La Federal Aviation Administration (FAA) a proposé une amende civile de 165 000 dollars (environ 152 000 euros) à l’encontre d’Alaska Airlines, accusée d’avoir autorisé l’embarquement de passagers visiblement alcoolisés à 11 reprises entre février 2024 et février 2025. Une affaire qui illustre le durcissement du régulateur américain en matière de sécurité opérationnelle et de gestion des comportements à risque à bord.

Une violation des règles fédérales

Selon la FAA, les faits reprochés à la compagnie américaine contreviennent à la section 121.575 du Federal Aviation Regulations, qui interdit explicitement d’autoriser l’embarquement de passagers en état d’ébriété manifeste. Le régulateur souligne que la compagnie « n’a pas empêché plusieurs passagers manifestement intoxiqués de voyager », en dépit d’une obligation claire de détection et de refus d’embarquement avant le départ. Les autorités n’ont toutefois pas précisé les vols ni les aéroports concernés par ces 11 incidents.

Alaska Airlines dispose désormais de la possibilité soit de s’acquitter de l’amende, soit de contester la décision devant un juge administratif relevant du Department of Transportation.

Un contexte de surveillance accrue

Ce dossier s’inscrit dans une tendance plus large de renforcement de la supervision des compagnies aériennes par la FAA, notamment sur les questions de sécurité cabine et de gestion des passagers perturbateurs. Depuis la pandémie de Covid-19, les autorités américaines observent une hausse notable des incidents impliquant des passagers indisciplinés, souvent liés à la consommation d’alcool. La FAA impose ainsi aux transporteurs de signaler tout incident lié à l’alcool dans un délai de cinq jours, afin de suivre les tendances et d’identifier les risques émergents.

Dans ce contexte, les compagnies sont particulièrement surveillées sur leurs procédures internes, la formation des équipages et la coordination entre personnels au sol et en vol.

Réaction et mesures correctives

Alaska Airlines a indiqué avoir « pleinement coopéré » avec l’audit de la FAA et affirme avoir déjà pris des mesures correctives. La compagnie précise avoir renforcé la formation de ses employés, en particulier les agents d’escale et le personnel navigant commercial, afin d’améliorer la détection des passagers inaptes au voyage. Les équipes sont désormais davantage sensibilisées à plusieurs signes d’ivresse : troubles de l’élocution, difficultés motrices et/ou comportement agressif ou incohérent.

En parallèle, Alaska Airlines a amélioré ses protocoles de communication interne. Les agents peuvent désormais signaler immédiatement, via le système de réservation, tout passager présentant un risque avant même l’embarquement.

Un enjeu critique pour la sécurité aérienne

La réglementation américaine, à l’instar des normes européennes (EASA), repose sur un principe strict : un passager visiblement intoxiqué ne doit pas être admis à bord. Dans l’environnement confiné d’une cabine, un comportement perturbateur peut rapidement dégénérer et compromettre la sécurité du vol. Comme le rappelle régulièrement la FAA, « la gestion des passagers indisciplinés constitue une responsabilité essentielle des transporteurs aériens » .

Passagers ivres : Alaska Airlines dans le viseur du régulateur américain 1 Air Journal

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