Les travaux du CDG Express, la liaison ferroviaire directe entre la Gare de l’Est et l’aéroport Paris‑Charles de Gaulle, s’achèvent ce week‑end de Pentecôte après sept années de chantier. Attendu en service commercial fin mars 2027, le « train des riches » fait déjà polémique en raison d’un prix du billet élevé.
Selon SNCF Réseau, le « clap de fin » des travaux intervient avec le dernier raccordement de 4,5 kilomètres de voies nouvelles entre la gare de l’Est et La Plaine–Stade de France, réalisé du samedi 23 au lundi 25 mai. Près de 300 opérateurs, épaulés par des équipes d’Eiffage et d’Alstom, sont mobilisés pour terminer ce maillon clé du futur service.
« Ce sera vraiment l’acte de naissance de la ligne physique, de l’infrastructure du CDG Express ce week‑end », souligne Thomas Allary, directeur des grands projets chez SNCF Réseau, évoquant « le dernier grand jalon de sept ans de travaux ».
Compte à rebours vers mars 2027
La mise en service est prévue le 28 mars 2027, avec un train tous les quarts d’heure de 5 heures à minuit et un temps de trajet annoncé de 20 minutes entre Paris intra muros et Paris-CDG.
Avec la fin des travaux d’infrastructure ce week‑end, le projet entre dans une nouvelle phase, consacrée aux essais techniques et à la montée en puissance de l’exploitation d’ici à mars 2027. Les installations ferroviaires doivent être prêtes à la circulation dans les prochaines semaines, puis testées pendant plusieurs mois avant l’ouverture commerciale.
Un projet à 2,6 milliards d’euros
Le CDG Express est porté par un trio d’acteurs publics : Aéroports de Paris, SNCF Réseau et la Banque des Territoires. Le coût total de l’investissement est évalué à 2,6 milliards d’euros, financés notamment par un emprunt de 2,2 milliards garanti par l’État.
Pour ses promoteurs, ce train direct doit placer Paris au niveau des autres grandes capitales, dotées de liaisons rapides entre le centre‑ville et leurs aéroports. « Le but, c’est de doter Paris d’une nouvelle navette aéroportuaire directe, à l’instar des autres capitales internationales », rappelle Baptiste Maurand, président du gestionnaire d’infrastructure CDG Express.
Le « train des riches » au cœur des critiques
Le projet reste contesté par une partie des élus locaux et des associations d’usagers, qui reprochent au CDG Express de détourner des moyens financiers et capacitaires des transports du quotidien, notamment du RER B. Ceux‑ci dénoncent un « transport pour les riches », jugé prioritaire pour les passagers aériens internationaux plutôt que pour les habitants d’Île‑de‑France.
Les promoteurs du projet mettent en avant, au contraire, les retombées sur le réseau existant : SNCF Réseau estime qu’environ 500 millions d’euros de travaux ont permis de moderniser des infrastructures utilisées aussi par le RER B et d’autres lignes de banlieue. Selon eux, le CDG Express doit également contribuer à réduire le trafic sur l’autoroute A1 en captant une partie des trajets en voiture et en taxi vers l’aéroport.
Un tarif plus élevé que prévu
Au‑delà des enjeux d’aménagement, c’est désormais le tarif qui cristallise les critiques. Initialement, le prix du billet simple avait été annoncé à 24 euros, soit environ le double d’un trajet en RER B vers l’aéroport (14 euros). D’après les informations révélées par le site L’Informé, l’exploitant du CDG Express, Hello Paris, prévoit de fixer le billet simple à 25 euros dès l’ouverture du service l’année prochaine, un niveau supérieur au tarif de référence initialement avancé et qui conforte l’image de « train des riches » associée au projet. Ce niveau de prix devra permettre d’amortir les lourds investissements consentis pour financer l’infrastructure et son exploitation.
Le billet du CDG Express ne sera pas intégré au passe Navigo, ce qui exclut toute tarification intégrée pour les abonnés franciliens. Pour les associations d’usagers, cette absence d’inclusion dans la billettique du quotidien renforce le caractère premium de la liaison, positionnée avant tout sur une clientèle de voyageurs aériens prêts à payer pour la rapidité et la fiabilité.
Un positionnement haut de gamme assumé
La fréquence promise – un train toutes les 15 minutes, 365 jours par an – doit offrir un niveau de service proche des trains « airport express » européens ou asiatiques. Le confort à bord des trains du CDG Express, avec une liaison directe Gare de l’Est–Paris-CDG terminal 2 en 20 minutes, est mis en avant comme un argument clé pour les voyageurs internationaux et les professionnels en déplacement.
Pour ses promoteurs, le tarif doit être comparé à celui d’un taxi ou d’un VTC entre Paris et Roissy, facturé entre 55 et 70 euros, afin de justifier un positionnement intermédiaire, plus cher que le RER mais moins onéreux qu’un transfert individuel. Les opposants rétorquent que l’essentiel des investissements aurait dû être consacré à renforcer l’offre existante à moindre coût pour les usagers du quotidien.

@Hello Paris
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