Avec l’ouverture de son Terminal 3, l’aéroport de Francfort franchit une étape majeure de son développement. Pensé pour accompagner la croissance du trafic aérien et renforcer la compétitivité du premier hub allemand, ce nouvel équipement de plus de 4 milliards d’euros incarne les ambitions de long terme de l’opérateur Fraport.
Situé au sud de la plateforme, le Terminal 3 dispose d’une capacité initiale de 19 millions de passagers par an. Il s’articule autour des satellites G, H et J, avec une extension future prévue via le quai K, qui porterait la capacité totale à 25 millions de passagers annuels. À titre de comparaison, l’aéroport de Francfort a accueilli environ 59 millions de passagers en 2023, ce qui en fait le quatrième hub européen derrière Londres-Heathrow, Istanbul et Paris-Charles de Gaulle. Le Terminal 3 vise ainsi à absorber la reprise du trafic post-Covid et à accompagner la croissance attendue sur le long-courrier.
À terme, 64 compagnies aériennes opéreront depuis cette nouvelle infrastructure. Le transfert des transporteurs s’effectue progressivement en quatre phases, jusqu’au 9 juin. La compagnie Condor, deuxième opérateur de la plateforme, rejoindra quant à elle le Terminal 3 à l’été 2027.
Technologie et expérience passager au cœur du projet
Fraport mise sur une expérience passager modernisée, avec des équipements de dernière génération. Le terminal intègre notamment des systèmes d’enregistrement et de dépôt bagages entièrement automatisés ; des contrôles de sûreté équipés de scanners CT, permettant de conserver liquides et appareils électroniques dans les bagages cabine ; ainsi qu’une architecture pensée pour réduire les temps de parcours
L’offre commerciale constitue également un pilier du projet, avec 64 boutiques et restaurants opérés en grande partie par la coentreprise Frankfurt Airport Retail (Fraport / Gebr. Heinemann). Lors de l’inauguration hier, un spectacle lumineux et une performance chorégraphiée dans la zone centrale ont marqué symboliquement le lancement du terminal, conclu par l’annonce : « Terminal 3 is ready for check-in! ».
Un chantier maîtrisé malgré les crises
Lancé officiellement le 15 octobre 2015, ce projet constitue le plus grand investissement privé dans une infrastructure aéroportuaire en Europe. Jusqu’à 3 000 ouvriers ont été mobilisés simultanément au pic du chantier. Malgré un environnement particulièrement contraint – pandémie de Covid-19, guerre en Ukraine, perturbations des chaînes d’approvisionnement –, Fraport affirme avoir respecté à la fois le calendrier et le budget, estimé à environ 4 milliards d’euros.
La filiale Fraport Ausbau Süd GmbH (FAS) a piloté l’ensemble du projet. « FAS a été le moteur du succès de ce programme », a insisté Stefan Schulte, revendiquant une livraison « dans les délais et sans dépassement de coûts ».
Un levier de compétitivité face aux hubs européens
Au-delà de l’infrastructure, l’enjeu est stratégique : maintenir la place de Francfort parmi les grands hubs mondiaux, face à la concurrence accrue d’Istanbul, Doha ou encore Dubaï, mais aussi des plateformes européennes comme Paris-CDG et Amsterdam-Schiphol.
Le Terminal 3 doit permettre d’optimiser l’utilisation des capacités, d’améliorer la qualité de service et de renforcer l’attractivité pour les compagnies aériennes, dans un contexte de recomposition du transport aérien mondial. Sa mise en service intervient alors que Lufthansa, principal client de l’aéroport, ajuste sa stratégie de hub et que le trafic long-courrier reprend progressivement des couleurs. En filigrane, Fraport affiche une ambition claire : faire de ce nouveau terminal un outil clé pour accompagner la croissance du trafic aérien sur plusieurs décennies.

Tony de Brest a commenté :
23 avril 2026 - 14 h 14 min
Avec la mise en service commerciale du terminal 3, ce jeudi 23 avril 2026, l’aéroport de Francfort étend son système de transport interne : un nouveau métro aérien relie désormais les terminaux 1 et 2 au terminal 3. Cette installation complète le dispositif existant et assure une liaison continue entre l’extension sud et la partie nord de la plateforme.
La station principale de ce métro automatique se situe au terminal 1, au niveau des arrivées. Elle est directement reliée à la gare ferroviaire — desservie par les trains régionaux ainsi que par les trains nationaux et internationaux (grande vitesse et longue distance) — et à l’hôtel adjacent. Ce nouvel équipement rapproche ainsi le terminal 3 du centre aéroportuaire existant. Le temps de trajet entre les terminaux 1 et 3 oscille entre 8 et 10 minutes, avec une circulation toutes les deux minutes dans chaque sens, sur une ligne longue de 5,6 kilomètres d’un bout à l’autre. Plus de 4 000 passagers peuvent être transportés par heure et par sens, grâce à une séparation des flux Schengen et hors Schengen. Le service fonctionne toute l’année. Douze rames articulées Siemens Airval, composées chacune de deux voitures, assurent l’exploitation.
Le matériel roulant et le système de guidage sont identiques à ceux utilisés sur la ligne b du métro automatique de Rennes, en Bretagne. Rennes utilise la version CityVal, tandis que Francfort — tout comme l’aéroport de Bangkok-Suvarnabhumi — est équipé de la version AirVal, issue de la gamme NeoVal et produite par Siemens dans son unité de Vienne, en Autriche.
https://www.youtube.com/watch?v=-q3tcZyYvzI