À partir de ce lundi 1er juin, 26 liaisons aériennes françaises soumises à une obligation de service public bénéficient d’une réduction de 65% de la taxe de solidarité sur les billets d’avion (TSBA).

Cette mesure, votée en février 2025 mais appliquée seulement quinze mois plus tard, vise à soutenir la desserte des territoires les plus isolés tout en allégeant la facture des passagers.

Un tarif qui repasse de 7,40 € à 2,63 €

Le ministre des Transports Philippe Tabarot a annoncé dimanche 31 mai l’entrée en vigueur de cette baisse, qui ramène la taxe de solidarité sur les billets d’avion (TSBA) de 7,40 euros à 2,63 euros par passager sur les lignes exploitées dans le cadre d’une obligation de service public (OSP) et d’une délégation de service public (DSP). « Cette mesure traduit la volonté du gouvernement de soutenir la connectivité des territoires les moins bien desservis et d’alléger le coût du transport aérien depuis et vers ces destinations », a déclaré Philippe Tabarot selon un communiqué officiel du ministère. L’arrêté fixant cette réduction a été publié le 31 mai au Journal officiel et prend effet dès ce lundi.

Cette baisse concerne principalement des lignes de désenclavement en France métropolitaine, telles que les liaisons reliant Paris à Aurillac, Brive-la-Gaillarde, Le Puy-en-Velay, Castres, Rodez, Limoges et Tarbes. Sont également concernées des dessertes régionales comme Limoges-Lyon, La Rochelle-Lyon et Poitiers-Lyon, ainsi que la liaison insulaire Brest-Ouessant. Au total, 26 liaisons bénéficient de ce tarif réduit.

La Corse et Strasbourg également incluses

Parmi les dessertes concernées figurent également les principales liaisons entre la Corse et le continent opérées sous régime OSP/DSP, notamment vers Paris-Orly, Marseille et Nice, qui concentrent l’essentiel du trafic aérien insulaire. Ainsi, les vols au départ ou à destination d’Ajaccio, Bastia, Calvi et Figari vers ces trois plateformes métropolitaines voient leur TSBA passer à 2,63 euros. La capitale européenne Strasbourg bénéficie également de cette mesure pour ses liaisons vers Madrid, Munich et Copenhague, maintenant ainsi une connectivité internationale essentielle.

Le SCARA salue une « avancée partielle »

Dans un communiqué publié ce lundi, le Syndicat des Compagnies AéRiennes Autonomes (SCARA) se félicite de l’entrée en vigueur de cette réduction, « disposition qu’il a portée dans les discussions sur la loi de finances pour 2025 ». Le syndicat qualifie toutefois cette avancée de « partielle », soulignant que « durant les 15 mois entre le vote de la loi et sa mise en application, les compagnies opérant les liaisons concernées ont continué d’acquitter la TSBA au tarif plein ».

Le SCARA réclame en conséquence « la rétroactivité de la mise en application de cette exonération de la TSBA ». Le syndicat déplore également que « le tarif réduit de TSBA pour les liaisons non soumises à obligation de service public (OSP) vers la Corse et l’Outre-mer, voté dans cette même loi de finances, n’est encore pas entré en application ».

L’Outre-mer toujours dans l’attente

Le ministre des Transports a reconnu les difficultés rencontrées pour étendre cette mesure aux territoires ultramarins. « Je reste pleinement mobilisé pour que les territoires d’Outre-Mer puissent eux aussi bénéficier d’un taux réduit, compte tenu du caractère indispensable du transport aérien pour ces territoires », a déclaré Philippe Tabarot, ajoutant que la Commission européenne a jugé qu’un dispositif proposé par la France « ne pouvait pas être retenu juridiquement en l’état ».

Cette validation européenne a nécessité « plusieurs mois d’échanges avec les autorités françaises » avant que la réduction pour les lignes OSP métropolitaines et corses ne puisse entrer en vigueur.

Contexte : une fiscalité aérienne alourdie en mars 2025

Cette baisse intervient plus d’un an après le triplement de la TSBA décidé dans le cadre de la loi de finances 2025. Depuis mars 2025, la taxe sur les vols intérieurs et européens en classe économique est passée de 2,63 euros à 7,40 euros, tandis que les vols long-courriers ont vu leur taxation grimper jusqu’à 40 euros en classe économique et 120 euros en classe affaires.

Cette hausse massive a provoqué une levée de boucliers du secteur aérien. La compagnie irlandaise Ryanair a notamment annoncé en juillet 2025 une réduction de 13% de sa capacité en France, soit 750 000 sièges supprimés, et l’abandon de ses opérations à Bergerac, Brive et Strasbourg. Selon une étude de la Direction générale de l’Aviation civile (DGAC), cette hausse s’est répercutée « en grande partie, voire en totalité, sur les prix du transport aérien, représentant jusqu’à deux points d’inflation supplémentaire ».

Voici la liste complète des 26 lignes concernées par la baisse de la TSBA à partir du 1er juin 2026 :

Liaisons métropolitaines vers Paris (7 lignes)

  • Aurillac – Paris
  • Brive – Paris
  • Le Puy – Paris
  • Castres – Paris
  • Rodez – Paris
  • Limoges – Paris
  • Tarbes – Paris

Liaisons régionales métropolitaines (4 lignes)

  • Limoges – Lyon
  • La Rochelle – Lyon
  • Poitiers – Lyon
  • Brest – Ouessant

Liaisons internationales au départ de Strasbourg (3 lignes)

  • Strasbourg – Madrid
  • Strasbourg – Munich
  • Strasbourg – Copenhague

Liaisons Corse – Paris Orly (4 lignes)

  • Ajaccio – Paris (Orly)
  • Bastia – Paris (Orly)
  • Calvi – Paris (Orly)
  • Figari – Paris (Orly)

Liaisons Corse – Marseille (4 lignes)

  • Ajaccio – Marseille
  • Bastia – Marseille
  • Calvi – Marseille
  • Figari – Marseille

Liaisons Corse – Nice (4 lignes)

  • Ajaccio – Nice
  • Bastia – Nice
  • Calvi – Nice
  • Figari – Nice
La TSBA réduite de 65% sur 26 lignes essentielles en France dès le 1er juin 1 Air Journal

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