Air China et sa filiale Shenzhen Airlines ont signé avec Airbus une commande de 55 avions – 15 A350-900 et 40 appareils de la famille A320neo – pour un montant catalogue d’environ 12,4 milliards de dollars, avec des livraisons étalées entre 2029 et 2032.
Cette nouvelle offensive d’Airbus sur le marché chinois consolide encore un peu plus sa position sur le long-courrier et le moyen-courrier face à Boeing, dans un contexte de modernisation accélérée des flottes en Chine.
Une commande structurée autour de 15 A350‑900 et 40 A320neo
Selon un document déposé par Air China à la Bourse de Shanghai, la compagnie nationale chinoise a conclu un accord pour l’achat de 15 A350‑900, tandis que Shenzhen Airlines, sa filiale, a signé pour 40 avions de la famille A320neo. À prix catalogue, la valeur de l’ensemble atteint environ 12,4 milliards de dollars, les 15 A350‑900 représentant près de 6,09 milliards sur la base des tarifs Airbus de janvier 2025 et les 40 A320neo environ 6,35 milliards selon les prix de janvier 2024.
Air China précise que « le prix réel d’achat sera inférieur aux prix catalogue, Airbus accordant des rabais commerciaux significatifs », pratique devenue standard pour des commandes d’une telle ampleur. Les deux compagnies indiquent que le financement reposera sur une combinaison de fonds propres, de prêts bancaires et d’autres montages financiers, ce qui permet de lisser l’impact de la commande sur leurs bilans sur plusieurs années. Le document boursier mentionne des livraisons échelonnées entre 2029 et 2032, les A320neo de Shenzhen Airlines devant être remis sur la période 2029‑2032 et les A350‑900 à partir de 2030 jusqu’en 2032.
Air China exploite déjà une importante flotte d’A350‑900 : 30 appareils sont aujourd’hui en service, ce qui en fait l’une des plus grosses flottes d’A350 en Asie derrière des géants comme Singapore Airlines. Avec ces 15 exemplaires supplémentaires, le groupe Air China pourrait dépasser la quarantaine de gros‑porteurs de ce type au début de la prochaine décennie, renforçant la place de l’A350 comme pilier de sa flotte long‑courrier face aux Boeing 777‑300ER (28 exemplaires en service) et 787‑9 (14 exemplaires en service).
Optimisation du réseau et transition environnementale
Dans son dépôt à Shanghai, Air China explique que « ces nouveaux avions permettront d’optimiser la structure de la flotte et du réseau, d’améliorer l’efficacité opérationnelle et de réduire les coûts ». L’A350‑900, construit majoritairement en matériaux composites, affiche une réduction de consommation de carburant de l’ordre de 20 à 25% par rapport aux anciennes générations de gros‑porteurs, ce qui en fait un atout pour la baisse des émissions de CO₂ sur les lignes les plus longues.
De son côté, Shenzhen Airlines, qui aligne déjà de 76 Airbus A320-200, et 36 appareils de la famille A320neo (et 29 encore en commande), poursuit la transition de sa flotte vers la version remotorisée, mieux adaptée aux lignes intérieures et régionales très fréquentées. Les 40 nouveaux A320neo permettront de remplacer progressivement des appareils plus âgés et de soutenir la croissance du trafic domestique chinois, dans un marché où les marges se jouent souvent sur quelques points de pourcentage de consommation de carburant. Shenzen Airlines exploite également 15 Boeing 737 MAX 8 (+ 7 à venir) ainsi que 71 Boeing 737-800.
Airbus consolide son ancrage en Chine
Cette commande intervient quelques semaines après l’annonce par China Eastern Airlines d’un accord portant sur 25 A330neo, pour un prix catalogue d’environ 9,4 milliards de dollars, renforçant l’ancrage d’Airbus sur le segment long‑courrier en Chine. Elle s’ajoute également aux engagements pris ces derniers mois par Air China Cargo, qui a converti quatre options en commandes fermes d’A350F, portant à dix son carnet pour le nouveau cargo long‑courrier de l’avionneur européen.
Pour Airbus, la dynamique chinoise est stratégique : la combinaison A320neo/A330neo/A350‑900 et désormais A350F lui permet de proposer une gamme complète couvrant le domestique, le régional et l’intercontinental, ainsi que le fret. À l’inverse, Boeing pâtit toujours de l’absence du 737 MAX sur certains segments du marché chinois et de l’arrêt annoncé de la production du 777F à l’horizon 2027, ce qui laisse un boulevard à l’A350F sur le cargo long‑courrier.

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