IAG, maison mère de British Airways, Iberia, Aer Lingus et Vueling, prévoit désormais une capacité légèrement inférieure à celle de 2025. Le groupe anglo-espagnol invoque les perturbations au Moyen-Orient et des ajustements de son programme hivernal destinés à préserver sa rentabilité. Malgré une hausse de son chiffre d’affaires au troisième trimestre, l’envolée de la facture carburant a pesé sur son résultat d’exploitation.
De la croissance attendue à un léger recul
IAG revoit une nouvelle fois ses perspectives de capacité pour 2026. Après avoir envisagé une croissance d’environ 3% en début d’année, puis une stabilité lors de ses résultats semestriels, le groupe anticipe désormais un léger recul par rapport à 2025. Aucun pourcentage précis n’est communiqué pour cette nouvelle prévision.
Dans sa présentation des résultats publiée vendredi, IAG explique que cette révision reflète « l’impact des perturbations depuis le début de l’année et une gestion disciplinée et proactive de la capacité pendant l’hiver ». La capacité, mesurée en sièges-kilomètres offerts, tient compte à la fois du nombre de sièges proposés et des distances parcourues : son évolution ne correspond donc pas nécessairement à celle du seul nombre de vols.
Au troisième trimestre, l’offre a déjà légèrement diminué, de 0,2%, alors que le groupe prévoyait auparavant une croissance d’environ 1%. Lors de la présentation aux analystes, le directeur financier José Antonio Barrionuevo a notamment cité la poursuite des perturbations au Moyen-Orient et les annulations liées aux difficultés du contrôle aérien britannique.
Un programme hivernal ajusté pour protéger la rentabilité
La réduction de l’offre ne résulte pas uniquement de contraintes opérationnelles. IAG procède aussi à des ajustements commerciaux, notamment sur le marché intra-européen, où la concurrence reste intense. Au troisième trimestre, le groupe a réduit sa capacité de 1,2% sur ses liaisons européennes, principalement chez Iberia et Vueling, afin de protéger sa rentabilité. La recette passagers par siège-kilomètre offert y a progressé de 2,3%.
Pour l’hiver, le directeur général Luis Gallego défend la même approche : réduire la capacité « de manière disciplinée pour protéger la rentabilité ». Le groupe privilégie ainsi la performance économique des vols plutôt qu’une croissance de l’offre à tout prix.
Les ajustements diffèrent toutefois selon les régions. IAG a redéployé une partie de ses moyens du Moyen-Orient vers l’Asie-Pacifique, où sa capacité a augmenté de 9,3% au troisième trimestre. La recette unitaire passagers y a progressé de 3,8%, portée notamment par la clientèle d’affaires et par un déplacement de la demande vers les vols directs, dans un contexte de connectivité réduite via le Moyen-Orient.
Un chiffre d’affaires record, mais un bénéfice en recul
Le troisième trimestre illustre cette priorité donnée à la rentabilité, dans un environnement de coûts plus élevés. IAG a enregistré un chiffre d’affaires de 9,744 milliards d’euros, en hausse de 4,5%. Son résultat d’exploitation hors éléments exceptionnels a toutefois reculé de 15,9%, à 1,726 milliard d’euros, contre 2,053 milliards un an plus tôt. La marge d’exploitation correspondante est passée de 22% à 17,7%.
Ce résultat est inférieur au consensus de 1,81 milliard d’euros cité par Reuters. La progression des recettes n’a pas suffi à absorber les perturbations opérationnelles et, surtout, le renchérissement du kérosène.
La facture carburant a augmenté de 565 millions d’euros au troisième trimestre. Pour l’ensemble de 2026, IAG l’évalue désormais à environ 8,9 milliards d’euros, sur la base des cours à terme et des taux de change du 3 novembre. Le groupe indique par ailleurs être couvert à hauteur de 45% pour 2027 contre les fluctuations du carburant.
L’Atlantique Nord soutient les recettes
Malgré ces pressions, IAG fait état d’une demande résistante sur ses grands marchés long-courriers. Sur l’Atlantique Nord, la recette unitaire passagers a augmenté de 11% au troisième trimestre, pour une capacité globalement stable. Cette performance a contribué à compenser une partie de la hausse des coûts.
« Il s’agit d’un trimestre record en matière de chiffre d’affaires, en hausse de 4,5%, avec des rendements positifs sur tous nos marchés », a déclaré Luis Gallego lors de la présentation des résultats. Le dirigeant souligne également la solidité des réservations : le groupe avait déjà sécurisé 85% des réservations attendues pour le quatrième trimestre et décrivait les premières tendances du début de 2027 comme solides, tout en restant à un stade précoce du cycle de réservation.
IAG maintient ainsi son objectif d’une marge d’exploitation hors éléments exceptionnels d’au moins 12% sur l’ensemble de 2026. Sur les neuf premiers mois, cet indicateur atteint 13,5%, avec un résultat d’exploitation hors éléments exceptionnels de 3,483 milliards d’euros, en baisse de 11,4%.
Des livraisons d’avions reportées à 2027
Le groupe a également abaissé ses prévisions de livraisons. Il attend désormais 12 appareils en 2026, contre 16 annoncés lors des résultats semestriels. Trois Boeing 737 destinés à Vueling et un Airbus A321neo pour British Airways sont reportés à 2027. Les dépenses d’investissement prévues pour l’année sont ramenées à environ 3,1 milliards d’euros.
Entre perturbations géopolitiques, hausse du carburant et concurrence en Europe, IAG aborde donc la fin de l’année avec une offre plus mesurée. La solidité des recettes long-courriers et des réservations lui permet néanmoins de conserver son objectif de marge, malgré une capacité annuelle désormais attendue en léger retrait.

@IAG
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