Airbus a connu en janvier son plus mauvais démarrage de l’année depuis la pandémie, avec seulement 19 avions commerciaux livrés à 15 clients, très loin de la cadence affichée en décembre et en décalage avec une demande pourtant toujours soutenue.
Derrière ce trou d’air, l’avionneur européen affiche toutefois un carnet de commandes record de près de 8 800 appareils et 49 nouvelles commandes fermes sur le seul mois de janvier.
Selon les données publiées début février, Airbus n’a livré que 19 avions commerciaux en janvier 2026, dont 18 monocouloirs et un seul long‑courrier. L’avionneur avait pourtant livré 25 appareils en janvier 2025 et 20 en janvier 2023, à une époque où les perturbations post‑Covid restaient importantes. Dans le détail, ces 19 livraisons comprennent 10 A321neo, 5 A320neo, 3 A220‑300 et un unique A350‑900. Ce dernier correspond au deuxième exemplaire de ce type remis à SWISS, qui poursuit la modernisation de sa flotte long‑courrier avec le biréacteur de nouvelle génération d’Airbus.
La faiblesse du mois de janvier contraste avec la fin 2025 : Airbus avait alors livré un record de 136 avions en décembre, dans un rush traditionnel de clôture d’exercice destiné à se rapprocher de son objectif annuel. Cette logique de « sprint de fin d’année » crée mécaniquement un creux de livraisons en début d’exercice, mais la barre des 19 appareils reste particulièrement basse, proche des niveaux observés au plus fort de la crise sanitaire en 2020.
Chaîne d’approvisionnement : amélioration, mais goulets persistants
Airbus répète depuis plusieurs mois que la performance de ses fournisseurs s’améliore, notamment sur certains maillons critiques comme la motorisation et l’équipement cabine. Mais les difficultés se déplacent désormais davantage vers les lignes d’assemblage finales, où la synchronisation des flux reste délicate et continue de limiter la cadence.
Historiquement, les mois de janvier sont souvent plus faibles, le temps pour les chaînes d’assemblage de se réorganiser après la clôture de l’exercice précédent et la révision des plannings de livraison avec les compagnies et les loueurs. Pour rappel, l’avionneur a livré 793 avions commerciaux en 2025, en hausse de 4% par rapport à 2024, mais après avoir abaissé dans les derniers mois son objectif initial annuel de 820 avion. Pour tenir son ambition d’une cadence de 75 A320neo par mois d’ici 2027, Airbus devra d’abord lisser ces à‑coups de production et fiabiliser les livraisons sur l’ensemble de l’année, plutôt que de concentrer un volume massif sur le seul mois de décembre.
Une demande qui reste exceptionnelle
Si les livraisons patinent, la demande, elle, ne se dément pas. En janvier 2026, Airbus a enregistré 49 nouvelles commandes fermes, sans aucune annulation recensée. Les chiffres confirment la domination du segment monocouloir : la quasi‑totalité de ces commandes porte sur la famille A320neo, avec une forte présence du modèle A320neo lui‑même.
La principale contribution vient de la compagnie chinoise Spring Airlines, qui a officialisé fin décembre 2025 un accord portant sur 30 appareils de la famille A320neo (24 A320neo et 6 A321neo), intégrés au carnet de commandes en janvier. Ces avions doivent être livrés entre 2028 et 2032 et s’inscrivent dans une vaste vague d’achats d’appareils moyen‑courrier par les compagnies chinoises, destinée à accompagner la croissance du trafic intérieur et régional.
Le groupe IAG (maison mère de British Airways, Iberia, Vueling, Aer Lingus et Level) a, de son côté, étoffé son portefeuille avec dix monocouloirs de la famille A320neo supplémentaires. Deux autres commandes proviennent de clients non identifiés : l’une portant sur six A321neo, l’autre sur deux A321neo.
Un carnet de commandes qui regarde déjà au‑delà de 2030
À l’issue de janvier, le carnet de commandes d’Airbus s’établit à 8 783 avions commerciaux, proche du record absolu de 8 754 appareils à fin 2025. La majorité de ce backlog concerne les monocouloirs A220 et famille A320, qui concentrent à eux seuls la quasi‑totalité de la croissance de flotte des compagnies à l’horizon 2030. Pour plusieurs clients, les créneaux de livraison désormais proposés s’étendent au‑delà de 2030, signe que les lignes d’assemblage sont saturées plusieurs années à l’avance.

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