Près de dix ans après son dévoilement et plus de huit ans après son premier vol, le Boeing 737 MAX 7 vient d’obtenir sa certification de type amendée de la part de la Federal Aviation Administration (FAA).
Ce feu vert, longuement attendu, consacre des années de travail pour corriger les failles mises au jour par les accidents du 737 MAX 8, renforcer les systèmes de sécurité et revoir en profondeur les processus de certification aux États‑Unis. Il ouvre la voie aux premières livraisons, désormais annoncées pour 2027.
Un processus de certification « presque une décennie »
Dans son communiqué, la FAA insiste sur l’ampleur du chemin parcouru : la certification du 737 MAX 7 « reflète des années de travail soutenu pour résoudre des problèmes techniques complexes et pour réaliser un examen approfondi du design de l’appareil et des analyses de sécurité l’accompagnant ». L’autorité souligne que le processus a duré « presque une décennie », un délai inhabituel pour une dérivation d’un appareil existant, même remotorisé.
Le 737 MAX 7, lancé en 2013 et dont le premier vol remonte à mars 2018, devait initialement entrer en service dès 2019. Or la chronologie a été brutalement bousculée par le double accident du 737 MAX 8 – Lion Air en octobre 2018, Ethiopian Airlines en mars 2019 – qui a entraîné l’immobilisation mondiale de la flotte et une remise à plat des méthodes de certification de la FAA. Le MAX 7 s’est ainsi trouvé pris dans un « effet de cisaillement réglementaire », soumis à un niveau de surveillance sans précédent pour un monocouloir dérivé.
La campagne d’essais du MAX 7 a été particulièrement dense : Boeing indique que l’appareil a accumulé plusieurs centaines d’heures d’essais en vol et au sol, au-delà des standards habituels pour un dérivé de type. À cela se sont ajoutées des analyses de sécurité approfondies, incluant des revues de facteurs humains et de charge de travail des équipages, dans la continuité des exigences imposées lors du retour en service du MAX en 2020.
Logiciels, alertes et antigivrage : les principales modifications
Avant de donner son feu vert, la FAA a exigé une série de modifications de sécurité sur le MAX 7, en ligne avec les leçons tirées de la crise du MAX 8. L’autorité explique avoir imposé des mises à jour du logiciel de contrôle de vol, une amélioration des alertes en cockpit pour les pilotes et une refonte du système d’antigivrage des moteurs afin de prévenir les risques de surchauffe.
Le système d’antigivrage des CFM LEAP‑1B, dont le fonctionnement continu pouvait entraîner une surchauffe en certaines conditions, s’est imposé comme l’un des principaux obstacles techniques à la certification des MAX 7 et MAX 10. Boeing et CFM ont dû retravailler la gestion thermique par des modifications aérodynamiques et structurelles, aboutissant à un système redessiné désormais intégré dans la configuration de base des MAX 7 et MAX 10, et appelé à être déployé sur les MAX 8 et 9 neufs, puis rétrofité sur la flotte existante.
Parallèlement, le constructeur a durci l’architecture de ses systèmes de mesure d’angle d’attaque (AoA), au cœur de la controverse sur le MCAS lors des accidents de 2018‑2019. Boeing introduit un « Enhanced Angle of Attack System » sur le MAX 10 pour répondre aux préoccupations des élus et des régulateurs sur la redondance des capteurs. Le groupe a indiqué que, une fois le MAX 10 certifié, ce nouveau système AoA sera également installé sur tous les nouveaux MAX et progressivement sur les appareils déjà en service.
Un symbole pour Boeing…
Sur le plan industriel, la certification du 737 MAX 7 est perçue chez Boeing comme un jalon stratégique dans le plan de redressement de sa division commerciale. Dans un message aux employés, Stephanie Pope, présidente et directrice générale de Boeing Commercial Airplanes, souligne la portée de l’événement : « Cette certification déterminante nous ouvre la voie pour livrer l’avion et commencer à honorer nos engagements envers nos clients. Le parcours pluriannuel jusqu’à cette étape a été long et semé d’embûches. Notre équipe a dû faire face à divers défis, à une pandémie prolongée et à la transition vers de nouveaux processus de certification, tandis que les législateurs mettaient en place de nouvelles exigences pour renforcer la sécurité aérienne ».
… un signal pour le MAX 10
Au‑delà du cas du MAX 7, ce feu vert est lu comme un signal favorable pour le 737 MAX 10, version la plus allongée de la famille. Boeing a annoncé fin juillet que les campagnes d’essais en vol de certification des MAX 7 et MAX 10 étaient désormais terminées, avec près de mille vols et plus de 2 000 heures de vol pour le MAX 10. L’avionneur estime que la certification du MAX 10 pourrait intervenir d’ici la fin de l’année, la principale partie du travail restant étant désormais documentaire et administrative.
« Cette certification déterminante nous ouvre la voie pour livrer l’avion et commencer à honorer nos engagements envers nos clients. Le parcours pluriannuel jusqu’à cette étape a été long et semé d’embûches. Notre équipe a dû faire face à divers défis, à une pandémie prolongée et à la transition vers de nouveaux processus de certification, tandis que les législateurs mettaient en place de nouvelles exigences pour renforcer la sécurité aérienne », décrit Stephanie Pope, présidente et directrice générale de Boeing Commercial Airplanes.
Boeing a annoncé fin juillet que les campagnes d’essais en vol de certification des MAX 7 et MAX 10 étaient désormais terminées, avec près de mille vols et plus de 2 000 heures de vol pour le MAX 10. L’avionneur estime que la certification du MAX 10 pourrait intervenir d’ici la fin de l’année, la principale partie du travail restant étant désormais documentaire et administrative.
Sous surveillance toujours, mais Boeing récupère des certificats en fin de chaîne
Pour la FAA, cette séquence s’inscrit dans une nouvelle philosophie de surveillance de Boeing. Après avoir repris en main l’émission des certificats de navigabilité au lendemain de la crise, l’agence s’est récemment déclarée prête à laisser l’avionneur recommencer à délivrer certains certificats en fin de chaîne, tout en maintenant une présence renforcée de ses inspecteurs sur les sites de production et en scrutant de près le Safety Management System et la culture sécurité du groupe.

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