Anko van der Werff quittera la direction de SAS au début de 2027 pour prendre les commandes d’Air Canada, bouclant un transfert très symbolique entre deux compagnies en pleine phase de transformation stratégique.

Un CEO européen pour Air Canada

Scandinavian Airlines (SAS) a annoncé que son directeur général Anko van der Werff a informé le conseil qu’il quitterait ses fonctions au début de l’année 2027, une fois assurée la transition, pour devenir le nouveau président-directeur général d’Air Canada. Le transporteur scandinave précise qu’il restera en poste jusqu’à son départ afin de garantir la continuité de la feuille de route engagée ces dernières années, notamment la restructuration de son modèle et l’entrée au capital d’Air France-KLM.

Air Canada a confirmé parallèlement sa nomination, indiquant qu’il deviendra « président et chef de la direction, ainsi que membre du conseil d’administration, d’ici la fin janvier 2027 ». Il succédera à Michael Rousseau, dont le départ à la retraite sera effectif le 31 août 2026, après dix-neuf années au sein de la compagnie canadienne.

Un profil très international… et francophone

Anko van der Werff, dirigeant néerlandais, dispose de plus de vingt-cinq ans d’expérience dans l’aviation commerciale, avec un parcours qui l’a conduit en Europe, en Amérique latine et au Moyen-Orient. Avant de rejoindre SAS en 2021, il a été directeur général d’Avianca, l’un des principaux groupes aériens latino‑américains, et a occupé des fonctions de haut niveau chez Aeromexico, Qatar Airways et au sein du groupe Air France‑KLM.

Pour le marché canadien, un élément n’est pas anodin : sa maîtrise du français, désormais explicitement mentionnée par Air Canada comme critère de sélection. Dans le communiqué de la compagnie, il souligne être « conscient de l’importance de servir les Canadiens dans leurs deux langues officielles ». Cette dimension linguistique répond aux vives critiques essuyées par Air Canada après un incident médiatisé autour de l’absence de français dans une intervention publique de Michael Rousseau, qui avait relancé le débat sur le respect de la Loi sur les langues officielles.

SAS en quête de succession, continuité stratégique à assurer

Du côté de SAS, ce départ marque une nouvelle étape dans une période déjà dense, entre restructuration financière, repositionnement commercial et recomposition de l’actionnariat. Depuis sa prise de fonctions, Anko van der Werff a accompagné la compagnie dans un processus de transformation visant à stabiliser les opérations après la crise sanitaire et à rendre le modèle plus compétitif sur le marché européen.

La compagnie scandinave, dont Air France‑KLM est désormais l’un des actionnaires de référence, annonce qu’elle va lancer un processus formel de recrutement pour lui trouver un successeur tout en assurant la poursuite de la stratégie actuelle. Le changement de CEO intervient alors que SAS cherche à consolider son positionnement au sein de l’écosystème européen, dans un contexte de forte intensité concurrentielle et de rationalisation des réseaux long‑courriers.

Enjeux pour Air Canada : réseau, transformation et gouvernance

Pour Air Canada, la nomination d’un dirigeant passé par Avianca, Aeromexico, SAS et Qatar Airways s’inscrit dans une logique de renouvellement de la gouvernance, après plusieurs mois de spéculations sur l’identité du futur CEO. Le groupe avait lancé une recherche mondiale en indiquant avoir retenu « un certain nombre de critères de performance, dont la capacité à communiquer en français », reflétant la sensibilité des enjeux de conformité réglementaire et de réputation au Canada.

Sur le plan opérationnel, Air Canada se trouve à un moment charnière : ajustement de son réseau transatlantique, concurrence accrue sur le marché nord‑américain, pression sur les coûts et montée en puissance de ses activités cargo et loisirs. La compagnie souligne dans son communiqué qu’Anko van der Werff devra « poursuivre la transformation de l’entreprise » et renforcer sa résilience face aux fluctuations de la demande et aux contraintes environnementales.

Un mouvement emblématique dans le paysage aérien

Ce passage de SAS à Air Canada illustre la circulation des talents au plus haut niveau entre les grandes compagnies internationales, dans un secteur où les profils capables de piloter des restructurations complexes et de gérer des enjeux de gouvernance sensibles sont particulièrement recherchés. Il met également en lumière le poids croissant des considérations non seulement financières et opérationnelles, mais aussi réglementaires et sociétales — à commencer par le respect des langues officielles pour un transporteur national.

Anko van der Werff quitte SAS pour prendre les commandes d’Air Canada 1 Air Journal

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