Le syndicat socialiste Setca/BBTK demande à TUI fly Belgium de préciser rapidement ses intentions concernant sa flotte basée en Belgique, son programme de vols et l’emploi. En cause : les déclarations du directeur général du groupe TUI, Sebastian Ebel, évoquant une possible réduction des appareils déployés dans le pays, sur fond de hausse annoncée de la taxe aérienne. Faute de dialogue social jugé sérieux dans les sept jours, le syndicat menace de déposer un préavis de grève.

TUI fly Belgium : le Setca exige des garanties sur la flotte et l’emploi

La situation sociale se tend chez TUI fly Belgium. Le Setca a écrit à la direction afin d’obtenir des éclaircissements sur les scénarios envisagés pour les opérations belges de la compagnie de loisirs du groupe TUI : nombre d’avions basés dans le pays, capacité offerte, programme de vols et conséquences éventuelles pour les salariés.

L’organisation syndicale réagit aux propos tenus récemment par Sebastian Ebel dans L’Echo. Le patron du groupe y avait déclaré que TUI pourrait réduire le nombre d’avions stationnés en Belgique, jugeant le cadre fiscal national défavorable. « Nous pourrions réduire le nombre d’avions, mais c’est avant tout une question politique », avait-il affirmé, renvoyant le gouvernement belge à l’arbitrage entre fiscalité aérienne et maintien d’une offre de vacances abordable.  TUI a depuis cherché à nuancer la portée de ces déclarations. Mais, pour le Setca, les interrogations demeurent entières.

Un réseau appelé à évoluer

Le syndicat souligne que des modifications du programme ont déjà été présentées au conseil d’entreprise : certaines destinations seraient supprimées, tandis que les fréquences seraient renforcées sur d’autres lignes. « Nous ne voulons pas d’une discussion sur un article de journal, mais de la clarté sur l’avenir », fait valoir le Setca. Selon le syndicat, ces ajustements « ont un impact direct sur la capacité de flotte nécessaire, la production et l’organisation du travail en Belgique ».

L’enjeu dépasse donc le seul nombre d’avions portant les couleurs de TUI. Une diminution de capacité peut se traduire par des redéploiements d’appareils vers d’autres bases du groupe, une réduction de certaines rotations, des changements de planning pour les équipages, voire une révision des besoins en personnel navigant, technique ou au sol. TUI fly Belgium disposerait actuellement de 20 appareils basés en Belgique et emploierait environ 2 100 personnes, selon les chiffres relayés par la presse belge.

Des salariés déjà marqués par les restructurations

L’inquiétude est d’autant plus vive que les équipes belges ont connu plusieurs réorganisations ces dernières années. TUI a notamment mis fin à ses opérations long-courriers au départ de Belgique ; cette activité a été recentrée vers Amsterdam-Schiphol, un aéroport stratégique pour le groupe du fait de ses contraintes de créneaux et de son potentiel commercial. Sebastian Ebel a lui-même confirmé, lors de la présentation des résultats du groupe, que les appareils auparavant employés sur le long-courrier belge avaient été transférés vers la plateforme néerlandaise.

À cela s’ajoutent la fermeture de la base de Liège et la fermeture programmée de la base d’Anvers en mars 2027, selon le Setca. Dans ce contexte, toute allusion à une nouvelle baisse de la flotte belge ravive la crainte d’une poursuite du recul opérationnel de TUI fly Belgium. Le syndicat estime qu’il n’est pas acceptable que des orientations potentiellement structurantes soient d’abord dévoilées par voie de presse plutôt que discutées avec les représentants du personnel. Il réclame donc une présentation précise des hypothèses étudiées, de leur calendrier éventuel et de leurs effets sociaux.

La taxe aérienne, facteur de pression mais pas seul déterminant

Le débat est alimenté par le projet d’augmentation de la taxe belge sur les départs aériens, qui passerait de 5 à 7 euros par passager. TUI, comme Ryanair, conteste cette évolution et considère qu’elle peut peser sur la compétitivité des bases belges face à d’autres pays européens. Pour autant, réduire la stratégie de flotte à cette seule taxe serait simplificateur. Les arbitrages de TUI s’inscrivent aussi dans un environnement plus large : évolution de la demande touristique, coûts du carburant, pression sur les prix, disponibilité des avions et optimisation de l’utilisation des équipages à l’échelle des différentes compagnies du groupe.

Dans ses résultats publiés le 12 août, TUI reconnaît que son pôle « Markets + Airline » évolue dans un marché difficile, marqué par une demande plus tardive, des coûts de carburant plus élevés et une pression concurrentielle accrue. Le taux de remplissage moyen des vols du groupe reste élevé, à 91%, mais l’EBIT sous-jacent de cette activité demeurait négatif sur les neuf premiers mois de l’exercice 2026. Le groupe assure néanmoins poursuivre la transformation de son activité aérienne en une entité commercialement plus autonome.

Une semaine pour renouer le dialogue social

Le Setca dit vouloir laisser à la direction une chance d’ouvrir une concertation substantielle. Mais le délai est court : sans discussion sérieuse dans les sept jours, l’organisation prévient qu’elle déposera un préavis de grève. À ce stade, TUI n’a pas officiellement annoncé de réduction de flotte en Belgique ni précisé les éventuelles lignes ou bases concernées.

TUI fly Belgium : l’avenir de la flotte belge inquiète les salariés 1 Air Journal

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