Quelques jours après avoir porté à 25 appareils ses engagements auprès de Boeing, Biman Bangladesh Airlines prépare une première acquisition d’Airbus. Le gouvernement bangladais espère signer en octobre pour quatre A350-900 et six A321neo. L’accord reste toutefois à conclure, et l’arrivée des avions se compte en années plutôt qu’en mois.
Le ministre bangladais de l’Aviation civile et du Tourisme, Rashiduzzaman Millat, a confirmé mardi 29 septembre que les discussions avec Airbus portaient sur dix avions. « Oui, nous achetons dix Airbus. Si Dieu le veut, l’accord sera signé en octobre », a-t-il déclaré à des journalistes à Dacca, selon l’agence publique BSS. Une signature avait déjà été envisagée avant le 31 août, sans aboutir : à ce stade, il s’agit donc d’un calendrier annoncé par le gouvernement, non d’une commande signée.
A350 et A321neo : deux missions
Le projet associe quatre A350-900 gros-porteurs et six A321neo monocouloirs. Selon le ministre, les avions long-courriers répondraient notamment à la forte demande sur les liaisons vers le Moyen-Orient et aux ambitions de Biman vers l’Europe et l’Amérique du Nord. Les monocouloirs seraient destinés aux dessertes régionales et plus courtes. Leur affectation précise dépendra néanmoins du développement du réseau et des livraisons.
Ces Airbus ne viendraient pas remplacer les achats conclus avec Boeing. Le 23 septembre, Biman et l’avionneur américain ont annoncé un accord supplémentaire portant sur cinq 787 MAX 10 et six 737 MAX 8. Il s’ajoute à celui d’avril, qui prévoyait huit 787 MAX 10, deux 787 MAX 9 et quatre 737 MAX 8. Au total, les engagements Boeing atteignent ainsi 25 avions : 13 787 MAX 10, deux 787-9 et dix 737 MAX 8. Si le projet Airbus est signé dans sa forme actuelle, Biman aura 35 appareils dans son programme d’acquisition.
Une flotte mixte à organiser
Biman exploite aujourd’hui, 19 avions : quatre Boeing 777-300ER, quatre 787-8, deux 787-9, quatre 737-800 et cinq turbopropulseurs Dash 8-400. Ses avions à réaction sont donc tous des Boeing ; l’arrivée des A350 et A321neo créerait deux nouvelles familles à intégrer aux opérations.
Cette diversification concernerait aussi les équipages et le soutien technique. D’après The Daily Star, Airbus a proposé, outre les avions, un accompagnement en maintenance, réparation et révision, en formation des pilotes et du personnel de cabine, ainsi qu’en planification de flotte et en aménagement intérieur.
Des livraisons encore lointaines
Le ministre évoque de premières livraisons d’Airbus à partir de 2033, susceptibles de se poursuivre jusqu’en 2036 ou 2037. Pour les Boeing, le premier appareil est actuellement attendu en 2031, même si Dacca souhaite en obtenir au moins un dès 2027 ou 2028. Dans l’intervalle, Biman cherche à louer dix avions afin d’augmenter plus rapidement ses capacités ; selon le ministre, elle n’y est pas encore parvenue. Entre la signature espérée en octobre et l’exploitation effective d’une flotte mixte, la compagnie devra donc gérer plusieurs années de transition.

Tanguy a commenté :
29 septembre 2026 - 17 h 22 min
Comme certains aiment à le dire dans ce genre de situation : quel intérêt, pour une compagnie de cette taille, à s’engager auprès de deux constructeurs avec de telles quantités, au lieu de rester full Boeing ou de basculer full Airbus ?
Ou s’agit-il encore de commandes politiques : « tu accèdes à mon marché, tu achètes les avions de mon constructeur » ?
MomodeAl-Maghrib a commenté :
30 septembre 2026 - 3 h 29 min
Franchement, je ne vois vraiment pas l’intérêt pour Biman d’intégrer une nouvelle famille d’avions dans sa flotte.
Ils disposent déjà d’un outil extrêmement polyvalent et cohérent articulé autour des 737 et 787. Ajouter du Airbus au milieu, cela implique de doubler les coûts de qualification pour les pilotes, de former les équipes techniques à un nouveau constructeur et de gérer deux stocks de pièces détachées différents. C’est un surcoût logistique et financier évidents pour une efficacité opérationnelle discutable.
À mon avis, cette déclaration sert surtout de levier de négociation pour faire pression sur les prix et les créneaux chez Boeing. Sur le plan de la rentabilité, conserver l’homogénéité de leur flotte reste de loin la décision la plus logique…..à l’image de la RAM.