Air Cambodia a signé à Shanghai un contrat pour l’acquisition de 20 Comac C909, devenant la première compagnie nationale étrangère à passer une commande en série pour ce biréacteur régional chinois, dérivé de l’ARJ21 et optimisé pour 78 à 97 passagers sur des liaisons de 2 000 à près de 3 700 km.
L’accord, conclu en présence du Premier ministre cambodgien Hun Manet en marge de la World AI Conference, s’accompagne d’un mémorandum de coopération stratégique entre l’autorité de l’aviation civile cambodgienne et COMAC, couvrant la formation, la maintenance et le développement des infrastructures.
Une signature à Shanghai, vitrine de l’axe Pékin–Phnom Penh
Le 17 juillet 2026, Air Cambodia a officiellement signé à Shanghai un accord d’achat portant sur 20 C909 avec la Commercial Aircraft Corporation of China (COMAC). Selon les médias chinois et spécialisés, il s’agit de la première commande « en lot » passée par une compagnie nationale étrangère pour cet appareil, déjà exploité en Indonésie, au Laos et au Vietnam mais jusqu’ici principalement au travers de loueurs ou d’accords indirects.
La cérémonie s’est tenue en marge de la World AI Conference, à laquelle participait le Premier ministre Hun Manet, qui a reçu le président de COMAC, Shen Bo, ainsi que le directeur général d’Air Cambodia, David Zhan. D’après le communiqué de la State Secretariat of Civil Aviation (SSCA), l’opération « marque une étape importante dans la modernisation du transport aérien cambodgien et le renforcement de la connectivité régionale ».
Un cadre stratégique : formation, maintenance et infrastructures
En parallèle du contrat commercial, la SSCA cambodgienne et COMAC ont signé un mémorandum d’entente (MoU) sur une coopération stratégique en aviation civile. Ce texte prévoit des volets de transfert de technologie, de formation des ressources humaines, de développement et maintenance des aéroports, ainsi que d’appui technique aux opérations.
COMAC met en avant une approche « intégrée », allant au-delà de la simple vente d’avions pour proposer des services de maintenance et des programmes de formation pour le personnel des compagnies et les cadres de l’aviation civile cambodgienne. Dans cette optique, Hun Manet a « salué le partenariat avec Air Cambodia et les projets développés avec la SSCA pour la formation et la montée en compétence du secteur », tout en réaffirmant que son gouvernement « soutiendra les initiatives visant à moderniser l’aviation cambodgienne et à renforcer sa compétitivité régionale ».
Un jet régional dérivé de l’ARJ21, calibré pour l’Asie du Sud-Est
Le C909 est présenté par COMAC comme le premier biréacteur régional développé en Chine, dérivé du programme ARJ21 auquel il succède commercialement. L’appareil est configuré pour transporter entre 78 et 97 passagers, avec une autonomie annoncée comprise entre environ 2 225 km et 3 700 km, ce qui le positionne sur les liaisons court et moyen-courrier typiques d’Asie du Sud-Est.
Les premiers C909 destinés à Air Cambodia doivent être livrés par lots à partir du second semestre 2026, avec une entrée en service progressive sur le réseau régional. Cette montée en puissance dépendra toutefois des processus de certification et des autorisations opérationnelles, le C909 étant aujourd’hui certifié par les autorités chinoises et déjà exploité en Indonésie, au Laos et au Vietnam, mais sans validation par les autorités occidentales comme l’EASA ou la FAA.
Air Cambodia, une ouverture pour la marché chinois
Air Cambodia exploite aujourd’hui trois Airbus A320 et trois ATR 72-600, ce qui lui offre un combo monocouloir et turbopropulseur pour couvrir à la fois les liaisons régionales à forte densité et les routes secondaires. La compagnie détient par ailleurs des commandes pour 10 Boeing 737 MAX 8.
Air Cambodia est détenue à 30% par l’État cambodgien, tandis que Vietnam Airlines en possède 14%, le reste du capital étant contrôlé par le groupe chinois Henan Airport Investment Group et la société hongkongaise 7Trip International Co. D’après les données de CAPA, la Chine représente 32,1% de la capacité en sièges d’Air Cambodia, ce qui souligne l’importance du marché chinois pour l’industrie touristique et l’économie cambodgiennes. Dans ce contexte, le choix d’un avion chinois plutôt que d’un appareil occidental pour le segment régional peut être interprété comme un geste de confiance envers COMAC, mais aussi comme un instrument de rapprochement politique et économique

Pierre a commenté :
20 juillet 2026 - 12 h 35 min
Aprés l’inauguration récente des deux aeroports, l’arrivée des ATR 600 l’an dernier ,….rien d’étonnant à voir la Chine, pays tutélaire du Cambodge livrer ces Comac !
Les 909 plus rapides et confortables que les ATR peuvent servir de liens avec ses voisins du sud-est plus éloignés.
L’aviation dessine peut-etre un futur pour ce pays en proie à de nombreuses difficultés mais toujours si attachant.