Les États-Unis viennent d’assouplir certaines sanctions visant Conviasa, la compagnie aérienne publique vénézuélienne.

Sans autoriser son retour immédiat sur le marché américain, cette décision ouvre néanmoins la voie à un soutien technique crucial pour la maintenance et la navigabilité de sa flotte. C’est enfin un signal politique et opérationnel : pas encore le feu vert pour voler, mais le début du chemin pour y parvenir.

Washington autorise un soutien technique limité

Le département du Trésor américain, via son Office of Foreign Assets Control (OFAC), a publié le 18 juin une nouvelle licence générale (General License 59) autorisant certaines transactions avec Conviasa, la compagnie nationale du Venezuela. Ce texte permet désormais aux « personnes américaines » de fournir des biens, technologies et services liés à la maintenance, la réparation, la modernisation et la navigabilité des avions de Conviasa.

Concrètement, cela inclut la fourniture de pièces détachées et composants, les mises à jour logicielles, l’assistance technique et les inspections, les opérations logistiques et de dédouanement ainsi que les services de paiement associés. En clair, les acteurs américains peuvent désormais intervenir pour garantir la sécurité opérationnelle des appareils de la compagnie, sans avoir à solliciter une licence spécifique au cas par cas.

Une compagnie sous sanctions depuis 2020

Conviasa reste toutefois une entité hautement sensible dans la politique de sanctions américaine. En 2020, Washington avait placé la compagnie et une grande partie de sa flotte sur liste noire, accusant le régime de Nicolás Maduro d’utiliser ses avions à des fins politiques. Le Trésor américain affirmait alors que la compagnie servait à « transporter des responsables du régime à travers le monde afin de soutenir ses objectifs politiques », notamment sur des liaisons vers Moscou, La Havane ou Téhéran.

Ces sanctions avaient rendu toute interaction commerciale avec Conviasa quasiment impossible pour les entreprises américaines ou liées aux États-Unis.

Pas de retour immédiat sur le marché américain

Malgré cet assouplissement, la portée de la licence reste strictement encadrée. Elle ne lève pas le gel des avoirs de Conviasa, ni n’autorise de transactions avec certains pays (Russie, Iran, Corée du Nord, Cuba) ou entités spécifiques, ni ne confère un droit d’exploitation commerciale aux États-Unis.

En particulier, Conviasa ne dispose toujours pas d’autorisation du Department of Transportation (DOT), de créneaux aéroportuaires ou d’accords commerciaux ou d’assurance compatibles avec le marché américain.. Autrement dit, aucune reprise imminente de vols Caracas–Miami ou Caracas–Houston n’est à attendre.

Un enjeu central : la navigabilité des appareils

Cette décision revêt néanmoins une importance opérationnelle majeure. Une compagnie privée d’accès aux pièces détachées, aux mises à jour logicielles ou à la maintenance certifiée voit rapidement sa capacité à opérer en toute sécurité se dégrader.

L’exemple russe depuis 2022 l’illustre : faute d’accès aux chaînes d’approvisionnement occidentales, certaines compagnies ont dû recourir à la cannibalisation d’appareils pour maintenir leur flotte en service, compliquant toute reprise vers des marchés réglementés. En autorisant un soutien technique, Washington permet donc à Conviasa de maintenir ses avions selon des standards potentiellement compatibles avec une exploitation internationale.

Venezuela : Washington desserre l’étau, un premier pas vers un retour d’une compagnie vénézuélienne aux États-Unis ? 1 Air Journal

@Conviasa