Brussels Airlines affirme avoir réduit de 50% les nuisances sonores de sa flotte depuis 2014, principalement grâce à l’introduction de l’Airbus A320neo et au retrait progressif des appareils plus anciens. Cette évolution s’inscrit dans une stratégie plus large, menée avec Brussels Airport (Bruxelles-Zaventem), pour limiter l’impact acoustique du trafic aérien sur les riverains tout en maintenant la connectivité du hub bruxellois.
Douze ans pour diviser par deux le bruit
Depuis 2014, Brussels Airlines indique avoir réduit de 50% les nuisances sonores de l’ensemble de ses avions. Elle attribue cette baisse à un renouvellement accéléré de sa flotte moyen-courrier, entamé en novembre 2023 avec la réception de son premier Airbus A320neo. Résultat : l’empreinte sonore globale de la compagnie aérienne belge en 2026 est deux fois inférieure à celle de 2014, alors que Brussels Airlines continue de desservir un réseau dense au départ de Brussels Airport, selon la CEO Dorothea von Boxberg.
Le rôle clé de l’Airbus A320neo
L’A320neo est au cœur de cette transition acoustique. D’après Brussels Airlines, ce modèle consomme jusqu’à 20% de carburant en moins, réduit les émissions de CO2 et diminue de 50% le bruit par rapport aux appareils de la génération précédente de type A320ceo. Le nouveau monocouloir remplace progressivement les anciens A319/320, tout en offrant plus de sièges, ce qui permet de réduire la consommation de carburant par passager d’environ 30%.
« L’A320neo réduit considérablement le bruit et l’empreinte CO2 par rapport à la génération actuelle d’A320 », souligne Dorothea von Boxberg, qui y voit « une nouvelle étape » dans la stratégie de durabilité de Brussels Airlines.
Une flotte en cours de modernisation
Brussels Airlines a déjà réceptionné huit A320neo depuis 2023, et son carnet de commandes prévoit à terme 13 exemplaires de ce type. La flotte totale de la compagnie belge comptera ainsi 46 avions, tous modèles confondus, avec une part croissante d’appareils de dernière génération.
Chaque nouvel appareil est livré directement par Airbus, une première dans l’histoire de la compagnie belge. « Cet avion représente un grand moment de fierté pour toute la famille Brussels Airlines », insiste Dorothea von Boxberg, qui rappelle que la maison-mère Lufthansa Group vise une division par deux des émissions nettes de carbone d’ici 2030 et la neutralité carbone à l’horizon 2050.
Un contexte de pression réglementaire autour du bruit
Cette réduction du bruit intervient alors que le permis d’environnement de Brussels Airport est au cœur de débats politiques en Flandre. En mars 2024, un nouveau permis prévoyait une limitation à 240 000 mouvements de vols par an en 2032, ainsi que des mesures spécifiques pour réduire les nuisances sonores. Ce permis a finalement été annulé en juillet 2025, tout en autorisant l’exploitation de l’aéroport jusqu’au 30 juin 2029, le temps de mener une « procédure d’approche équilibrée » imposée par le cadre européen.
Cette procédure vise à définir, en concertation avec les compagnies aériennes, les autorités et le gestionnaire de l’aéroport, un ensemble de mesures jugées « équilibrées », combinant objectifs de réduction des nuisances sonores et impératifs de connectivité et de développement économique.
La stratégie de Brussels Airport pour des avions plus silencieux
Brussels Airport a également mis en place une politique tarifaire destinée à favoriser l’utilisation d’avions plus silencieux. Depuis 2004, les redevances aéroportuaires varient en fonction de l’efficacité sonore des appareils, et depuis 2023, les avions les plus bruyants peuvent payer jusqu’à 20 fois plus que les plus silencieux.
Cette incitation financière a contribué à augmenter la part des vols opérés avec des avions à faible niveau sonore : 42% des vols commerciaux de 2025 ont été effectués avec les appareils les plus performants sur le plan acoustique, tels que l’A320neo, contre 32% en 2023 et 20% en 2016. Pour Brussels Airport, ces résultats montrent qu’il est possible de « concilier croissance et limitation de l’impact sur l’environnement », grâce à une combinaison de renouvellement de flotte et de mesures aéroportuaires ciblées.
Des mesures complémentaires au sol
Au-delà des avions eux-mêmes, Brussels Airport mise sur des actions au sol pour réduire le bruit perçu par les riverains. L’aéroport prévoit notamment la construction d’une zone dédiée aux essais moteurs, clôturée et équipée de murs antibruit, afin de limiter les nuisances générées par les tests de puissance. L’utilisation accrue d’équipements de manutention électriques doit également réduire le bruit et les émissions autour des postes de stationnement.
Depuis plus de vingt ans, l’aéroport de la capitale belge suit l’évolution de la pollution sonore via des mesures régulières et le recalcul de « contours de bruit », des cartes qui indiquent les zones où les nuisances sont les plus importantes. Selon Brussels Airport, le nombre de riverains potentiellement fortement gênés diminue progressivement, en lien avec la modernisation des flottes et les mesures de gestion du trafic.

@Brussels Airport
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