Qantas va entamer dès 2028 le retrait de ses dix Airbus A380, soit quatre ans avant l’échéance jusqu’ici envisagée. La compagnie australienne veut céder la place à une flotte long-courrier de biréacteurs Airbus A350 et Boeing 787, plus sobres, plus endurants et mieux adaptés à l’évolution de son réseau.
Le plus grand avion de ligne commercial au monde entre dans une nouvelle phase de son crépuscule. Qantas a annoncé, jeudi 27 août, qu’elle commencerait à retirer ses dix Airbus A380 à partir de 2028, alors que leur remplacement était auparavant attendu autour de 2032. La décision intervient à l’issue d’un exercice 2025-2026 marqué par une baisse de 13,8% du bénéfice sous-jacent avant impôt, à 2,064 milliards de dollars australiens (environ 1,3 milliard d’euros). Le groupe estime à 420 millions de dollars australiens (258 millions d’euros) l’impact net du conflit au Moyen-Orient sur ses résultats, principalement sous l’effet du renchérissement du carburant.
Qantas A380 : une retraite avancée
L’A380 ne disparaîtra donc pas immédiatement du réseau international de Qantas, mais son retrait sera progressif à compter de l’année civile 2028. La compagnie ne précise pas encore le calendrier de sortie de chaque appareil. Ses dix quadriréacteurs, remis en service après la pandémie, restent précieux sur les axes à forte demande et pour leur capacité d’emport.
Mais leur économie d’exploitation devient moins favorable à mesure que la flotte vieillit. Les coûts d’entretien, la complexité opérationnelle et l’exposition aux prix du carburant pèsent particulièrement sur un avion à quatre moteurs. Airbus a en outre cessé la production de l’A380 en 2021, ce qui rend la gestion de la chaîne de maintenance et des pièces spécifiques plus délicate à long terme. Vanessa Hudson, directrice générale du groupe, résume l’arbitrage : « Avec l’arrivée de notre premier A350-1000ULR Project Sunrise en avril, et d’autres A350 et 787 à venir, une nouvelle ère s’ouvre pour la flotte internationale de Qantas. Cela signifie que nous pouvons commencer le retrait de nos A380 à partir de 2028 », a-t-elle déclaré.
A350 et 787 : la logique du biréacteur
La relève ne reposera pas sur un appareil de même capacité. Qantas prévoit d’exploiter douze Airbus A350-1000ULR spécialement aménagés pour Project Sunrise, son programme de vols sans escale entre l’Australie orientale et l’Europe ou l’Amérique du Nord. Le premier exemplaire doit être livré en avril 2027 et la liaison Sydney-Londres sans escale est annoncée pour octobre de la même année.
Ces A350-1000ULR emporteront 238 passagers, très loin des quelque 485 sièges des A380 de Qantas. Ce décalage illustre le changement de modèle : plutôt que de concentrer un très grand nombre de voyageurs dans un hub, les compagnies privilégient désormais des biréacteurs capables de relier directement des villes très éloignées, avec une capacité plus ajustable et une consommation par siège plus compétitive.
Qantas dispose aussi de commandes fermes pour douze A350 supplémentaires et douze Boeing 787, dont les premières livraisons sont attendues à partir de l’exercice 2028. Le groupe discute par ailleurs avec Airbus et Boeing de la conversion d’environ vingt droits d’achat en commandes fermes, pour des livraisons à partir de 2030.
Une refonte complète du long-courrier
Le départ anticipé des A380 s’inscrit dans un renouvellement plus vaste. Qantas prévoit également de commencer à retirer ses Airbus A330, tandis que les 787 et A350 devront, selon elle, desservir l’ensemble du réseau international actuel tout en ouvrant de nouvelles possibilités.

Tilo a commenté :
27 août 2026 - 15 h 53 min
L’avion qui se rapproche le plus de l’a380 en capacité d’emport c’est le 777X9 le projet sunrise avec les 12 a350-1000ulr ne les empêchent pas de prendre 10 B777X9 pour remplacé les 10 a380.