L’aéroport « Leonardo da Vinci » de Rome‑Fiumicino s’engage dans un vaste plan de développement durable qui doit l’amener à traiter jusqu’à 100 millions de passagers par an à l’horizon 2046, contre un peu plus de 44 millions en 2023. Au programme : nouvelle piste à l’ouest, Terminal Est en cours de conception, renforcement des accès terrestres et projet de desserte ferroviaire à haute fréquence, sur fond de confirmation par le nouveau Plan national des aéroports du rôle de hub intercontinental numéro un de l’Italie.
Un masterplan durable pour un hub à 100 millions de passagers
Présenté par Aeroporti di Roma (ADR) comme un « Plan de Développement durable », le masterplan de Fiumicino combine croissance du trafic, innovation technologique et contraintes environnementales de plus en plus strictes. Selon la société gestionnaire, il s’agit de préparer l’aéroport à une demande pouvant atteindre 100 millions de passagers par an en fin de concession, en 2046, sans recourir à des financements publics, pour un investissement total de l’ordre de 8 à 9 milliards d’euros.
Le nouveau Plan national des aéroports 2026‑2035, présenté en mai par le ministère italien des Infrastructures et des Transports, entérine ce rôle central de Fiumicino dans l’architecture aéroportuaire du pays. Le document mise sur une demande pouvant atteindre 305 millions de passagers par an à l’échelle de l’Italie en 2035, ce qui impose, selon Rome, un renforcement prioritaire des capacités du principal hub intercontinental.
Une nouvelle piste pour réduire le bruit et fluidifier les opérations
Pièce maîtresse du plan côté tarmac, une nouvelle piste de 3 400 m doit être construite parallèlement et à l’ouest de l’actuelle piste 3. Elle reprendra les opérations actuellement assurées par la piste 1, permettant une réorganisation complète du système de pistes de Fiumicino.
ADR met en avant un gain environnemental significatif, avec une réduction annoncée pouvant aller « jusqu’à 80 % » de l’impact acoustique sur les zones résidentielles les plus proches. Dans la nouvelle configuration, la piste 1 serait essentiellement dédiée aux atterrissages ; son seuil serait déplacé et la longueur opérationnelle raccourcie d’environ 900 m, ce qui augmente la hauteur de survol des avions au‑dessus des zones habitées.
Les 900 m soustraits à l’exploitation aéronautique seraient restitués à la collectivité sous la forme d’un parc public d’intérêt archéologique, entretenu par ADR. La construction de cette quatrième piste s’accompagnera du renforcement des voies de circulation, des aires de stationnement et des bretelles de raccordement, pour aligner la capacité du sol sur celle du système de vols.
Terminal Est : un outil industriel et un manifeste architectural
Le cœur du plan côté terminaux est le futur Terminal Est, appelé à devenir la nouvelle façade de Fiumicino. Cet édifice de quelque 350 000 m² de surface brute, répartis sur plusieurs niveaux, doit intégrer deux nouvelles zones d’embarquement K et L, offrant plus de 76 postes et une capacité additionnelle supérieure à 35 millions de passagers par an.
ADR vise pour ce bâtiment la certification LEED Platinum, plus haut niveau international pour les constructions durables, grâce à des solutions innovantes en matière d’efficacité énergétique, de gestion de l’eau et de confort environnemental. L’architecture, caractérisée par de vastes surfaces vitrées et des toitures ondulées, entend conjuguer fonctionnalité opérationnelle et mise en valeur de la culture italienne, via un parcours d’exposition permanent dédié à l’art, à l’histoire et à l’identité locale.
À terme, les différents terminaux de Fiumicino seront reliés par un système interne de transport sur rail, destiné à optimiser les correspondances et à fluidifier les flux, notamment pour le trafic long‑courrier que Rome ambitionne de capter face aux grands hubs européens concurrents. ADR insiste sur le fait que la quatrième piste et le Masterplan de développement durable représentent « un choix de vision industrielle qui reconnaît le rôle du principal actif aéroportuaire du pays comme levier indispensable pour la compétitivité internationale de l’Italie. »
“Metrolink” : une desserte type métro, mais encore hypothétique
Le projet « Metrolink », révélé par le Corriere della Sera, n’est pour l’heure qu’une hypothèse de travail, soumise à d’importantes contraintes techniques, financières et institutionnelles. « Rien ne garantit que ce plan se concrétise », précise le quotidien italien, en rappelant que la mise en œuvre nécessiterait des investissements lourds et une coordination étroite avec Ferrovie dello Stato (FS), maison‑mère de Trenitalia et de RFI.
Dans une première variante, l’ensemble des trains circulerait entre Termini et Fiumicino Aeroporto avec un temps de parcours d’environ 36 minutes, chaque “ligne” se distinguant par des arrêts intermédiaires différents, mais un temps de trajet similaire. Une seconde configuration ferait toujours appel à trois parcours : deux vers Termini et un vers Tiburtina, avec un temps annoncé de 37 minutes.
Ni ADR ni FS n’ont officiellement confirmé ce schéma détaillé, se bornant à indiquer qu’une réflexion est en cours sur le renforcement de la desserte ferroviaire de l’aéroport. Mais la proposition reçoit le soutien de la Région Latium et de la Ville de Rome, soucieuses de réduire la part de la voiture individuelle dans les accès à l’aéroport, en cohérence avec les objectifs de décarbonation du secteur des transports.
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