Air New Zealand a subi une perte nette de 242 millions de dollars néo-zélandais, soit environ 124 millions d’euros, sur son exercice 2026 clos le 30 juin. La compagnie a vu ses revenus progresser, mais la flambée du carburant, les indisponibilités de moteurs et une maintenance très lourde ont effacé les effets de cette croissance.

La compagnie nationale néo-zélandaise a publié une perte avant impôt de 336 millions NZ$, soit environ 172 millions d’euros, après un bénéfice avant impôt retraité de 164 millions NZ$ l’année précédente. Aucun dividende final ne sera distribué. Le chiffre d’affaires total a pourtant progressé de 3,9%, à 7 milliards NZ$ — environ 3,57 milliards d’euros — tandis que les recettes passagers ont gagné 4,8%, à 6,1 milliards NZ$ (3,12 milliards d’euros).

Carburant et moteurs : un double choc

Air New Zealand attribue l’essentiel de la dégradation à l’envolée du kérosène liée au conflit au Moyen-Orient. Le prix moyen du carburant aviation a atteint 111 dollars américains le baril sur l’exercice, contre 88 dollars un an plus tôt. Après une baisse de 4% au premier semestre, les prix ont bondi de 58% au second semestre.

Le seul choc pétrolier aurait alourdi la facture de 328 millions NZ$ — près de 168 millions d’euros — par rapport aux hypothèses de la compagnie. Après couverture, adaptation des tarifs et réductions de capacité, l’effet sur le résultat avant impôt reste estimé à 135 millions NZ$, soit environ 69 millions d’euros.

L’autre facteur majeur relève de la disponibilité de la flotte. Les difficultés affectant les Rolls-Royce Trent 1000 des Boeing 787-9 et les Pratt & Whitney PW1100G des Airbus A320neo/A321neo ont pesé à hauteur d’environ 190 millions NZ$, soit 97 millions d’euros. Elles ont entraîné des capacités perdues, des locations d’avions ou de moteurs, une moindre utilisation des appareils et des surcoûts opérationnels.

Nikhil Ravishankar, directeur général de la compagnie, assure que « les difficultés moteurs qui ont contraint notre réseau sont désormais largement derrière nous ». Cette affirmation appelle toutefois à la prudence : Air New Zealand prévoit encore un impact de 70 à 90 millions NZ$ — de 36 à 46 millions d’euros — lié aux moteurs en 2027. La compagnie met en avant un progrès de sa ponctualité, passée de 77,5% en 2025 à 84% au second semestre 2026, ainsi que la modernisation de sa flotte de Dreamliner : neuf des quatorze Boeing 787 ont déjà reçu la nouvelle cabine. L’achèvement du programme est annoncé pour novembre.

Air New Zealand espérait initialement renouer avec les bénéfices en 2027. Mais le niveau toujours volatil du carburant — évoqué autour de 150 dollars le baril — l’empêche désormais de publier une prévision de résultat.

Air New Zealand dans le rouge : carburant et moteurs font dérailler les comptes 1 Air Journal

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