La compagnie lettone prévoit de supprimer environ 100 postes de pilotes et 200 postes de personnels de cabine, dans le cadre d’une restructuration accompagnant la réduction de sa flotte d’Airbus A220-300. Les premières notifications individuelles sont attendues à partir du 31 octobre. Alors qu’airBaltic invoque l’adaptation de ses effectifs au programme de vols de 2027, le syndicat letton de l’aviation conteste la transparence des critères de sélection.

AirBaltic : environ 300 postes de navigants concernés

Le redimensionnement d’airBaltic, placée sous la protection du chapitre 11, prend une tournure très concrète pour ses équipages. La compagnie a confirmé au média public letton LSM qu’environ 300 emplois de navigants pourraient être supprimés : une centaine parmi les pilotes et quelque 200 parmi les personnels de cabine. Ces chiffres restent provisoires et pourront évoluer à l’issue du processus d’évaluation des salariés. Selon le syndicat letton de l’aviation, les intéressés commenceront à apprendre, samedi 31 octobre, s’ils conservent leur poste.

Ce décompte ne constitue pas le bilan complet du plan social. Le 5 octobre, airBaltic avait annoncé que sa nouvelle organisation pourrait affecter entre 500 et 700 postes dans ses bases de Riga, Tallinn et Vilnius. Cette estimation couvrait également les autres métiers de l’entreprise et tenait compte de discussions sur d’éventuelles réductions du temps de travail. Les quelque 300 suppressions désormais évoquées concernent uniquement les pilotes et les personnels de cabine ; elles n’incluent pas, selon le syndicat cité par LSM, les navigants déjà partis volontairement depuis le lancement de la procédure. Certains sont d’ores et déjà partis chez Air Nuigini pour l’exploitation d’A220 bientôt dans sa flotte et la formation des équipages.

Riga concentre les suppressions de postes en cabine

Les conséquences diffèrent selon les catégories de personnel. La réduction des effectifs de pilotes touchera les trois bases baltes. En cabine, en revanche, le syndicat affirme que la totalité des suppressions prévues se concentrera à Riga, tandis que Tallinn et Vilnius seront épargnées. Il ne s’agit donc pas de supprimer tous les emplois de personnels de cabine dans la capitale lettone, mais d’y concentrer les réductions annoncées.

La direction explique cette répartition par un excédent d’effectifs à Riga, alors que les deux autres bases présentent des besoins. Elle indique que des possibilités de mobilité seront proposées lorsque des postes y seront disponibles. Les suppressions d’emplois sont « liées au volume de vols et au réseau de lignes prévus pour l’année prochaine », a expliqué airBaltic.

Un conflit sur les critères de sélection des équipages

Au-delà du nombre de départs, c’est la méthode qui cristallise les tensions. Dans une déclaration publiée le 29 octobre, le syndicat affirme que les salariés sont classés selon des critères qu’il n’a pas reçus par écrit. Il conteste également l’utilisation de listes internes d’évaluation et de promotion comportant, selon lui, des éléments non objectifs. « Le syndicat letton de l’aviation invite la direction d’airBaltic, Erno Hildén et Katya Leidmane, à se réunir cette semaine et à suspendre toutes les notifications individuelles jusqu’à ce que nous ayons examiné ensemble les critères et la méthodologie », demande-t-il.

La compagnie défend, au contraire, un compromis issu de plusieurs cycles de consultations. Son représentant à la communication internationale, Edvards Dālderis, explique à AeroTime que la direction a accepté d’utiliser les systèmes d’évaluation déjà appliqués aux pilotes et aux personnels de cabine, sur proposition de deux autres organisations syndicales. Ces critères prennent notamment en compte l’ancienneté, les qualifications professionnelles et l’exercice des fonctions. « Bien que les syndicats aient des avis divergents sur la procédure de sélection la plus appropriée, cela ne signifie pas que ces questions n’ont pas été discutées ou que les arguments présentés n’ont pas été pris en compte », fait valoir Edvards Dālderis. Le désaccord porte donc autant sur les garanties de transparence que sur la réalité du consensus invoqué par l’employeur.

Une flotte d’Airbus A220 ramenée à 36 appareils

La contraction des effectifs accompagne un changement de cap industriel. Présenté en août, le nouveau plan d’affaires prévoit de ramener la flotte, exclusivement composée d’Airbus A220-300, de 54 à 36 appareils à la fin de 2026, avant une remontée progressive vers une quarantaine d’avions en 2031. L’objectif antérieur d’une flotte de 100 appareils cède ainsi la place à une stratégie privilégiant la stabilité financière.

Le projet prévoit un réseau davantage centré sur Riga et un renforcement des partenariats de location avec équipage, maintenance et assurance, dits ACMI. Pour airBaltic, ces contrats doivent permettre de mieux répartir l’utilisation des avions sur l’année et de limiter les effets de la saisonnalité. La compagnie affirme néanmoins vouloir maintenir une capacité régulière globalement stable grâce à une utilisation plus intensive de sa flotte.

Une restructuration financière sans arrêt des vols

Cette réorganisation intervient après le placement volontaire d’airBaltic et de certaines filiales sous la protection du chapitre 11 de la loi américaine sur les faillites, le 14 septembre. Cette procédure doit permettre de renégocier les dettes et les engagements contractuels sous contrôle judiciaire, tout en maintenant l’exploitation. Elle ne constitue pas une liquidation : la compagnie a annoncé la poursuite des vols et le maintien de la validité des billets, avoirs et réservations.

Le transporteur a également annoncé des engagements de financement de 350 millions d’euros, soumis à l’approbation du tribunal, pour soutenir son activité pendant la restructuration. La sortie de procédure est envisagée autour de juin 2027. D’ici là, airBaltic doit mener simultanément sa réorganisation financière, la réduction de sa flotte et une adaptation de ses équipages dont les modalités restent vivement contestées.

AirBaltic taille dans ses équipages : 100 pilotes et 200 personnels de cabine menacés 1 Air Journal

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