’instar de nombreux transporteurs exposés à la zone de conflit. Ces suspensions ont mécaniquement réduit ses recettes et dégradé l’efficacité globale de son réseau, en particulier sur les flux en correspondance via Riga.

Aucun commentaire !