Confrontée à l’immobilisation d’une part significative de sa flotte Airbus A320neo, ITA Airways envisage une action en justice contre Pratt & Whitney. En cause : les défaillances persistantes des moteurs GTF, qui perturbent l’exploitation de nombreuses compagnies aériennes dans le monde depuis 2023.
ITA Airways sous pression face aux moteurs GTF
ITA Airways étudie sérieusement la possibilité d’engager des poursuites contre le motoriste américain Pratt & Whitney, selon des informations rapportées par Reuters. La compagnie italienne devrait trancher d’ici fin juillet ou début août 2026 sur l’opportunité d’une action en justice.
Cette réflexion intervient dans un contexte opérationnel particulièrement tendu. Près d’un cinquième de la flotte de la compagnie — soit environ 15 appareils sur 80 — est actuellement immobilisé en raison de problèmes moteurs. Une proportion significative pour un transporteur de cette taille, qui affecte directement la programmation des vols et la capacité à maintenir son réseau.
Une crise industrielle mondiale depuis 2023
À l’origine de ces perturbations : un défaut de fabrication identifié en 2023 sur certains composants en métal pulvérisé (powder metal) des moteurs Pratt & Whitney PW1100G-JM, qui équipent une partie des Airbus A320neo et A321neo.
Ce défaut impose des inspections anticipées et des visites en atelier plus fréquentes, créant un engorgement des chaînes de maintenance à l’échelle mondiale. Résultat : des centaines d’appareils sont immobilisés chez différents opérateurs. Pratt & Whitney avait reconnu le problème en précisant que « des contrôles accélérés sont nécessaires pour garantir l’intégrité des composants concernés ».
Une flotte affectée et des coûts opérationnels en hausse
ITA Airways est particulièrement exposée, car une partie de sa flotte monocouloir de nouvelle génération repose sur ces motorisations. Ses Airbus A321neo sont équipés de PW1100G-JM, tandis que ses A320neo peuvent être motorisés soit par Pratt & Whitney, soit par les LEAP-1A de CFM International.
L’immobilisation d’appareils entraîne des conséquences immédiates : réduction de la capacité disponible, réorganisation des rotations, recours accru à des solutions de substitution (wet leasing, échanges d’appareils) et hausse des coûts opérationnels. Selon Reuters, cette situation « pèse lourdement sur les opérations de la compagnie » et fragilise son efficacité opérationnelle.
Une pression croissante sur Pratt & Whitney
ITA Airways n’est pas un cas isolé. De nombreuses compagnies, notamment en Europe et en Asie, ont déjà signalé des perturbations majeures liées aux moteurs GTF. Certaines ont dû réduire leurs programmes de vols ou revoir leurs plans de croissance. Face à cette crise, Pratt & Whitney a mis en place un plan d’inspection et d’indemnisation partielle pour les compagnies affectées, mais celui-ci est jugé insuffisant par plusieurs opérateurs.
Dans ce contexte, une action judiciaire d’ITA Airways marquerait une escalade significative et pourrait faire jurisprudence dans les relations entre motoristes et compagnies aériennes.

Georges a commenté :
8 juin 2026 - 12 h 39 min
Les A220 d’ITA doivent aussi être impactés
Ah Bon ? a commenté :
8 juin 2026 - 22 h 35 min
Si toutes les compagnies impactées s’y mettent, P&W va devoir remettre au pot après les 3 premiers milliards de $ provisionnés.
Pratt a commenté :
9 juin 2026 - 10 h 59 min
A ce stade, les compagnies aériennes impactées et les constructeurs devraient intenter une class-action.
On peut rêver, surtout dans un pays où les accords secrets mafieux hors justice sont devenus la norme
Tilo a commenté :
9 juin 2026 - 23 h 18 min
Moi ce que je ne comprend pas c’est pourquoi les problèmes PW affectent certaines compagnies comme airbaltic et ITA mais pas d’autres compagnies AF ou Delta ?
Vincent a commenté :
10 juin 2026 - 3 h 04 min
Elles sont toutes impactées avec la 1ère génération seulement elles communiquent d’une manière différente selon les contrats, négociations, maintenances, nouveaux moteurs, etc.
Swiss a dû canibaliser les moteurs de certains a220-100 pour maintenir les a220-300 par exemple. Air Baltic est en surcapacité et fait du wet lease pour le groupe Lufhtansa pour ce type d’avion. Le constructeur Embraer communique peu sur ces mêmes moteurs équipant les E2 ce qui est très étonnant (mêmes raisons que ci-dessus probablement).
Les 3er milliards sont très clairement sous provisionnés mais d’autres viendront chaque année surtout avec la famille a320 qui a une plus grande production.
Ce qui est étonnant c’est le faible investissement, d’une 100e de millions, pour augmenter la cadence même si la chaîne d’approvisionnement est sous grande tension et la problématique de la politique américaine (sachant que PW a également de gros problèmes sur les moteurs militaires)!
Sans jeter la pierre à personne les fournisseurs américains présentent de grosses lacunes et de multiples raisons à cela…