Le gouvernement néerlandais veut abaisser, à partir de 2027, la taxe applicable aux passagers des vols de plus de 5 500 kilomètres. Initialement envisagée à 74,81 euros par voyageur, elle serait ramenée à 59,43 euros, soit le niveau allemand, dans l’objectif affiché de préserver la compétitivité de Schiphol face aux aéroports voisins. La mesure s’accompagne d’un fonds de 90 millions d’euros en faveur des carburants d’aviation durables (SAF), financé à parité par l’État et l’aéroport d’Amsterdam.
Pays-Bas : baisse de la taxe sur les billets long-courriers
Les Pays-Bas n’abandonnent pas leur réforme de la fiscalité aérienne, mais ils en atténuent nettement le volet le plus sensible pour le trafic intercontinental. Présenté le 15 septembre dans le cadre du Belastingplan 2027, le projet gouvernemental prévoit de réduire le tarif supérieur de la taxe aérienne de 74,81 à 59,43 euros par passager au départ du pays.
Ce tarif concerne les vols de plus de 5 500 kilomètres. Il doit entrer en vigueur en 2027, sous réserve de l’adoption définitive du paquet fiscal par les deux chambres du Parlement néerlandais. Le gouvernement reconnaît lui-même que les propositions pourront encore être modifiées au cours du processus parlementaire, attendu jusqu’en décembre. La baisse représente 15,38 euros par passager par rapport au niveau initialement retenu. Le nouveau montant de 59,43 euros place le prélèvement néerlandais au niveau appliqué en Allemagne pour les liaisons long-courriers, selon l’exécutif de La Haye.
Dans un communiqué, le ministère néerlandais des Infrastructures et de la Gestion de l’eau souligne que la mesure doit permettre de « maintenir Schiphol compétitif en tant que moteur important de notre économie ». La volonté affichée est d’éviter que le surcoût fiscal ne favorise des reports de trafic vers les aéroports allemands ou belges, particulièrement accessibles pour une part de la clientèle néerlandaise.
Une réforme maintenue pour les autres vols
Cette correction ne remet pas en cause le principe d’une taxe différenciée selon la distance à compter de 2027. Les vols les plus courts, jusqu’à 2 000 kilomètres, devraient rester taxés autour de 30 euros par passager, tandis que le segment intermédiaire, entre 2 000 et 5 500 kilomètres, serait soumis à une taxe de 47,24 euros. Le long-courrier, au-delà de 5 500 kilomètres, serait donc finalement taxé à 59,43 euros, et non plus à près de 75 euros.
Le choix est hautement stratégique pour Schiphol. L’aéroport d’Amsterdam demeure l’un des grands hubs européens, avec une activité largement structurée autour des correspondances intercontinentales. Une taxe nettement plus lourde que celle pratiquée outre-Rhin aurait pu peser sur son attractivité auprès des compagnies, notamment sur des marchés où les transporteurs peuvent arbitrer entre plusieurs plateformes européennes.
Schiphol a d’ailleurs salué publiquement la décision. L’aéroport estime que l’alignement avec l’Allemagne participe à « des conditions de concurrence équitables en Europe » et doit contribuer à préserver le rôle du pays comme « hub international soutenant les entreprises, l’emploi et les opportunités ».
Des compagnies toujours critiques
Pour le secteur aérien néerlandais, la baisse sur le seul long-courrier reste toutefois insuffisante. L’organisation professionnelle BARIN considère que les vols court et moyen-courriers demeureront lourdement taxés en comparaison des pays voisins, et alerte sur le risque de voir des passagers commencer leur voyage en Allemagne ou en Belgique. Son président, Marnix Fruitema, résume la position de l’organisation : « Nous saluons la baisse pour le long-courrier, mais, sans rien faire pour les autres distances, les Pays-Bas risquent de se mettre eux-mêmes hors marché », selon des propos rapportés par le média spécialisé néerlandais Up in the Sky.
L’enjeu concerne tout particulièrement les transporteurs et aéroports régionaux, dont l’activité repose essentiellement sur le réseau européen. Eindhoven, Groningen, mais aussi les compagnies telles que Transavia, easyJet, TUI ou Corendon, profiteraient peu d’une réduction réservée aux seules dessertes intercontinentales. À l’inverse, Schiphol et les compagnies opérant de grandes liaisons intercontinentales sont les bénéficiaires directs de cet ajustement.
La critique porte aussi sur le risque de « fuite » des passagers au-delà des frontières. Dans un pays de petite superficie, où Düsseldorf, Bruxelles ou Weeze sont facilement accessibles depuis certaines régions, l’écart de fiscalité peut peser sur le choix du point de départ. BARIN juge ainsi la correction apportée au tarif long-courrier davantage symbolique que structurelle.
Un fonds de 90 millions d’euros pour le SAF
En parallèle de cette baisse fiscale, le gouvernement néerlandais et Schiphol annoncent la création d’un fonds de 90 millions d’euros pour accélérer l’emploi de carburants d’aviation durables, les SAF (Sustainable Aviation Fuels). Chacun des deux partenaires doit apporter 45 millions d’euros sur la période 2027-2029. Le mécanisme envisagé doit permettre aux compagnies aériennes d’obtenir une aide pour chaque litre de SAF incorporé au-delà des obligations européennes de mélange déjà applicables. L’ambition est double : réduire les émissions de CO₂ imputables à l’aviation et soutenir la filière industrielle et chimique néerlandaise.
Le soutien public doit toutefois encore recevoir l’autorisation de la Commission européenne. Schiphol, qui travaille avec le ministère des Infrastructures et de la Gestion de l’eau sur ce dispositif, y voit un moyen d’accélérer concrètement la demande de carburants alternatifs, dont le coût demeure sensiblement supérieur à celui du kérosène fossile.
Cette articulation entre fiscalité et soutien au SAF traduit un compromis pragmatique : réduire un handicap compétitif jugé excessif pour le long-courrier tout en finançant une partie de la décarbonation du secteur. Elle intervient alors que l’Union européenne impose déjà une montée progressive de l’incorporation de SAF via le règlement ReFuelEU Aviation.

NDR a commenté :
18 septembre 2026 - 11 h 00 min
Les pays bas et l’ Italie sont cools avec le transport aero et tant mieux
Kyle a commenté :
18 septembre 2026 - 15 h 53 min
Taxer, taxer et encore taxer
Ils ne savent faire que ça
Appauvrir la population et tuer l’économie.
Cuba, Venezuela, voilà leur objectif.
Il y a encore de la marge par rapport à la France qui facture 120 euros par vol.
Mais y parait c’est pour notre bien.