Les compagnies aériennes Thai Airways et Singapore Airlines ont annoncé à quelques jours d'intervalle la création de nouvelles compagnies low cost, mettant de fait fin à leur projet commun de compagnie à bas coût Thai Tiger. La compagnie nationale thaïlandaise a été la première à dégainer vendredi dernier, annonçant le lancement au premier trimestre 2012 d'une nouvelle low cost, pour l'instant connue sous le nom de Thai Wings. La décision de Thai Airways, qui est également principale actionnaire d'une autre low cost Nok Air, est officiellement basée sur le désir de concurrencer le développement de la malaisienne AirAsia, la plus grande low cost asiatique. Thai Wings devrait desservir des routes domestiques et régionales à partir de l'aéroport de Bangkok, sa flotte initiale comprenant quatre Boeing 737-400 actuellement opérés par Thai Airways. Cette annonce signifie dans la pratique la fin du projet de low cost Thai Tiger, révélé l'année dernière et qui devait rassembler Thai Airways et la compagnie à bas coûts singapourienne Tiger Airways, dont Singapore Airlines est actionnaire. Le ministère des transports thaïlandais s'est fermement opposé à ce projet, citant des "problèmes techniques" alors que la plupart des observateurs penchent plutôt sur la question épineuse de l'actionnariat étranger. La réponse de Singapore Airlines n'a pas tardé: dans un communiqué publié hier, elle a annoncé la création prochaine d'une nouvelle compagnie à bas coûts "opérant des avions gros porteurs sur des routes moyen-courriers et long-courriers". La cible de la low cost serait donc AirAsia X, filiale d'AirAsia qui dessert entre autres Londres et Paris. Une décision logique puisque la compagnie singapourienne est déjà présente sur le marché low cost régional au travers de Tiger Airways. Le communiqué précise que "les opérations de la nouvelle entité low cost devraient commencer l’année prochaine, Singapore Airlines en détiendra la totalité du capital mais la gestion sera indépendante". Son PDG ajoute "qu'à l’instar des vols court-courriers en Asie où les compagnies à bas coûts stimulent le marché et créent de nouvelles demandes de transport, nous croyons qu’il  en sera de même sur le segment des vols moyens et longs courriers". Même si elles affirment que Thai Tiger n'est pas encore enterrée, les deux compagnies de Star Alliance semblent donc avoir choisi de ne pas émuler Air France et KLM, qui ont lancé il y a quatre ans déjà leur propre low cost commune, Transavia.