La compagnie brésilienne Azul affirme avoir résolu le problème d’indisponibilité qui affectait depuis plus de quatre ans une partie de ses Embraer E195-E2 équipés de turboréacteurs Pratt & Whitney PW1900G. Tous les appareils de cette sous-flotte sont désormais en exploitation, selon son directeur général John Rodgerson. Une étape importante pour le transporteur, engagé dans une profonde recomposition de sa flotte et de son bilan.
Azul affirme avoir enfin surmonté les difficultés de disponibilité des moteurs Pratt & Whitney qui avaient, pendant plusieurs années, limité l’utilisation de ses Embraer E195-E2. Lors de la présentation des résultats du deuxième trimestre 2026, le 14 août, John Rodgerson, directeur général de la compagnie brésilienne, a déclaré que « pour la première fois depuis plus de quatre ans, tous nos E2 volent, car le problème GTF a été résolu ». L’annonce ne signifie pas que chaque avion sera systématiquement disponible : comme dans toute flotte commerciale, certains appareils peuvent rester temporairement immobilisés pour des opérations de maintenance programmées ou imprévues. Mais Azul considère que les indisponibilités structurelles liées à la disponibilité des PW1900G ne constituent plus un frein opérationnel majeur.
Le PW1900G, version E2 du GTF
L’Embraer E195-E2 est motorisé par deux Pratt & Whitney PW1900G, une variante de la famille Geared Turbofan (GTF) spécifiquement développée pour la seconde génération des E-Jets. Ce moteur vise à concilier une moindre consommation, un bruit réduit et de meilleures performances environnementales par rapport aux générations précédentes.
Le revers de cette architecture innovante a été, pour plusieurs opérateurs de la famille GTF, une pression considérable sur la disponibilité des moteurs et des capacités de maintenance. Azul avait ainsi dû composer avec des appareils immobilisés, alors même que l’E195-E2 est au cœur de sa stratégie de remplacement progressif des E-Jets E1, plus anciens, et de modernisation de son réseau domestique.
Au 30 juin 2026, Azul comptait environ 40 Embraer E2 dans sa flotte disponible à la programmation, contre 31 un an auparavant. Ces avions représentaient une part croissante de son outil de production, alors que la compagnie avait réduit sa flotte d’E1 de 25 à seulement 8 appareils en un an.
Un enjeu majeur pour la fiabilité opérationnelle d’Azul
Pour Azul, le retour à la pleine disponibilité de la flotte E2 revêt une importance qui dépasse la seule question technique. La compagnie est particulièrement dépendante de ces monocouloirs régionaux de grande capacité pour desservir son vaste réseau brésilien, y compris des liaisons secondaires où l’Embraer E195-E2 est mieux dimensionné qu’un Airbus A320neo.
L’avion offre typiquement entre 136 sièges en deux classes (dont 20 en Economie Xtra) , avec une autonomie permettant aussi bien les liaisons intérieures brésiliennes que certains marchés internationaux régionaux. Une disponibilité moteur stabilisée doit donc permettre à Azul de mieux planifier son programme, de réduire les ajustements de dernière minute et de tirer davantage parti d’une flotte récente.
Dans ses résultats trimestriels, la compagnie indique que 94,1% de sa capacité domestique était déjà assurée par des avions de nouvelle génération à la fin du deuxième trimestre. Azul comptait alors 155 appareils passagers disponibles, pour un âge moyen de 7,3 ans.
Les A320neo devraient suivre
Azul ne limite pas son optimisme aux E195-E2. Abhi Shah, président de la compagnie, a également indiqué que les immobilisations d’Airbus A320neo équipés de moteurs Pratt & Whitney devraient être ramenées à zéro « dans les 15 à 30 prochains jours ».
Cette nuance est importante : les difficultés rencontrées par Azul ont concerné deux familles de moteurs GTF distinctes, les PW1900G des E2 et les PW1100G des A320neo. La fin annoncée des immobilisations ne gomme pas les besoins de maintenance ni les aléas techniques propres à une exploitation quotidienne ; elle suggère en revanche que le transporteur estime disposer à nouveau des moteurs, pièces et capacités de réparation nécessaires pour soutenir son programme de vols.
La normalisation de la disponibilité intervient alors qu’Azul poursuit la refonte de ses engagements envers Embraer dans le cadre de sa restructuration financière. La compagnie, qui attend un total de 38 E195-E2, prévoit la livraison de trois E2 supplémentaires en 2026, puis de cinq appareils par an entre 2027 et 2029.
Une reprise opérationnelle dans un contexte financier tendu
La bonne nouvelle industrielle survient dans un environnement économique plus difficile. Au deuxième trimestre, Azul a réduit sa capacité globale de 10,6% sur un an, tout en portant son chiffre d’affaires opérationnel à 4,98 milliards de reais (820 millions d’euros), en hausse de 0,7%. La compagnie a compensé une partie de ses contraintes de capacité par des hausses tarifaires : le tarif moyen a progressé de 9,5% et le revenu unitaire RASK de 12,7%.
Mais la hausse du carburant a lourdement pesé sur les comptes. Le prix du carburant par litre a bondi de 61,8% sur un an, tandis que les charges opérationnelles ont augmenté de 12,6%, à 5,14 milliards de reais (840 millions d’euros). Azul a ainsi enregistré une perte nette de 1,04 milliard de reais (170 millions d’euros) au deuxième trimestre, après un bénéfice net de 1,29 milliard de reais (210 millions d’euros) un an plus tôt.
Pour John Rodgerson, la discipline de capacité demeure la réponse à cette pression sur les coûts : « Nous pensons être le concurrent le plus rationnel du marché et le plus discipliné en matière de capacité », a-t-il déclaré. Le retour en ligne de l’ensemble des E195-E2 donne à Azul davantage de souplesse pour mener cette stratégie — non pas en ajoutant automatiquement des vols, mais en choisissant mieux les marchés et les horaires sur lesquels déployer ses avions les plus efficients.

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