Le trafic de VINCI Airports est resté globalement stable au premier semestre 2026, mais le deuxième trimestre marque un léger repli, sur fond de tensions géopolitiques et de coûts du carburant en hausse, compensé par de solides performances en Europe et en Amérique latine.
Un semestre stable, un deuxième trimestre sous pression
Le groupe indique que « le trafic passagers de VINCI Airports est resté stable au 1er semestre », avec plus de 159 millions de voyageurs accueillis dans les aéroports de son réseau. Cette performance intervient dans un contexte de « perturbations géopolitiques » affectant le 2e trimestre, notamment le conflit au Moyen-Orient et les tensions entre la Chine et le Japon, qui ont pesé sur certains hubs.
Sur la seule période avril–juin 2026, VINCI Airports a accueilli 85,1 millions de passagers, soit un recul de 1,3% par rapport au 2e trimestre 2025. Le groupe met en avant la « forte diversification géographique » de son portefeuille d’aéroports, qu’il présente comme un facteur de résilience face aux chocs de marché de court terme.
Gatwick, Santiago et le Japon pénalisés
À Londres-Gatwick, la baisse du trafic est imputée à la « réduction significative des flux vers et depuis le Moyen-Orient » et à la restructuration d’une partie de l’offre moyen-courrier. En Amérique du Sud, l’aéroport de Santiago du Chili voit aussi son trafic reculer, sous l’effet conjugué de la hausse du prix du carburant et de la contraction des flux en provenance d’Argentine, elle-même confrontée à une crise économique majeure.
Au Mexique, la hausse des prix du carburant ralentit la dynamique de croissance, même si le trimestre se termine sur une légère progression, portée par l’afflux de passagers liés aux matches de la Coupe du monde de football, notamment à Monterrey. En Asie, les tensions persistantes entre la Chine et le Japon continuent de peser sur les aéroports japonais du réseau, confirmant une tendance déjà mentionnée dans le communiqué sur le trafic du premier trimestre 2026.
Europe et Atlantique en tête de la croissance
À l’inverse, une série de plateformes européennes affichent une dynamique robuste. Belgrade confirme son rôle de hub régional, portée par le développement de liaisons intra-européennes vers Rome ou Barcelone, avec des capacités renforcées et de bons coefficients de remplissage. Édimbourg bénéficie d’une montée en puissance des liaisons transatlantiques vers Philadelphie, New York ou Chicago, et d’une capacité accrue chez Ryanair, easyJet et Jet2.
Budapest enregistre une fréquentation élevée, soutenue par l’expansion de Wizz Air et par l’accueil de la finale de la Ligue des champions fin mai, ce qui se traduit en juin par un trafic en hausse de 13% sur un an. Au Portugal, malgré une grève générale nationale le 3 juin, Porto et Faro continuent de progresser, portés par les liaisons transatlantiques et le trafic loisirs intra-européen (Ryanair, Transavia, TAP, Jet2).
Dans l’archipel de Cabo Verde, la croissance est alimentée par de nouvelles liaisons vers l’Europe ouvertes cette année. En Amérique latine, Salvador Bahia poursuit une « remarquable » trajectoire de hub régional après des investissements de GOL, tandis que les aéroports de République dominicaine profitent à plein du tourisme nord-américain, les compagnies canadiennes prolongeant leur saison hivernale et des acteurs comme Arajet, American Airlines ou Copa renforçant leurs offres à Santo Domingo.
En Amérique centrale, l’aéroport de Guanacaste (Costa Rica) consolide son attractivité internationale grâce à l’augmentation des capacités offertes par les compagnies américaines. Ces performances contribuent à amortir le recul observé dans les marchés plus exposés aux tensions géopolitiques et aux coûts opératoires.
Un réseau résilient, mais des fragilités persistantes
VINCI Airports rappelle qu’il exploite plus de 70 aéroports dans 14 pays, avec une stratégie affichée de diversification et de transition environnementale visant la neutralité nette d’émissions (scopes 1 et 2) d’ici 2050. Si le groupe insiste sur la résilience de son réseau, les résultats du 2e trimestre montrent toutefois la sensibilité de certains actifs aux crises régionales, à la volatilité du prix du carburant et à la conjoncture économique des pays desservis.

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