Emissions de CO2 : accord sur une nouvelle norme à l’OACI

air-journal_vietnam airlines 787 Dreamliner

Une norme très attendue sur les émissions de CO2 des avions a encore enregistré une avancée importante lundi à l’Organisation de l’Aviation Civile Internationale (OACI). Une première dans l’aéronautique, cette norme s‘appliquera à tous les nouveaux types d’avions à partir de 2020, et trois ans plus tard aux appareils existants – s’ils font l’objet de modifications.

Dans son communiqué du 8 février 2016, l’agence de l’ONU annonce que la nouvelle mesure environnementale a été recommandée à l’unanimité par les 170 experts internationaux membres de son Comité de la protection de l’environnement en aviation (CAEP) ; cette recommandation ouvre la voie à son adoption finale par le Conseil de direction constitué de 36 États de l’OACI. La nouvelle norme sur les émissions de CO2 s’appliquerait non seulement aux conceptions de nouveaux types d’aéronefs à partir de 2020, mais aussi aux nouvelles livraisons de types d’aéronefs actuels en cours de production à partir de 2023. Une date butoir de 2028 pour la production d’aéronefs non conformes à la norme a par ailleurs été recommandée. Dans sa forme actuelle, la norme « reconnaît de manière équitable les réductions de CO2 découlant d’une gamme d’éventuelles innovations technologiques, que celles-ci soient structurelles, aérodynamiques ou de propulsion » – comprendre les avancées des Airbus, Boeing et autres Embraer avec les versions neo, AX et E2 de leurs avions.

air-journal_EVA Air femme maintenance solL’OACI souligne que la norme mondiale proposée est particulièrement stricte « là où elle aura le plus grand impact : à l’égard des gros porteurs ». L’exploitation des aéronefs pesant plus de 60 tonnes produit plus de 90 % des émissions de l’aviation internationale, ajoute l’organisation, mais ces avions « ont également accès au plus vaste éventail de technologies de réduction des émissions, ce que reconnaît la norme ». Un détail qui devrait appuyer les demandes d’Emirates Airlines pour un A380neo, la décision ayant été repoussée à plus tard par Airbus ; mais qui pourrait également sonner le glas de la famille 747.

« Il est particulièrement encourageant de voir que la recommandation du CAEP d’aujourd’hui répond si directement aux améliorations des technologies aéronautiques sur lesquelles les États ont forgé un consensus lors des récentes Assemblées de l’OACI », a souligné M. Olumuyiwa Benard Aliu, Président du Conseil de l’OACI. « Toute démarche entreprise à l’appui du panier complet de mesures de l’OACI visant à améliorer l’environnement est importante et je suis convaincu que le Conseil apprécie grandement ce dernier exploit du CAEP ». Mais le CAEP a aussi pris grand soin de s’assurer que la norme proposée couvre la gamme complète des tailles et des types d’aéronefs utilisés dans l’aviation internationale aujourd’hui. Sa solution englobe donc de façon exhaustive toutes les considérations liées au réalisme des technologies, au potentiel de réduction des émissions et aux coûts. « Ce processus vise en définitive à veiller à ce que l’entrée en service de la prochaine génération de types d’aéronefs s’accompagne de réductions garanties des émissions internationales de CO2 », a insisté le Président Aliu. « Notre secteur est actuellement à l’origine de moins de 2 % des émissions mondiales annuelles de CO2, mais nous reconnaissons aussi que le doublement prévu du nombre de passagers et de vols d’ici à 2030 doit être géré de manière responsable et durable ».

Air-journal_Airbus A320neo_CFM_engine_roll_out_2Airbus et Boeing ont applaudi chacun de leur côté la norme proposée par l’OACI, mettant en avant les réductions d’émission de CO2 de leur familles d’appareils. Airbus rappelle que les émissions de l’A320neo sont inférieures de 15% à celles du modèle original (et de 20% en 2020), l’A350XWB réduit ses émissions de 25% « par rapport à l’appareil qu’il remplace » (sans précision) et l’A380 en service depuis 2007 « montre une baisse de 40% des émissions par rapport à la génération précédente de très gros porteur ». L’avionneur européen promet qu’il continuera à « s’efforcer d’atteindre et même dépasser les normes ambitieuses d’émissions pour ses avions actuels et futurs ». Boeing a félicité l’OACI pour avoir trouvé une solution à six années d’efforts, et rappelle que la famille 787 Dreamliner diminue les émissions de CO2 de 20 à 25% « par rapport aux avions qu’elle remplace », que le 737 MAX attendu l’année prochaine fera 20% de mieux que le 737NG, et que le 777X attendu en 2020 « sera le biréacteur le plus grand et le plus économe au monde ». Pour les autres modèles, Boeing se contente de dire que les décisions sur leur développement seront basées sur « une série de facteurs dont les coûts, les exigences de certification et la demande du marché ».

aj_airbus a380 blanc

http://www.air-journal.fr/2016-02-10-emissions-de-co2-accord-sur-une-nouvelle-norme-a-loaci-5157853.html

Commentaire(s)

  1. 25% de réduction d’émission de CO2 par pax par km pour l’A350 par rapport à l’A340 (quadriréacteur réputé polluant), ce n’est quand même pas la gloire…

  2. C’est faux ! C’est moi le meilleur ! Et de 18% !!!

    Ha qu’est-ce que ça me gonfle cette guerre des chiffres. J’aimerai tellement avoir les vrais chiffres.

    En tout cas je pense que c’est du pipeau cette norme. La norme elle est imposée par les clients qui demandent des appareils plus économiques. Nous sommes chanceux que l’économique rejoigne l’écologique dans une certaine mesure, mais je ne pense pas que ce n’est suffisant. Si c’était vraiment l’écologie qui importait, on aurait pas le NEO et le MAX mais des vrai nouveaux avions, on aurait commencé la conception du 380 Neo, on aurait un a 350 moins conservatif (bleedless engine, more electric,…) et nombre de technologies seraient déjà disponible.

    Espérons que nos ingénieurs continueront à innover et à trouver des solutions. Espérons que l’écologie puisse un jour prendre le pas sur la finance et les marges à 20% des avionneurs en situation de monopole qui raquette les compagnies aériennes, les salariés et les états au profit des actionnaires

    • Vincent

      L’écolo-business, le plus puissant des lobbys du XXIème siècle !

      Reste ce qui fait mourir aujourd’hui partout dans le monde, ce sont les particules fines, pas le CO2. Et cela, aucun écolo roulant au Diesel ne l’a encore intégré.

Laisser un commentaire

Connexion avec Twitter