Alors que Boeing semblait proche d’obtenir le feu vert pour le plus grand appareil de la famille 737 MAX, une anomalie affectant l’assistance à la navigation lors de certaines remises de gaz conduit l’autorité américaine à suspendre sa décision. La FAA n’a fixé aucun nouveau calendrier.

Certification du 737 MAX 10 : la FAA attend des réponses

Le 737 MAX 10 devra encore patienter. Lundi 28 septembre, Bryan Bedford, administrateur de la Federal Aviation Administration (FAA), a annoncé que l’agence différerait la certification de l’appareil le temps d’évaluer une anomalie logicielle récemment portée à sa connaissance : « Nous retarderons [la certification du] MAX 10 jusqu’à ce que nous soyons convaincus qu’il n’y a pas de problème ». Il n’a pas précisé si l’examen prendrait des jours, des semaines ou des mois.

Ce contretemps intervient à un stade avancé du programme. Le 16 septembre, le directeur général de Boeing, Kelly Ortberg, jugeait la certification « très proche ». Alaska Airlines tablait, de son côté, sur une approbation avant la fin de septembre.

Quel est le problème de navigation VNAV ?

L’anomalie concerne les versions 14 et 14.1 du logiciel de l’ordinateur de gestion de vol. Dans une séquence particulière — approche de précision sous pilote automatique, approche interrompue puis modification de la trajectoire programmée — le mode de navigation verticale VNAV peut se désengager. L’avion passe alors à un mode de contrôle automatique de l’assiette moins élaboré, ce qui impose des actions supplémentaires à l’équipage dans une phase où sa charge de travail est déjà élevée. Le MAX 10 a utilisé la version 14.1 pendant ses essais de certification.

Il ne s’agit pas, selon les éléments communiqués par Boeing, d’une perte de contrôle de l’appareil : le pilote automatique peut rester engagé et les équipages sont formés à voler sans VNAV. La question examinée par la FAA porte notamment sur la charge de travail supplémentaire lors d’une remise de gaz. « Les pilotes gardent le contrôle de l’avion », a souligné Bryan Bedford, cité par l’AFP. L’autorité n’a toutefois pas encore conclu que l’anomalie était dépourvue d’enjeu pour la sécurité des vols.

Boeing indique avoir informé les exploitants de 737 et rappelé les procédures existantes pour gérer ce scénario. Ses ingénieurs travaillent à une correction permanente du logiciel. La FAA prévoit, pour sa part, de réunir un comité d’examen des mesures correctives et affirme qu’elle prendra immédiatement des mesures si elle identifie un risque pour la sécurité.

Des conséquences au-delà du MAX 10

Le logiciel concerne aussi des appareils déjà certifiés. La FAA a approuvé le 737 MAX 7 le 3 août ;, sa certification reposait sur la version 14, tandis que celle du MAX 10 a été testée avec la version 14.1. WestJet dit exploiter des MAX équipés du logiciel examiné, sans avoir constaté d’incident lié à cette anomalie en service. United, Southwest et Alaska indiquent ne pas utiliser les versions concernées sur leurs MAX actuellement exploités.

Ryanair maintient ses prévisions de livraison

Mardi 29 septembre, Michael O’Leary a dit espérer que le retard de certification ne serait « qu’une affaire de jours, pas de semaines ou de mois ». Le directeur général de Ryanair a ajouté, lors d’une conférence à Varsovie : « Nous prévoyons toujours de recevoir nos 15 premiers MAX 10 au printemps 2027 », selon Reuters.

737 MAX 10 : un bug logiciel fait patienter Boeing aux portes de la certification 1 Air Journal

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