La compagnie nationale de Bahreïn, Gulf Air, confirme son intérêt pour l’Airbus A321LR dans le cadre d’une stratégie de développement visant à renforcer sa connectivité internationale. Entre rationalisation de flotte, concurrence régionale accrue et retour à la normale après une crise géopolitique majeure, le transporteur affine son positionnement.
Gulf Air mise sur l’A321LR pour étendre son réseau
Gulf Air confirme son intérêt pour l’Airbus A321LR, un appareil clé dans sa stratégie de croissance. Dans un entretien accordé à Aero Telegraph, son directeur général Martin Gauss a détaillé les orientations du transporteur basé à l’aéroport international de Bahreïn. « Nous sommes clairement intéressés par l’A321LR, car il nous permet d’ouvrir davantage de routes », explique-t-il. Ce monocouloir long-courrier offre une portée d’environ 7 400 km, permettant de relier efficacement Bahreïn à l’Europe, à l’Asie centrale ou à certaines destinations africaines avec des coûts réduits.
Ce positionnement s’inscrit dans une tendance régionale : Etihad Airways exploite déjà ce type d’appareil pour desservir des marchés secondaires ou augmenter les fréquences avec une capacité adaptée. Un modèle que Gulf Air souhaite reproduire pour gagner en flexibilité.
L’A321XLR également à l’étude
Au-delà du LR, Gulf Air évalue aussi l’Airbus A321XLR, dont le rayon d’action atteint environ 8 700 km. Toutefois, Martin Gauss estime que la version LR pourrait suffire à couvrir la majorité des besoins actuels. « L’A321LR semble répondre à l’essentiel de nos exigences », précise-t-il, tout en indiquant que les équipes réseau poursuivent leurs analyses. L’enjeu est clair : trouver le bon équilibre entre capacité, rayon d’action et rentabilité sur des marchés de niche.
Une stratégie long-courrier centrée sur le Boeing 787
Sur le segment long-courrier, Gulf Air reste fidèle à sa flotte de Boeing 787-9, dont elle exploite actuellement dix exemplaires. Le dirigeant se montre satisfait de leurs performances. Le Boeing 787-10 pourrait toutefois rejoindre la flotte à moyen terme. « Il offre davantage de possibilités », souligne Martin Gauss, notamment en termes de capacité sur les routes à forte demande.
En revanche, le 787-8 ne suscite aucun intérêt. Quant à l’Airbus A350, il est jugé « logique pour une compagnie partant de zéro », mais moins pertinent pour un opérateur déjà structuré autour du Dreamliner, pour des raisons de cohérence opérationnelle et de coûts. Le Boeing 777X figure également parmi les options étudiées, bien que son calendrier de mise en service reste incertain.
Des avions régionaux pour affiner le maillage
Pour améliorer la desserte régionale et les correspondances, Gulf Air étudie aussi des appareils de plus petite capacité. Deux modèles sont évoqués : l’Embraer E195-E2 et l’Airbus A220. Ces avions pourraient jouer un rôle complémentaire, notamment pour alimenter le hub de Bahreïn. Royal Jordanian utilise déjà l’E195-E2 dans cette optique. L’objectif est d’optimiser les coûts par vol sur des marchés comme le Royaume-Uni ou certaines destinations européennes secondaires, où la demande ne justifie pas toujours un monocouloir de plus grande capacité.
Une flotte recentrée sur la famille A320neo
La priorité reste néanmoins le renforcement de la flotte monocouloir Airbus. Gulf Air exploite déjà une flotte jeune de 45 appareils, majoritairement composée d’A320neo et d’A321neo. La flotte de Gulf Air se compose aujourd’hui de 8 Airbus A320-200, 9 Airbus A320neo, 4 Airbus A321-200, 14 Airbus A321neo dont 8 LR et 11 Boeing 787-9. Cette structure illustre une stratégie claire : s’appuyer sur des monocouloirs modernes pour les liaisons régionales et moyen-courriers, tout en conservant une capacité long-courrier avec le Dreamliner.
Retour à la normale après une crise régionale majeure
Cette réflexion stratégique intervient dans un contexte de reprise après une période de forte perturbation. Gulf Air a récemment dû suspendre une partie de ses opérations pendant 40 jours en raison de tensions régionales liées au conflit avec l’Iran. La compagnie a temporairement relocalisé ses opérations à Dammam, en Arabie saoudite, avant de revenir à 100% de ses capacités le 1er juin 2026. « Nous sommes désormais de retour à un niveau d’exploitation normal », a indiqué Martin Gauss.
Une ambition : dépasser le rôle de transporteur régional
Au-delà de la flotte, Gulf Air ambitionne de sortir de son positionnement historique de transporteur régional de niche. L’ouverture de nouvelles destinations, comme Zurich, est à l’étude. L’enjeu est de renforcer la connectivité du royaume de Bahreïn tout en s’adaptant à une concurrence intense dans le Golfe, dominée par les grands hubs de Dubaï, Doha et Abu Dhabi.

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