Air France vient d’annoncer une nouvelle augmentation de sa surcharge carburant. Pour un aller-retour en classe économique, elle passe désormais de 50 à 100 euros sur les vols long-courriers. Même les vols court et moyen-courriers sont concernés : +10 euros par aller-retour.
Cette décision, avec effet début avril, fait suite à une première hausse mise en place le 11 mars (25 euros par trajet, 50 l’aller-retour en classe économique). KLM, sa partenaire du groupe Air France-KLM, a suivi le même mouvement. Transavia, la low cost du groupe, a relevé ses tarifs de 10 euros en moyenne pour un aller-retour.
D’autres compagnies réagissent aussi. Aux États-Unis, Delta, Southwest, American Airlines et United ont augmenté leurs frais de bagages de 5 à 10 dollars. Air India a imposé des surcharges plus élevées : 50 dollars vers le Moyen-Orient, 205 dollars vers l’Europe et jusqu’à 280 dollars vers l’Amérique du Nord ou l’Australie. Une vingtaine de transporteurs, dont United Airlines et Air Canada, répercutent également la hausse du kérosène.
Air France n’est pas la seule à augmenter ses tarifs. Voici comment les principales compagnies réagissent selon les données de Zonebourse :
| Compagnie | Mesure prise | Montant de la hausse |
|---|---|---|
| Air France-KLM | Surcharge carburant | +50 € aller-retour économie |
| Transavia | Hausse générale des tarifs | +10 € aller-retour en moyenne |
| Cathay Pacific | Surcharge carburant | +34% sur tout le réseau |
| Cathay Pacific (Hong Kong–Europe) | Surcharge carburant | 62 € → 129 € aller-retour |
| Air India | Surcharge carburant | 50 $ vers Moyen-Orient, 205 $ vers Europe |
| Air India | Surcharge carburant | 280 $ vers Amérique du Nord/Australie |
| Delta Air Lines | Frais de bagages | +10 $ premiers bagages, +50 $ 3ᵉ bagage |
| American Airlines | Frais de bagages | +10 $ premiers bagages |
| United Airlines | Frais de bagages | +10 $ Amérique du Nord/Latino-Amérique |
| SAS | Annulation de vols | 1 000 vols annulés en avril |
| Air Asia X | Surcharge carburant | +20% généralisée |
| Thai Airways | Hausse des tarifs | +10% à 15% |
| IAG (British Airways) | Pas de hausse immédiate | Couverture carburant à court terme |
« Les hausses des prix des billets se généralisent et elles sont inévitables »
Pascal de Izaguirre, président de la FNAM (Fédération nationale de l’aviation marchande) et PDG de Corsair, ne cache pas la réalité. Dans une interview à La Tribune, il déclare : « Les hausses des prix des billets se généralisent et elles sont inévitables ». Il explique que cette situation résulte de la flambée du prix du kérosène, de l’allongement des temps de vol dû aux restrictions de survol, et du « choc pétrolier » provoqué par la guerre au Moyen-Orient. Il ajoute : « On peut s’attendre à de nouvelles hausses de tarifs dans les prochains mois, si la situation perdurait ». Selon lui, la part du carburant dans les coûts d’exploitation des compagnies est passée de 25 % à 45 % en quelques semaines.
Pourquoi une telle flambée ?
Le prix du kérosène a explosé. Il est passé d’un peu plus de 90 dollars le baril au début de l’année à 209 dollars aujourd’hui, soit une hausse de plus de 130 %. Le cours du kérosène s’est envolé encore plus vite que celui du Brent, qui reste aux alentours de 100 dollars. La cause principale est la fermeture quasi-complète du détroit d’Ormuz, artère vitale qui voit transiter près de 20 % du pétrole mondial. Les tensions liées à la guerre en Iran, déclenchée fin février, ont bloqué ce passage stratégique entre le golfe Persique et la mer d’Oman. Les compagnies aériennes asiatiques et européennes, qui s’approvisionnent largement dans la région, sont particulièrement touchées. Même le cessez-le-feu entre l’Iran et les États-Unis n’a pas suffi à calmer les marchés.
Au lieu de répercuter leurs coût d’exploitation sur les billets d’avion, certaines compagnies aériennes préfèrent réduire leur programme de vols. SAS a annulé un millier de rotations. Ryanair prévient qu’elle pourrait supprimer jusqu’à 10 % de ses vols entre mai et juillet. Le groupe allemand Lufthansa travaille sur un plan d’immobilisation de ses avions au cas où la guerre s’enliserait. Pascal de Izaguirre confirme à La Tribune : « Aujourd’hui, si une compagnie aérienne constate qu’un vol dans un futur assez proche aura un coefficient de remplissage trop faible, et qu’il risque d’être lourdement déficitaire, alors elle peut préférer l’annuler ».
Le voyageur paie la note
Ces surcharges couvrent non seulement le carburant, mais aussi d’autres coûts qui ont grimpé. Pour le passager, le résultat est simple : des billets d’avion plus chers, parfois de plusieurs dizaines d’euros selon la destination. Pascal de Izaguirre note que l’impact est déjà « fort pour les secteurs du tourisme », même s’il reste « très variable » selon les compagnies aériennes, certaines bénéficiant d’un effet de report favorable. Dans un secteur déjà fragilisé, cette nouvelle vague de hausses risque de freiner le tourisme alors que la saison estivale débute. Les voyageurs n’ont guère le choix : ils paieront plus cher pour s’envoler. Et tant que le détroit d’Ormuz restera fermé, la situation ne devrait pas s’améliorer de sitôt.

©KLM
Serge13 a commenté :
11 avril 2026 - 11 h 12 min
Quand on pense que Mr Ben a crié au scandale pour une augmentation de 4€ de la taxe dite Chirac, qu’en plus la surcharge carburant a considérablement augmenté ces derniers, qu’en plus il nous fait payer du SAF (obligatoire dans le billet + participation volontaire) on ne peut qu’en rire.. il ne manquait plus que cette augmentation là. Bref il disait que 4€ allaient freiner la consommation…
Anna Stazzi a commenté :
11 avril 2026 - 13 h 35 min
J’aurais dû être fiscaliste,
J’admire la capacité infinie toujours élastique des législateurs pour pomper l’argent des poches.
Cette « taxe carburant » impôt indirect et injuste immédiatement appliqué, n’est pas justifiable cpte tenu des stocks que possèdent chaque entreprise, région, pays.
Pure spéculation, et opportunisme, avec une bonne dose de trouille, et ça roule.
Une pensée pour Michel Rocard « de gôche🤡 »créateur de la CSG, désormais appliquée sur toute manip financière, dont le talent a dû servir d’exemple pour l’établissement de cette taxe carburant, qui ne baisse jamais, bien que vendue fluctuante.
Nausée.
En attendant, la cheffe à Bruxelles vient d’émettre un appel d’offres pour des services de jets privés pour trimbaler la smala de
« dignitaires » de l’UE.
La fête continue😂🎉